MO COURS DE SYPIIILISATION
bras convergent vers l'aisselle; ils peuvent être le trait-d'union des chancres du bras et des bubons axillaircs (I). Les vaisseaux lymphatiques de cet ordro no sont pas fort multipliés.
Les nerfs superficiels du bras sont assez nombreux, sans parler des branches sus-acromiales du plexus cervical superficiel qui gagnentlarégion deltoïdienne, des ramuscules brachiaux des premiers nerfs intercostaux, des nerfs cutanés internes principal et accessoire, ni enfin d'une branche accidentelle du nerf cubital, détachée du tronc dans l'aisselle; trois nerfs importants émergent des interstices musculaires de la partie externe du bras, c'est-à-dire dans l'aire elliptique ou j'ai fait le plus d'inoculations, quoique je lui préfère le devanldo la poitrine. Ces nerfs sont do haut en bas et d'arrière en avant : 1° le nerf cutané du circonflexe, qui émerge d'entre le deltoïde et le triceps; 2° le t\cvi radial, qui sort d'entre ce dernier muscle et le brachial antérieur; 3° enfin le nerf musculo-cutané qui s'échappe d'entre le brachial antérieur et le muscle biceps.
En définitive, on peut faire un choix de parties dans toute l'étendue du cylindre brachial, pourvu qu'on sache éviter le voisinage du moignon de l'épaule, et surtout celui du coude, les chancres pouvant aisément s'enflammer dans ces deux endroits (principalement dans le dernier, et par conséquent y devenir trèsdoulourcux). Je recommande particulièrement la partie externe du bras dans l'aire d'une ellipse verticale dont le foyer supérieur correspondrait à l'empreinte deltoïdienne, et dont le grand diamètre, double du petit, serait environ de 12 centimètres, pour l'homme adulte.
La partie interne du bras est plus sensible que l'externe, mais elle offrirait sans doute sur elle l'avantage de cicatrices mieux dissimulées. Quanta la partie postérieure, elle est malheureusement soumise à des frottements, tandis que l'antérieure correspond aux mouvements du biceps. La partie externe du bras est donc un lieu d'élection; ce lieu présente en effet plusieurs avantages, tels que la facilité de l'opération, la possibilité de protéger efficacement les chancres et d'en cacher les stigmates sous la cicatrice d'un vesicatoirc. J'ai observé que c'est le lieu de prédilection des femmes.
Je puis résumer ici ma pensée sur les lieux d'élection, parce que nous les avons tous passes en revue. Pour les hommes, c'est le devant de la poitrine; pour les femmes, au lit ou désœuvrées, ce sont les parties latérales du thorax et de V abdomen. Pour les autres femmes enfin, c'est l'aire de Y ellipse précitée. Le chancre qu'on suppose devoir être le plus large devra correspondre au foyer supérieur de cette ellipse; ce foyer correspond lui-même, comme vous le savez, à la dépression deltoïdienne.
Il va sans dire que l'on peut indifféremment placer des chancres à peu près partout, vers la fin de la syphilisation. Ils restent alors si petits et laissent de si faibles traces!
Avant- bras et main. — C'est précisément là, entre autres endroits, qu'on ne peut s'autoriser à faire des inoculations que vers la fin de la syphilisation. Cette réserve est bien plus encore motivée pour la main que pour l'avant-bras, soit à cause de l'état habituellement découvert de la main, soit à cause des veines et des vaisseaux lymphatiques qui y prennent naissance en grand nombre, et des filets de nerfs multipliés qui s'y terminent. Adressez-vous au côté dorsal de préférence pour l'avant-bras, quoiqu'il y ait quelques poils, et exclusivement pour la main.
(1) Il est question ici dos bubons virulents et non pas de ceux qui sont purement flanwtatoires.
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qUISSEi je terminerai cette revue do parties organiques par la cuisse, car
j'exclus d'une manière absolue du cadro que jo me suis trace la jambe et le pied, à cause de la nature des mouvements qu'ils exécutent, de leur position déclive et do leur éloignement des centres de vie.
Je serai bref dans l'énoncé do la structure de la cuisse qui a tant de rapports avec celle du bras. Il est bien entendu quo les parties superficielles mo préoccuperont à l'exclusion des parties profondes.
La peau et le tissu sous-cutané sont, pour ainsi dire, les mêmes qu'au bras. Le tissu sous-cutané est peut-être ici un pou plus graisseux qu'au bras. Il y a des poils assez nombreux, en avant, en dedans et en dehors do la cuisse.
