X. — 18 mois
Est conduit en Janvier 1908 à la consultation de M. Jalaguier aux Enfants-Assistés pour une grosseur de la région inguinale gauche.
Il s’agit d’une adénopathie unilatérale, aphlegmasique, sous la dépendance d’un chancre induré de la région prétibiale,
L'enfant est ramené trois semaines après. Il présente des adénopathies généralisées très volumineuses. Au niveau du cou elles saillent de telle façon qu’on croirait à de la Iymphadénie,
La respiration est uniquement buccale ; les lèvres, la langue, la gorge sont tapissées de plaques muqueuses. Un écoulement abondant s'échappe des narines. La lèvre supérieure, le vestibule des fosses nasales sont tapissés de plaques noirâtres et sanguinolentes. La pointe du spéculum introduite dans les narines laisse voir la partie antérieure de la pituitaire rouge vif, tuméfiée, sur laquelle se continue par endroits l’enduit opalin des plaques vestibulaires, -
Marguerite N..., 3 ans et demi,
Contaminée par sa mère, il y a huit mois.
21 Juin 1907. — Gêne considérable de la respiration nasale depuis un mois; écoulement abondant, mélé de pus et de sang; parfois
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épistaxis pures. Le vestibule est tapissé de plaques muqueuses, La pituitaire présente des érosions étendues, recouvertes d’un en-
duit opalin adhérent qui rappelle absolument celui des plaques muqueuses classiques.
Obs. 21 (personnelle).
Maria À... 17 ans.
Accident primitif il y a 3 mois et demi.
8 janvier 1907. — La malade ne présente que des accidents cutanés et de la céphalée, L'examen du pharynx, du larynx, du nez, ne révèlent rien d’anormal.
13 février 1907.-—-Dysphagie, enrouement, gêne de la respiration nasale depuis trois ou quatre jours.
Rougeur et tuméfaction des muqueuses nasale et pharyngo- laryngée.
11 mars 1907. — La malade a été soumise au traitement par l'huile grise.
Persistance de tous les troubles sus-énoncés. L'examen du nez montre un érythème vermillon caractéristique sur la partie antérieure de la cloison, des deux côtés. Le cornet inférieur gauche présente également une rougeur anormale.
Obs. 22 (personnelle).
Mathilde L..., 19 ans.
Chancres syphilitiques multipies il ÿ a huit ou neuf mois.
10 mars 1907. — La malade, depuis l'apparition des premiers accidents secondaires, a présenté des maux de gorge fréquents, des enrouements répétés ettenaces, des bourdonnements d'oreilles, Le pharynx est rouge vif, les amygdales palatines, très tuméfiées, viennent au contact sur la ligne médiane ; la muqueuse laryngée est rouge vif dans sa totalité. |
Depuis la même époque, la respiration nasale est presque. constamment gênée ; la gène est encore plus marquée depuis quinze
La LG
jours. Des croûtes se sont montrées il y a un mois dans la narine droite; elles tombent chaque fois que la malade se mouche, d’où suintement sanguin,
Hypersécrétion des fosses nasales.
L'examen montre, en dehors des lésions fissuraires et croûteuses de la narine droite, une érosion recouverte d’une membrane opaline assez semblable à celles des plaques muqueuses typiques ; cette érosion, du diamètre d’une lentille, siège à 4 millimètres environ en arrière du révêtement cutané; sa pellicule est difficile à enlever ; l’ablation est suivie d’un suintement sanguin. La pituitaire semble uniformément tuméfiée. Un enduit crémeux la recouvre, abondant
surtout sur le plancher.
Obs. 23 (personnelle).
Armandine G..., 21 ans.
Syphilis datant de deux ans.
16 février 1907. — Dysphagie légère actuellement, mais beaucoup plus marquée autrefois ; obstruction nasale droite.
Rougeur du pharynx ; érythème vermillon à droite sur la tête du cornet inférieur et la partie antérieure de Ja cloison.
Obs. 24 (personnelle).
Anna G.,., 25 ans.
Plaques hypertrophiques de la vulve depuis trois mois et demi.
24 février 1907, — Dysphagie, maximum à gauche; enrouement ; bourdonnements d'oreilles, vertiges. Aucune gène de la respiration nasale.
L'examen montre un pharynx recouvert, d'un seul tenant, d’un véritable tapis gris-jaunâtre constitué par une syphilide muqueuse géante. La muqueuse de la cloison est rouge vermillon, des deux côtés ; la tête du cornetinférieur droit présente la même coloration.
3 mars 1907,— La malade a eu trois injections intra-veineuses de cyanure de mercure.
La dysphagie, les bourdonnements ont complètement disparu. Le nez respire beaucoup plus librement,
À l'examen, la plaque géante du pharynx persiste, mais ses bords se sont affaissés. Le nez ne présente plus qu'une rougeur diffuse et banale.