SUR LE SARCOPTE DE LA GALE
COMMUNICATION FAITE A LA SOCIÉTÉ MÉDICALE ALLEMANDE, DANS SA SÉANCE DU 7 JANVIER 1801.
M. Auzias-Turenne présente un petit instrument destiné à pratiquer aisément l'extraction du sarcopte de la gale.
Il propose de nommer cet instrument acariculteur, parce que le mot sarcopte se prête difficilement à une terminologie euphémique.
Cet instrument consiste en une aiguille surmontée d'une petite loupe, la pointe de l'aiguille correspondant au loyer de la loupe.
M. Auzias-Turenne signale plusieurs perfectionnements dont est susceptible son petit appareil, duquel l'utilité peut s'étendre à des dissections fines et à l'inoculation des virus. Deux coudes que présente l'aiguille la rendent commode pour l'inoculation du virus chancreux sur les surfaces du corps larges et planes, le devant du thorax, par exemple.
M. Auzias-Turenne communique ensuite quelques observations et quelques réflexions sur les mœurs du sarcopte, le diagnostic et la guérison de la gale.
M. Auzias-Turenne croit à l'existence des gales sans sillons. Pendant l'été, par exemple, le sarcopte ne cherche pas toujours à s'abriter sous l'épiderme, ou tout au moins quand deux personnes couchent ensemble il s'abrite volontiers sous l'épiderme de l'une à l'exclusion de celui de l'autre. Celle-ci a des vésicules et des démangeaisons fort vives et persistantes. Peut-on dire qu'elle n'ait pas la gale?
Ce qui se passe entre deux individus se passe, à plus forte raison, entre deux parties du même individu. Un galeux n'a souvent des sillons qu'aux doigts et au pénis bien qu'il soit galeux partout, et qu'il éprouve un besoin universel de se gratter.
Les sillons peuvent manquer partout chez les galeux comme ils peuvent se trouver partout. La face elle-même n'en est pas toujours exempte, chez des enfants qui couchent avec des galeux et mettent leur tète sous les draps. M. Auzias- Turenne a pris un sarcopte en dedans d'une paupière près du bord libre, et tout récemment il en a trouvé un autre sous l'épithélium delà muqueuse labiale d'un boiteux rachitique âgé de 17 ans et dont la face présentait d'autres sillons. Ce' boiteux couchait avec un galeux et se ratatinait dans le lit pour éviter lefroid.
M. Auzias-Turenne croit que la vésicule peut suffire à la rigueur pour le diagnostic de la gale.
Cette vésicule est petite, discrète, transparente, conique, résistante, comme papuleuse à la base, souvent marquée à son sommet d'un point roux. Elle a son siège de prédilection aux doigts, l'épiderme du pénis et celui du sein étant trop mince et trop vite rompu pour soutenir longtemps la sérosité.
La gale n'est point guérie quand on a anéanti les arachnides et les. larves, et qu'on a détruit les complications et calmé l'érélhisme de la peau ; encore faut-il être sûr qu'il ne reste plusd'œufs dans les vêtements ni sous l'épiderme du malade.
Les rudes frictions au savon noir de la peau, déjà ramollie par un bain, enlèvent l'épiderme du sillon et entraînent l'arachnide, les larves et les œufs. Les pommades ne sont qu'un complément de l'effet produit par ces frictions, — qu'une garantie de plus.
Les acides qui détruisent l'épiderme favorisent beaucoup l'accès des corps parasiticides. M. Auzias-Turenne a depuis longtemps remarqué que les gens qui manient le plâtre et la chaux n'ont jamais la gale aux mains. La chaux est in-