La plupart des muscles sont longs, superficiellement placés et dépourvus d'adhérences au fémur; quelques-uns sont au contraire courts où adhérents à cet os. C'est ainsi qu'il y a, d'une manière générale, des fibres musculaires courtes et adhérentes à la partie anléro-externe, et d'autres fibres plus longues et non adhérentes à la partie interne et surtout à la partie postérieure. Les mouvements de la cuisse sont étendus. La veine saphène interne doit être soigneusement évitée ; elle monte en dedans, puis en avant du membre inférieur, et reçoit ça et là sur la cuisse quelques affluents. Les vaisseaux lymphatiques superficiels, tributaires pour une immense part des ganglions inguinaux, sont, comme ceux du bras, de deux ordres; le groupe de ceux qui viennent du pied, de la jambe, du genou et de la partie interne de la ciiisse, accompagne la. veine saphène interne; mais ceux qui partent des autres endroits de la cuisse convergent irrégulièrement vers les ganglions de l'aine.
Les nerfs antérieurs, externes et internes, des parties superficielles de la cuisse, procèdent du plexus lombaire; les nerfs postérieurs viennent du plexus sacré. Les premiers sont, en me bornant à une indication sommaire d'après la nomenclature de Bichat, dos ramifications des trois musculo-cutané, du genitocrura?etdu crural; les seconds sont représentés par les branches cutanées peu importantes du nerf fessier inférieur.
Je réprouve d'une manière absolue, à cause des mouvements du membre inférieur, toute espèce d'inoculation à la cuisse sur des personnes qui ne sont pas dans un lit, soit d'hôpital, soit de maison de santé; car, en ville, on ne peut pas exiger que ceux qu'on syphilise soient longtemps alités.
Je sais bien que le malade étant couché et atteint de chancres aux parties sexuelles, la cuisse, comme d'ailleurs l'abdomen, se présente naturellement à la lancette du syphilisateur dans le voisinage des parties malades. Je sais bien .encore qu'il est, pour certaines personnes, très-facile de dissimuler les cicatrices de la cuisse; mais cette partie se trouve déclive et très-éloignée des centres de vie ; les chancres y ont une action syphilisanlo moins énergique qu'ailleurs, et de la tendance à s'étendre. C'est un siège de prédilection du phagédénisme.
Quelles sont les parties de la cuisse où vous pourriez, au besoin, pratiquer des inoculations ?
D'abord, éloignez-vous avec soin des articulations de la hanche et du genou, par rapport aux mouvements qu'elles exécutent. Mais vous conseillerai-je, à l'exemple d'un chirurgien inoculateur et par conséquent à demi-syphilisateur, quoi qu'il en ait, de vous éloigner des ganglions de l'aine et du faisceau lymphatique saphène, ou, en d'autres termes, de ne faire d'inoculations qu'en bas et en dehors de la cuisse, dans le but de diminuer les chances de bubons? Non! pas le moins du monde ! Car, si un chancre siégeant dans ces endroits que le chirurgien dont je parle considère comme des écueils, est accompa-
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gné ou suivi d'un bubon, gardez-vous de penser que ce bubon se lie particulièrement à la place qu'occupe le chancre dans le voisinage des vaisseaux lymphatiques saphènos, ou dans la proximité de l'aine ! Ce bubon n'a d'existence, au contrairo, que de par les lymphatiques dont les racines correspondent au chancre lui-même. Je vais plus loin, et je soutiens qu'à ce point de vue la proximité des ganglions serait plutôt à rechercher qu'à éviter. Ne vous ai-je pas dit en effet que les bubons se lient plus fréquemment aux chancres les plus périphériques qu'aux autres, parce que entre autres causes, c'est à la périphérie du corps que naissent en grand nombre les vaisseaux lymphatiques superficiels ?
N'avez-vous pas entendu dire à M. Ricord ceci? Les chancres de la région fémorale -produits par inoculation n'engendrent pas de bubons. Ce n'est pas, quoi qu'en pense M. Ricord, à leur siège qu'ils le doivent, mais parce qu'ils font nombre. Nous arrêtons, vous apprendrai-je plus lard, le progrès des bubons inguinaux par l'inoculation de plusieurs chancres; quoi d'étonnant que cette inoculation n'en produise pas? C'est donc à titre de chancres surajoutés et non pas à titre do chancres fémoraux, que ces chancres préservent ou ne sont pas suivis de bubons. Reconnaissez, en cela du moins, la puissance de la syphilisalion !
