A M. LE DOCTEUR CONSTANTIN PAUL, AU PALAIS DU SÉNAT (PARIS
Paris, le 25 mars 1870.
Monsieur et très-honoré Confrère,
Depuis plusieurs années, M. Mathieu et moi nous obtenons de l'excellent vaccin par la culture. Il nous suffit d'insérer le virus affaibli à des chevaux ou à des ânes, en observant quelques précautions que nous considérons comme importantes.
Nous sommes prêts à mettre en pratique, à l'usage de l'Administration, nos procédés et nos formules.
Nous vous promettons ainsi plus que vous n'espérez; en effet, notre source et nos ressources sont inépuisables,. Nous vous les offrons.
Cependant nous faisons des réserves pour la science. Nous craignons que le virus régénéré ne se trouve rapidement affaibli chez les génisses auxquelles on fait appel par des points trop multipliés de leur surface, et auxquelles on demande plus que leur âge et leur espèce ne comportent.
Nous aimerions mieux la transmission directe du virus faite par deux piqûres seulement, une à chaque cuisse, à des enfants sains, vigoureux, et aussi âgés que possible. Ces enfants deviendraient ainsi d'excellents vaccinifères.
J'ai publié les idées qui nous dirigent, M. Mathieu et moi, et, malgré d'incessantes redites, nous n'avons trouvé que fort peu d'imitateurs en France. C'est qu'il n'en est pas des vérités qui renversent comme de celles qui s'ajoutent à. une doctrine pour en devenir les auxiliaires. Les premières doivent se faire leur place avec effort, les secondes la trouvent toute faite.
Voilà pourquoi notre manière de voir, quoique fort simple, n'a pas été généralement adoptée. Mais si nous avons raison, comme je le crois fermement, nous finirons par avoir raison des résistances.
Ma réponse à votre lettre est courte et un peu tardive, mais je viens d'être absorbé par la solution de quelques questions qui m'étaient adressées d'Angleterre.
Recevez, etc.