‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 51 sur 205 · COURS DE SYPHILISATION. HT · texte numérisé non relu

COURS DE SYPHILISATION. HT

On peut commencer la syphilisation d'une personne peu élevée dans l'échelle du syphilisme par l'inoculation d'un pus faible qui pourra se régénérer sur elle (l). Mais il n'en est pas toujours ainsi. On est souvent obligé de commencer par un pus assez fort, et quand un individu est en cours de syphilisation, quand surtout il a presque atteint l'immunité, il n'est possiblo de lui inoculer qu'un pus très-énergique.

Apres avoir déterminé la période d'un chancre où il produit le fluide le plus virulent, voyons quels sont, d'une manière absolue, les chancres les plus virulents.

Toutes choses étant égales d'ailleurs, le pus d'un chancre est d'autant plus virulent que ce pus est plus frais, que çe chancre a été semé sur un terrain vierge ou récemment ensemencé pour la première fois, qu'il est produit par un pus plus virulent lui-même, et qu'enfin, bien entendu, on choisit le pus dans la période de la plus grande virulence de ce chancre.

Il va sans dire qu'on affaiblit le pus d'autant plus qu'on le délaye dans une plus grande quantité de liquide.

Je vous apprendrai bientôt dans quoi et comment il faut le délayer, quand il se trouve sous les espèces de pus desséché; cette dilution doit alors être bien exactement faite.

Comme un pus très-faible peut se régénérer et un pus quelconque se renforcer dans un terrain vierge, on obtiendrait un pus ayant le maximum de virulence par des inoculations successives- en changeant chaque fois de terrain vierge. C'est pourquoi je remarque dans les inoculations sur les animaux, bien qu'ils aient plus de syphilisme que l'homme, que j'obtiens des chancres de plus en plus actifs, ou, en d'autres termes, des pus de plus en plus forts, au fur et à mesure que je passe plus souvent d'un animal à un autre, et que mes animaux de rechange sont plus nombreux. Ce n'est pas ce qu'on avait cru et ce qu'affirme encore M. Ricord. Il pense au contraire que le pus syphilitique s'épuise vite sur les animaux, parce qu'ils ne lui servent que de terrain de transplantation.

Cette possibilité de régénération et de renforcement du virus, rendrait aisément compte, dans ma manière de voir, de l'explosion ou de l'aggravation de la vérole, quand elle sévit pour la première fois sur une contrée. L'épidémie du xvc siècle n'est peut-être qu'une recrudescence ayant la cause que j'indique ici.

6° Manuel opératoire.

Le manuel opératoire est, comme vous le prévoyez, fort simple. La menstrue virulente, lymphe ou pus, est-elle fraîche? Il n'y a, bien entendu, aucune préparation à lui faire subir. Est-elle sèche au contraire? Il importe de la déloyer, de la dissoudre dans un peu de salive ou d'eau légèrement tiède. Non pas qu'il soit suffisant de la détremper de salive ou d'eau tiède, et de con- : stituer ensuite par l'agitation une glue plus ou moins fluide; mais il faut mettre : sur la matière desséchée un peu de salive ou d'eau tiède qu'on renouvelle au besoin de moment en moment, et qu'on laisse agir environ pendant un quart d'heure. Alors, on agile délicatement le tout pour faire un mélange complet (2).

■(1) Cette régénération n'a pas toujours lieu. Le virus est comme un germe; c'est un être, si'l'on veut, qui parfois n'a pas même assez de vigueur pour résister aux causes d'é- ; puisement dont il a subi l'action dans un autre organisme.

(2) Ce mélange est plus facile a obtenir avec la lymphe virulente qu'avec le pus; elle ( ■ est plus miscible à l'eau et à la salive.

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Je me suis ainsi servi de pus recueillis depuis plusieurs jours. Néanmoins, il vaut toujours infiniment mieux avoir la lymphe ou le pus frais, et, pour ainsi dire, à l'état le plus vivacc. Employés de bras à bras, d'organisme à organisme, ils ont l'un et l'autre une supériorité d'énergie incontestable.

Je suppose qu'on ait le virus sous la forme et dans un étal convenables; il s'agit de s'en servir.

N'ai-je qu'une ou deux inoculations à faire? je trempe la pointe de mon aiguille ou de ma lancette dans la matière virulente, ensuite je pique la peau avec cette pointe et de la manière que je vais indiquer.

Mais quand je désire faire un grand nombre d'inoculations (cas dans lequel il faut économiser le temps et le virus), je trempe dans le liquide un bec de plume assez aigu, de manière à le charger d'un peu de matière; après cela, je me sers de ce bec de plume ainsi chargé pour déposer cinq ou six gouttelettes virulentes, une dans chacun des endroits vers lesquels j'ai l'intention d'inoculer. Après avoir piqué dans chacun de ces endroits et à travers la gouttelette de la manière que je vais dire, je reviens à la charge, en ce sens que je retrempe le bec de ma plume dans la lymphe ou le pus, et que j'en dépose, comme précédemment des gouttelettes dans cinq ou six autres endroits ; et ainsi de suite jusqu'à ce que mon pus soit épuisé ou que j'aie fait toutes les inoculations que je voulais faire.

Afin de rendre l'observation facile et les séries de cicatricules non disgracieuses, je choisis, autant que possible, pour inoculer, des points symétrique- . ment ou au moins régulièrement placés.

La peau doit être tendue près de l'endroit où l'on va piquer. C'est un moyen de simplifier la petite manœuvre et d'empêcher qu'elle soit accompagnée de la moindre douleur. Est-il question, par exemple, d'une partie étroite du bras? on obtient la tension de la peau en embrassant cette partie de membre dans la concavité d'une main mise en supination, tandis qu'on fait la piqûre de l'autre. S'agit-il d'une région à surface large? on tend la membrane tégumentaire entre le pouce et un ou plusieurs doigts de la main gauche, obliquement appliqués sur elle par leur pulpe. La main droite se charge alors de l'opération, ou vice versa.

Quelquefois je me borne à tendre la peau du côté opposé à la direction de mon instrument inoculateur. D'autres fois, je fais tendre cette peau en toutou en partie par un aide, ou par le sujet de la syphilisation, mais dispensez-moi de vous apprendre des choses si faciles.

Quand on fait beaucoup de piqûres ensemble, à quoi bon y apporter une minutieuse attention? Ne suffit-il pas qu'elles soient imperceptibles pour la sensibilité du sujet, et que la plupart réussissent? Mais ne fait-on qu'une ou deux piqûres? Opère-t-on devant témoins, et surtout devant une Commission hostile? Tient-on beaucoup, en un mot, au résultat de chaque piqûre? Voici comment il faut manœuvrer l'aiguille ou la lancette, en se servant de la main droite, à moins qu'on ne soit gaucher ou ambidextre.

DinECTioN de l'instrument. — Le mieux est que l'aiguille fasse avec l'horizon un angle de 25° environ (angle droit de 100 degrés).

Profondeur. — Comme on ne fait pas d'inoculations dans les endroits où l'épiderme est épais, il suffit d'enfoncer l'aiguille de 1 millimètre.

Vitesse. — Mais faut-il l'enfoncer vivement ou lentement? Vivement si vous avez la main sûre et une grande habitude, lentement dans le cas contraire; et alors, s'il s'agit de l'aiguille et que vous Lui fassiez exécuter un léger

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