Irai-jé pourtant jusqu'à prétendre, d'une manière absolue, que les adénites sont d'autant moins à craindre qu'il y a plus de chancres? Non pas ! car quelquefois les adénites sont le témoignage d'une forte activité syphilo-ulcérative. Elles ne prouvent alors qu'une chose, c'est la grande aptitude du malade à contracter des chancres. J'exprime cette aptitude en disant : que le malade a trèspeu de syphilisme. Quelques inoculations feraient disparaître l'état dans lequel il se trouve en augmentant son syphilisme. Je n'ai donc à affirmer qu'une chose pour me circonscrire dans le sujet que je traite : c'est qu'un individu étant menacé de bubons, suites de chancres, on peut conjurer la manifestation de ces bubons par des inoculations chancreuses quelque part qu'on les pratique.
3° Temps d'élection et précautions générales.
J'ai presque épuisé par anticipation ce chapitre dans les considérations que j'ai faites sur les indications et contre-indications de la syphilisation. — On peut, vous ai-je dit, syphiliser en toute saison.
Voici une autre question dont vous avez déjà sans doute entrevu la solution : Le malade doit-il resterait lit ? Est-il au moins utile qu'il soit au Ut pendant la syphilisation ? — Règle générale : Le repos, de légers purgatifs et un doux régime serviront de frein à l'inflammation des premiers chancres. Le séjour au lit est donc utile sans être nécessaire au début de la syphilisation. Mais arrive vite un moment de bien-être et d'appétit pour le malade; pourquoi lui ferait-on garder le lit quand il peut jouir de la plénitude de l'existence?
Donc le lit est l'exception, la vie contente est la règle.
4° Appareil ou instruments.
L'inoculation syphilisalrice est assez simple pour qu'à la rigueur on puisse se passer de recourir dans sa pratique à des instruments et à des renseigne-» ments particuliers. Qui sait inoculer le vaccin ne sait-il pas inoculer le virus syphilitique? Mais un cours spécial, comme le micn> doit être aussi très-complcL D'ailleurs, les ennemis de la syphilisation ne sont-ils pas nombreux» in*justes, acharnés, violents? Savent-ils rien que médire et maudire? A quoi bons scraienl-lls, sans nous aiguillonner à bien -faire? Que leur mission soit donc efficace, et méritons par nos efforts cette persécution qui nous sert. Eh bien !
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pour que tout soit fait au mieux, ne faut-il pas que nos instruments soient appropriés à leur but, qu'ils soient aussi délicats et parfaits que possible? Voici ceux dont je me sers et que je préfère.
Ils sont relatifs à trois points : 1° soit recueillir, soit conserver le pus; 2° pratiquer rinoculation ; o° panser et protéger les ebanercs produits. D'où trois sortes d'instruments ou moyens matériels : A. les recueilloirs et conservatoires, B. les opératifs, C. les protecteurs.
A. Les premiers sont donc divisés en doux groupes; pourtant, la plupart des instruments de chacun do ces deux groupes peuvent concourir aux deux fins, recueillir et conserver le pus. Souvent même on se passe de cette première classe d'instruments, en recueillant le pus avec les opératifs, pour s'en servir de suite. Rccucillé-je en effet du pus, 'dans le but de ne faire qu'une ou deux inoculations, et désiré-je les faire immédiatement? Je me borne quelquefois à tremper dans le pus d'un chancre la pointe d'une lancette ou de mon aiguille inoculatrice (deux instruments dont je vais vous parler).
D'autres fois, je plonge délicatement dans ce pus et par le côté concave, ou bien en simulant un léger mouvement de cuiller, l'extrémité mousse et arrondie d'une plume taillée en bec de flûte. Je trempe ensuite la pointe de ma lancette ou de mon aiguille dans le pus que j'ai recueilli. C'est ainsi qu'il convient de procéder, soit qu'on désire pratiquer un grand nombre d'inoculations, soit qu'on ait des raisons de discrétion médicale pour séparer le donataire du destinataire du pus.
On peut également recueillir le pus en quantité par le goulot à bord mince et arrondi d'une petite bouteille homeeopathique, dont on se sert comme d'une cuiller pour ramasser le pus, ou comme d'un vase dans lequel celui-ci est versé. On fait à peu près de même avec une petite coquille.
Un dernier et mauvais moyen, un moyen à n'employer que par pis aller, parce qu'il est difficile pour l'opérateur et douloureux pour l'opéré, consiste à presser contre le chancre, avec le bord ou la partie moyenne d'une petite plaque de verre à vaccin, de manière, bien entendu, à colliger une certaine quantité de pus.
