‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 150 sur 205 · A M. EUGÈNE PELLETAN, DÉPUTÉ AU CORPS LÉGISLATIF, A PARIS · texte numérisé non relu

A M. EUGÈNE PELLETAN, DÉPUTÉ AU CORPS LÉGISLATIF, A PARIS

Paris, le 29 mars 1865.

Cher monsieur Pelletan,

J'entends beaucoup parler de la protection que le Ministre accorde aux Cours libres ; mais je n'en jouis guère. Je suis, au contraire, l'objet d'interdiction ou au moins de refus successifs.

Il ne s'agit plus seulement de syphilis; — il y a longtemps que mes idées ont fait leur tour d'Europe, quoiqu'on m'interdise de les défendre par l'enseignement contre les attaques dont elles sont l'objet dans les chaires publiques de Paris; — mais il s'agit de la vaccine, dont je suis grand partisan, et à l'étude de laquelle je viens de consacrer plusieurs années.

On exige un certificat de vaccine comme un certificat de bonne vie et mœurs. Tout le monde peut parler de la vaccine, prêtres, magistrats municipaux, sages-femmes, etc., excepté moi, médecin, qui ai passé une partie de ma vie à l'étudier. Je ne comprends rien à cette interdiction scientifique, dont notre histoire n'offre pas d'exemple.

J'ai écrit à M. le Ministre de l'Instruction publique, à la date du" 22 juillet dernier, pour lui demander l'autorisation de faire quelques conférences sur la vaccine. Quatre jours après, on me répondit que ma demande était parvenue dans les bureaux, et qu'elle y serait l'objet d'un examen attentif.

Depuis, j'ai eu beau réclamer : on ne m'a même pas honoré d'une réponse. J'ai appris indirectement que ma demande était rejetée.

Si la question de la liberté de parler sciences et médecine était sur le tapis au Corps législatif, je n'ai pas besoin de vous dire que vous pouvez disposer de ma lettre comme vous l'entendrez. J'en garantis l'exactitude de tous les termes.

Je serais allé vous voir si je ne vous savais très-occupé dans ce moment-ci. Votre temps est précieux.

Votre tout dévoué.

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