DEMANDE DE PRATIQUER LA SYPHILISATION
baigne les prostituées à se faire sypliiliscr. Voici ce que je dis, à ce sujet, dans ma 3° leçon faite à l'École pratique :
« Ils (les syphilisateurs) ne désirent pas plus contraindre les prostituées que personne. Ce qu'ils veulent ardemment, c'est prouver à tous la supériorité de leur méthode, c'est accomplir leur mission, qui est Y extinction de la syphilis. Ils traitent donc les prostituées avec égards, et voudront mériter leur confiance. Pourraient-ils oublier qu'elles sont femmes et malheureuses, et qu'eux-mêmes ils sont médecins ! (I) »
L'Administration éclairée de la Préfecture de police est plus à même que moi de choisir le meilleur moyen d'appliquer, sans contrainte, la syphilisation aux filles publiques, et de la faire, pour ainsi dire, passer dans leurs mœurs; mais je crois que le plus simple serait de me faire l'honneur de me confier provisoirement, à l'infirmerie de la prison do Saint-Lazare, un service médical de quelques lits.
LETTRE A M. LE GÉïtANT DE LA Gazette des hôpitaux.
Paris, le 8 mars 1853.
Monsieur,
Vous avez publié dans la première page de la Gazette des hôpitaux du 1er mars une note, sans signature, touchant le Rapport que la Commission administrative de la syphilisation avait remis la veille entre les mains de M. le Préfet de police. Elle porte que la Commission fait abstraction, dans sa réponse négative, de la question scientifique, et donne à entendre que je ne mérite pas la confiance de l'Administration.
Si telle n'a pas été la pensée de l'auteur, que je ne connais pas, de cette note précipitée, il est de son devoir de s'expliquer plus catégoriquement pour ne pas propager sur mon compte un soupçon immérité.
Ce qui ajoute plus d'importance à celte note, c'est qu'on a pu croire, à tort, qu'elle émanait de la Commission. En effet, elle reproduit textuellement les deux dernières phrases du Rapport, suivies de la signature des membres de la Commission.
Que puis-je contre des lignes anonymes qui m'atteignent indirectement, el s<j répètent dans différents organes de la publicité, sinon user du droit de me plaindre dans le journal qui s'en est fait l'éditeur responsable?
Je suis, etc.