Il s'agit ensuite de savoir conserver le pue. Celui-ci sera bien conservé s'il demeure humide, car sa putréfaction n'est pas commune. Il faut donc le tenir au frais et, si cela se peut, à l'abri du contact de l'air et de la lumière, sous une cloche à ventouse, par exemple, recouverte d'un corps opaque, comme un morceau de papier ou de linge. A-t-on recueilli une grande quantité de pus dans un vase étroit? Est-ce pendant l'hiver, ou bien le vase est-il mis dans un ' lieu humide, dans une cave? La surface de ce pus se coagule ; mais en ponctionnant avec un instrument aigu la croûte superficielle qui s'est formée, on I trouve au-dessous du pus demeuré fluide.
On le conserve encore assez longtemps, trente-six heures, par exemple, en hiver, dans le bec d'une plume bien chargé de ce pus, et engagé dans le tuyau plus grand d'une autre plume; on enveloppe cela d'une lame de plomb ou de a sparadrap, par-dessus laquelle on applique des linges mouillés. Le pus se conserverait aussi dans un petit llacon bouché et scmblablcment enveloppé.
Désirc-t-on le conserver plus longtemps? Est-ce dans la saison chaude? N'en possède-t-on que fort peu? S'agit-il d'un échantillon rare de pus extrêmement énergique? On le laisse sécher en dedans du goulot d'un llacon et mieux sur une lame do verre, ou dans la capsule d'une petite coquille, objet qu'on protégera ensuite convenablement par une ou plusieurs feuilles de plomb ou par un autre moyen. Quand je me sers d'une coquille, je la choisis bivalve, afin
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d'appliquer, de môme qu'on ferme une boîle, l'une des valves contre l'autre qui est chargée de pus. On garde ainsi du pus en plus grande quantité que s'il était pressé, comme on fait du vaccin, entre deux lames de verre, immédiatement après avoir été déposé lout frais sur l'une d'elles.
Le pus desséché et enveloppé, comme il convient, sera déposé dans un lieu sec et obscur. Je vous dirai bientôt la manière dont il faut s'en servir.
B. La deuxième classe d'instruments, celle des instruments opératifs, est ce qu'il y a de plus simple. Une aiguille, une lancette, une pointe quelconque peut servir. Une lancette étroite ou cannelée, une aiguille à vaccin, voilà mon instrument; il suffit qu'il soit bien confectionné, bien acéré, bien essuyé et tenu au sec. Je le nettoie de la manière suivante : immédiatement après m'en être servi, j'en lave la pointe avec de la. salive, et je l'essuie après sur un linge sec et fin. Je vous conseille de faire habituellement cela sur une petite pelotlc, dans la crainte de vous blesser. Il ne m'est jamais arrivé qu'un instrument nettoyé ainsi retînt la moindre parcelle de virus ou contractât de l'oxydation. S'il s'oxydait, sa pointe serait moins aiguë; il en résulterait une légère douleur pendant l'inoculation.
Ce mode de nettoiement suffit, bien qu'on ne s'en soit pas contenté dans toutes les inoculations expérimentales. On a non-seulement exigé que les instruments fussent propres, mais encore qu'ils n'aient jamais servi à rien. Que résultc-t-il, Messieurs,- de ces précautions puériles? Le voici : c'est que l'esprit de l'observateur, préoccupé d'écueils chimériques, s'égare et néglige les données les plus importantes.
