‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 60 sur 205 · A L'INFIRMERIE DE SA.INT-LA2A.RK · texte numérisé non relu

A L'INFIRMERIE DE SA.INT-LA2A.RK

note a l'appui de la demande adressée a m. le préfet de police.

2 janvier 1852.

M. le Dr Auzias-Turonnc, faisant des expériences sur les animaux et des observations sur l'homme, a constaté que le virus syphilitique, inoculé suivant certaines règles, devient non-seulement le remède, mais encore le vaccin de la syphilis.

Il a démontré, en outre, que sa méthode, qu'il nomme la syphilisation, peut guérir l'affreux cancer.

Sa pratique a été officiellement acceptée au Syphilicome de Turin, et dans les hôpitaux de plusieurs Capitales de l'Europe.

M. Auzias-Turennc demande les moyens de développer sa découverte en France, et désire qu'on lui confie un service médical soit dans un hôpital, soit dans la prison Saint-Lazarre où sont détenues les prostituées.

M. Auzias-Turennc n'a pas la pensée de contraindre personne à se faire syphiliser, mais il désire, en qualité d'inventeur, faire à Paris ce que M. Sperino fait à Turin, avec la protection du Gouvernement Piémontais, ce que M. Sigmund fait à Vienne, M. Bœck à Christiania; ce que font enfin plusieurs autres célèbres médecins en Europe.

Il se chargerait donc lui-même do convaincre les malades touchant l'excellence de sa méthode, qu'il n'appliquerait jamais que de leur consentement.

La sollicitude de M. le Préfet de police a déjà été éveillée sur l'importance de la découverte de M. Auzias-Turenne. Ce magistrat a créé une Commission pour examiner s'il y a lieu de faire appliquer officiellement la syphilisation. Celte Commission a besoin, de son propre aveu, de suivre des malades en traitement pour s'éclairer ; mais il s'agit d'une maladie secrète, et les malades libres, de toute condition, répugnent à se montrer. M. Auzias-Turennc ne pourrait donc faire ses preuves que dans un établissement public; c'est pourquoi il demande un service de quelques lits dans un hôpital.

M. Auzias-Turenne joint à sa demande l'hommage fait par M. C. Sperino, de Turin, d'un livre qui rapporte le résultat do la pratique dans le Syphilicome de Turin.

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