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SUR UN PAIT RELATIF A LA SYPHILISATION

Le 18 novembre 1851, M. Ricord présentait à l'Académie de médecine un médecin allemand. M. Lindeman. qui s'était soumis aux pratiques expérimentales do la syphilisation et qui offrait, en ce moment, plusieurs ulcères primitifs, et une syphilide papuleuse.

Un t'ait qui se révéla incidemment dans l'interrogatoire du malade, et qui parut à plusieurs membres, contrairement à l'opinion de M. Ricord, un exemple de l'inoculation d'ulcérations secondaires des amygdales, ayant donné lieu à une discussion, il fut décidé qu'une Commission spéciale serait chargée de l'examen du malade, et rendrait compte à l'Académie du résultat de son observation.

MM. Velpeau, Ricord, Lagneau, Roux et Bégin furent désignés pour faire partie de cette Commission.

Ce fut seulement à la séance du 20 juillet 1S52 que M. Bégin, Rapporteur, produisit son Rapport (1).

A la séance suivante, 27 juillet 1852, et avant la discussion du Rapport, M. le Secrétaire perpétuel donna lecture de la lettre suivante de M. Auzias-Turenne, comme un document faisant partie de la discussion :

Monsieur le Président,

Puisque je ne peux pas défendre la syphilisation devant l'Académie pendant que cette question est en cause, je vous demande la permission de faire mes réserves sur le Rapport de M. Bégin et sur les quelques mots de discussion qui l'ont suivi.

Voici ces réserves rédigées en propositions succinctes :

\° Le premier paragraphe de ce Rapport laisse entendre que j'ai moi-môme infecté M. Lindeman par des inoculations de pus syphilitique; du moins plusieurs personnes l'ont compris ainsi. La vérité est que M. Lindeman avait déjà la vérole lorsque je l'ai vu pour la première fois, et que je ne lui ai pratiqué qu'une seule inoculation. Depuis cette inoculation, que j'ai faite dans le but de commencer son traitement, M. Lindeman m'a échappé, malgré la promesse qu'il m'avait faite de me laisser compléter sa syphilisation si je la commençais.

1° M. Bégin relate très-inexactement ma conversation avec M. Lindeman. Si M. Bégin avait eu plus d'indulgence pour moi, il n'aurait pas accueilli un récit qui me fait dire des choses absurdes.

3° Je n'ai pas commis de méprise sur la nature du pus que j'ai inoculé à M. Lindeman. La responsabilité de la syphilisation mal faite revient tout entière aux inoculatcurs qui m'ont suivi; M. Lindeman n'est pas la seule personne à propos de qui j'ai eu à regretter l'intervention d'inoculateurs peu exercés en syphilisation.

(1) De la syphilisation et de la contagion diîs accidents skcondaires de la syphilis, — Communications il l'Académie nationale de médecine par MM. Ricord, Bégin, Malgaigne, Velpeau, Depaul, Gibert, Lagneau, Larrey. Michel Lévy, Gerdy, Roux, — avec les Communications de MM. Auzias-Turenne et C. Sperino, a l'Académie des sciences de Paris et à l'Académie do médecine do Turin. Paris, chez J.-B. Baillièro, 1853. 1 vol. in-8°.

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