Je vais vous conter à ce propos, et pour faire diversion à l'aridité de noire sujet, les infortunes burlesques d'une trop célèbre spatule. Il s'agit, dans cette histoire, d'une inoculation de pus de singe faite par M. Ricord à Robert de Welz. Notre héroïne, chaste et modeste, n'avait jamais été souillée par le contact d'aucun pus syphilitique; néanmoins, elle fut injustement condamnée à être purifiée en public par des lavages et ablutions. J'ai fait l'office de justicier. Dieu sait avec quel impitoyable scrupule j'ai gratté, raclé, raboté, ratissé, frotté, savonné, inondé et essuyé cette pauvre et innocente spatule, pour laver sa tache imaginaire! Aussi fut-elle agréée par acclamation et unanimement déclarée digne de servir d'entrepôt purulent! Je fis en conséquence couler sur sa palette luisante le pus chancreux du macaque; dans ce pus, M. Ricord trempa la pointe d'une lancette neuve; cette pointe, dirigée par la main habile du grand maître, piqua le bras gauche de Robert de Welz. Une pustule caractéristique (ainsi nommée, je crois, par antiphrase) se montra bientôt Plus
tard, il fut hasardé par la bouche trop zélée ou indiscrète d'un des fidèles, la petite oraison que voici : « La spatule a été lavée, parce que probablement elle n'était pas propre; par conséquent elle aurait pu être sale et virulente (qui sait!) au moment de l'expérience; haro sur la spatule impure, l'expérience ne vaut rien! » Ce discours n'obtint qu'un succès de ridicule parmi les assistants; il fut donc désavoué prudemment, et séance tenante, par M. Ricord. Pendant qu'on devisait de spatule souillée, des choses pleines d'intérêt demeuraient inaperçues, et j'entendais la voix discrète d'un homme de sens qui me redisait tout bas la maxime d'un moraliste : Quand on s'occupe trop des petites choses, on devient souvent incapable des grandes.
Je vois que cet épisode a le double avantage de vous égayer et de vous instruire. Miscuit utile dulci.
Permettez-moi, Messieurs, d'ajouter, sous forme de conclusion que !e| moyens les plus simples sont les meilleurs.
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C. Autant vous dirai-jc de l'appareil protecteur; ce qui est lo moins compliqué vaut le mieux. La nature en fait souvent tous les frais; elle dépose tout uniment une croule sur le chancre. J'aurai bientôt à apprécier, à admirer et à imiter ce procédé simple et ingénieux.
Il a été imaginé un appareil protecteur spécialement destiné à la partie externe du bras; il ressemble beaucoup à celui dont on se sert pour protéger les cautères; on a eu le soin d'y ménager des ouvertures, destinées à laisser voir les chancres, sans qu'on soit obligé de toucher à l'appareil. Mais ce brassard n'est pas sans inconvénients. En effet, si on le serre un peu fort sur le bras, il irrite et fait souffrir, et, dans le cas contraire, il produit le même effet en se déplaçant. Être inutile, c'est Zà son moindre défaut. Il occupe d'ailleurs trop de place sous les vêtements. Je ne doute pas qu'il ne soit facile de le rendre utile, en lui faisant subir quelques perfectionnements.
N'y a-t-il à garantir qu'un seul chancre, surtout s'il est étendu, ou deux ou trois chancres voisins? On le couvre ou on les couvre d'un verre de montre assez convexe, avec le soin d'interposer un cercle de linge fin entre les bords du verre et les téguments.
Je reviens à l'appareil par .excellence, celui qu'a créé la nature, la croûte en un mot. On peut se procurer celui-là partout, et l'appliquer à toutes les parties de notre corps. Mais le pus devient-il abondant, séreux, difficilement coagulable? la croûte cesse de se former, ou ne se reproduit qu'éphémère (j'étudierai les différentes variétés de cette croûte). C'est alors qu'il faut chercher à la renforcer ou même à la remplacer entièrement par des moyens artificiels.
Je me sers habituellement d'une rondelle de taffetas d'Angleterre, de papier poreux ou de baudruche, un peu plus large que l'ulcération. Cette rondelle est échancrée, ou bien l'opérateur la soulève à la partie déclive pour favoriser l'écoulement ou la récolte du pus. Quelquefois, le diamètre de ma rondelle de baudruche excède de beaucoup celui du chancre, et je fixe aux téguments la circonférence de celle-là au moyen de collodion, en ayant soin de ménager une ouverture ou une espèce de pont dans le sens de la déclivité.
On peut varier à l'infini les moyens de ce genre ; je ne fais que vous donner des indications.
M. Puche n'y va pas par quatre chemins. Il recouvre les chancres d'inoculation, quelque part et quelque nombreux qu'ils soient, d'un large emplâtre de diachylon ou bien de Vigo. Cet emplâtre est renouvelé tous les jours par propreté. Les chancres n'en suppurent que de plus belle par dessous, et la syphilisatioa se fait sans tambour ni trompette. Personne n'en sait rien, pas môme M. Puche..
5° Des qualités, du choix du pus ; lymphe virulente.
