DIVISION ET PLAN DE L'OUVRAGE
La constitution nosologique de la syphilis est le nœud gor* dien de la syphilographie moderne. Oîi commence^ où finit la maladie 7 C'est un sujet d'incessantes disputes.
Pour quelques auteurs, ce domaine n'a point de limites. Toutes les affections de provenance vénérienne tombent sous cette vaste juridiction. Comme Tancien pasteur des troupeaux de Neptune, le même principe contagieux y sous mille déguisements, engendre mille maux. Dans un horizon sans bornes, ce pouvoir ténébreux est absolu.
Pour d'autres, au contraire, cet empire apocryphe occupe une place usurpée : il faut le réduire à son expression la plus simple, à son droit le plus strict. Non-seulement doivent à jamais en rester détachées les anciennes provinces qu'un éminent réformateur de notre temps a justement séparées, — telles que la blennorrhagie et les végétations, —
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mais encore il conviendrait de découper, dans ce domaine, de nouveaux fiefs jusque-là ses apanages réservés. De sorte que désormais le territoire démantelé de la syphilis doit être uniquement affecté aux symptômes seuls de nationalité constitutionnelle, — ou pour parler net, de la vérole confirmée.
Ce problème vaut la peine d'être examiné et surtout résolu. Suivant son dénouement, le chancre simple si commun, et le chancre phagédénique, si grave, continueront comme par le passé, ou cesseront à Tavenir de faire partie de la descendance syphilitique. Dans le premier cas, ils conservent tous les privilèges de la lignée commune, par conséquent Taptitude à transmettre bel et bien les symptômes véroliques. Dans le second , la contagion de ces chancres, de souche distincte, ne peut point exposer à de semblables dangers : dépossédés de ce pouvoir, ils doivent perdre jusqu'à leur nom. Tout le monde aperçoit, du premier coup d'œil, la portée considérable de la question.
Quelle est, au milieu de ces dissentiments, la vérité?
Formulée sous ses termes purement nosologiques, sur le seul terrain de l'observation, en dehors des préjugés de Thypothèse, la solution de ce problème ne rencontrerait pas^ selon nous, de sérieuses difficultés. Mais les tenants de la discussion paraissent vouloir éterniser le débat en déplaçant la question et en faisant intervenir leurs vues systématiques à la place des faits* Au lieu d'en appeler aux caractères sensibles de la maladie seuls en mesure de fournir des notions positives et complètes, ils préfèrent disputer sur des données conjecturales purement spéculatives. Aux aspects réels de la maladie ils substituent des opinions gratuites sur le virus*