CONCLUSIONS
Les manifestations de la syphilis secondaire au niveau des fosses nasales sont parmi les plus fréquentes. On les rencontre chez les trois quarts des malades à un moment variable de l’étape secondaire, mais en général au moment même où apparaissent les manifestations pharyngées, laryngées, tubo-tympaniques. Presque constantes chez les sujets jeunes, leur fréquence diminue avec l'âge.
Elles sont d'ordinaire peu bruyantes et demandent à être recherchées. Chez les très jeunes malades cependant, chez les enfants au sein en particulier, elles peuvent présenter de sérieux inconvénients en raison de l’obstruction nasale très marquée, parfois même absolue, qu’elles provoquent.
Au niveau de l'orifice des fosses nasales et du vestibule, elles n’ont pas de caractères bien particuliers. Elles rappellent assez bien l'aspect des autres syphilides cutanées. Tout au plus, sous l'influence des conditions favorables d'humidité de la région, présentent-elles une tendance à devenir suintantes, croûteuses et à s’hypertrophier.
Bien différentes sont les manifestations de la syphilis secondaire sur le revêtement muqueux des fosses nasales. Nous les rencontrons ici sous plusieurs aspects.
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1° C’est d’abord la tuméfaction inflammatoire de la pituitaire. Cette tuméfaction est la manifestation fondamentale. Elle ne manque presque jamais; elle est plus ou moins marquée, générale ou partielle; en ce dernier cas, elle se localise de préférence sur le cornet inférieur, très souvent d’un seul côté. Il en résulte une gêne respiratoire à maximum, nocturne, provoquant au réveil une sécheresse et une sensibilité particulières de la gorge. Cette gène respiratoire peut être bilatérale, mais d'ordinaire, elle est unilatérale ou du moins plus marquée d'un côté; elle n’est jamais « à bascule », comme dans la rhinite hypertrophique banale.
Un écoulement séro-muqueux, plus rarement purulent, accompagne la rhinite spécifique secondaire. Il n’est pas exceptionnei pourtant de noter une sécheresse anormale des fosses nasales.
2° La congestion, habituellement, s’accompagne d’une rougeur anormale de la muqueuse (érythème vermillon). L’érythème peut être diffus, la règle est qu’il soit circonscrit. C’est la partie antéro-inférieure de la cloison qui en est le siège d'élection. La tête du cornet inférieur est souvent atteinte également, soit isolément, soit plutôt concuremment avec la cloison.
3° Des érosions sont fréquentes, superposées à la congestion et à l’érythème. Elles siègent presque toujours à la partie antéro-inférieure de la cloison, plus rarement sur la tête du cornet inférieur. Elles sont minimes, du diamètre d’une lentille, sur le même plan que le reste de la muqueuse, entourées d’un halo rouge vif. Une pellicule opaline continue ou ajourée, très adhérente, les recouvre ;
son ablation, provoque l'apparition d’un piqueté hémorra gique, l'écoulement de quelques gouttes de sang.
4 Des épistaxis spontanées peuvent aussi se montrer; elles sont peu abondantes, durent à peine quelques minutes.
5° Il existe enfin de véritables papules hypertrophiques ou condylomes de la pituitaire. Le fait est rare, il s’agit d'ordinaire de sujets malpropres, vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques, de priseurs. Ces papules arrivent à obstruer complètement la cavité nasale.
6° Les syphilides ulcéreuses décrites par certains auteurs à la période secondaire, nous semblent relever du tertiarisme. Il s’agit là de cas de syphilis dite maligne précoce, de syphilis qui brûle les étapes.
La syphilis secondaire des fosses nasales évolue spontanément vers la guérison, mais il est certain qu’elle peut laisser à sa suite une hypertrophie définitive des cornets. Quant aux adhérences des cornets à la cloison, elles ne peuvent guère être le fait du secondarisme. Les érosions sont trop peu marquées, et leur siège est à la partie antérieure de la cloison.
Le traitement mercuriel a sur la syphilis secondaire des fosses nasales, l’heureux effet qu'à priori on pouvait en attendre.