Ce chapitre est une partie très-importante de mon sujet, à laquelle je vous ai déjà un peu initiés. Quand je parle du choix du pus, voici comment cela doit B'entendre : Le virus est habituellement dans le pus qui lui sert de véhicule; il s'agit donc en réalité du choix du virus. Celui-ci est sécrété par le chancre, sous la forme ou l'enveloppe d'une sérosité transparente et légèrement citrine. J'appelle cette sérosité : lymphe virulente ou lymphe syphilitique. C'est l'analogue de la lymphe vaccinale. Le pus n'est produit qu'après cette lymphe qu'il semble avoir pour office d'entraîner au dehors de l'organisme. Aussi, la lymphe seule agit-elle plus énergiquement que lorsqu'elle est purulente, c'est-à-dire moins concentrée et déjà éloignée du moment de sa production. Il est fâcheux qu'on ne puisse pas l'obtenir pure en assez grande quantité pour la conserver
aisément. Elle obéit d'ailleurs, de même que le pus, difficilement à la capillarité quand on lui présente un tube à vaccin.
\oici le moyen de se la procurer. Après avoir bien abstergé le fond d'un, chancre, de manière à ce qu'il n'y reste plus de pus, on exerce à l'entour de ce chancre une légère et lente pression, entre deux doigts qu'on tend à rapprocher; on voit alors sourdre de toute sa surface une sérosité limpide et légèrement citrinc. Ce n'est autre chose que la lymphe virulente. Cette lymphe est au moins aussi sûre, pour faire une inoculation, que le pus qu'on vient d'absterger. Elle est identique à celle de la vésico-pustule initiale du chancre.
Les chancres produisent des pus de différentes forces suivant : a. leur origine, b. leur manière d'être, c. la période où ils sont, d. leur nombre, e. la nature du terrain, c'est-à-dire l'état de la personne qui les porte.
a. Toutes choses étant égales, un pus énergique donnera lieu à un chancre fournissant un pus de même qualité.
b. Des causes d'excitation, plus ou moins faciles à apprécier, peuvent augmenter la virulence des chancres. La science est à compléter sous ce rapport (1).
c. Un chancre ne produit pas du pus également fort pendant toute sa durée. Il fournit le pus le plus actif quelque temps avant de commencer à décroître (2). Mais je vous signalerai ici une cause d'erreur. L'inflammation peut s'emparer d'un chancre, ou une fausse membrane revêtir sa surface, sans que l'activité du travail de sécrétion purulente soit l'indice de la plus grande virulence du pus de ce chancre. Le mouvement de cicatrisation qui succède à la diminution de l'inflammation ou à la destruction de la pseudo-membrane, peut donc n'avoir pas été immédiatement précédé par la production du pus le plus fort, parce que le pus sécrété pendant l'un ou l'autre de ces phénomènes (inflammation ou existence de la pseudo-membrane), ne provient pas exclusivement de la cause virulente elle-même.
d. Toutes choses étant égales d'ailleurs, plus il existe et surtout plus il a existé récemment de chancres chez un individu, moins est fort le pus actuellement sécrété par les chancres de cet individu.
e. Cela nous conduit à l'étude des terrains; le pus virulent que sécrète un individu est, toutes choses égales, d'autant plus énergique que cet individu constitue pour le virus un terrain plus vierge et plus récemment ensemencé, ou bien que cet individu est placé plus bas dans une échelle de syphilisme que j'ai dressée autre part. L'homme, pour ne citer que quelques exemples, est placé plus bas dans cette échelle que la femme; celle-ci plus bas que le singe macaque; le singe macaque plus bas que le chat, etc. Ne confondez pas cette échelle avec l'échelle syphilitique, au sommet de laquelle l'homme est perché.
(1) Les chancres phagédéniques serpigineux semblent obéir à une sorte de flux et de reflux, au point de vue de la virulence de l'humeur qu'ils sécrètent. L'ulcère a-t-il subi pendant un certain temps un mouvement de cicatrisation? Tout-à-coup il reprend sa marche envahissante. La cause phagèdënisante semblait s'être épuisée par une sorte de décharge qui avait soulagé l'organisme, lorsque cette cause parait se raviver et se manifeste par de nouveaux ravages à travers les téguments.
Ces chancres ont en général pour origine un bubon ulcéré qui est symptomatique de la vérole. Le phagédénisme part de Paine pour s'irradier et s'éloigner de plus en plus de cette région. J'appelle ce phagédénisme, le phagédénisme de dedans en dehors ou le phagédénisme sortant, par opposition avec un autre phagédénisme, que je nomme jj/jogëdénisme de dehors en dedans ou phagédénisme rentrant.
(2) La note précédente doit peut-être infirmer, dans certains cas, ce que cette dernière phrase a de trop général. L'expérience ultérieure prononcera.