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THÉORIES ET TRAITEMENT DE LA DIATHESE CANCÉREUSE

Paquet cacheté déposé à l'Académie des Sciences par M. le Dr Auzias-Turenne (1).

Note envoyée dans un paquet cacheté a l'Académie royale des sciences, dans sa séance du lundi 25 octobre 1847 :

La diathèse cancéreuse trouve son explication dans une modification générale du système nerveux.

Cette modification résulte de l'action de certaines causes mal connues.

L'action des nerfs qui ont subi cette modification sur les organes de la nutrition et de la sécrétion est telle que les produits de cette nutrition et de cette sécrétion sont altérés.

La diathèse cancéreuse, et par conséquent cette altération spéciale des produits de nutrition et de sécrétion, peuvent exister a tous les âges.

Mais dans l'enfance et l'âge adulte, les excrétions et l'absorption se font si bien qu'il y a presque constamment élimination en même temps que production de la matière cancéreuse. La maladie est alors à l'état latent.

Dans l'âge mûr et la vieillesse, au contraire, cette matière s'arrête dans l'organisme et constitue ce qu'on appelle le cancer.

Cette matière se fixe plus particulièrement dans les organes qui sont passés d'une grande activité d'absorption et d'élimination à la diminution notable ou à la cessation de ces fonctions.

C'est ainsi que, chez les nourrices, le sein devient souvent cancéreux, vers l'âge critique.

Au contraire, le rein dont les fonctions d'élimination persistent toute la vie devient rarement cancéreux.

Le résultat des opérations sanglantes sur le système nerveux tend plutôt à favoriser qu'à empêcher le développement de la diathèse cancéreuse. Ce n'est donc que dans des cas exceptionnels qu'il faut se permettre d'enlever un cancer ; ces cas exceptionnels se rencontrent rarement et sont au nombre de deux : 1° une tumeur cancéreuse gêne un organe important; 2° une fonte cancéreuse donne un liquide dont l'absorption est nuisible. Souvent même, dans ces deux cas, il vaut mieux s'abstenir d'opérer. Si une statistique était possible, elle démontrerait qu'en moyenne l'ablation des cancers a plutôt précipité que retardé la mort des malades.

La diathèse syphilitique trouve aussi son explication dans une modification générale du système nerveux.

Cette modification peut être produite par l'inoculation d'un pus spécial.

L'action des nerfs ainsi modifiés détermine des altérations matérielles vers les organes. Ces altérations ne sont donc qu'un effet.

La diathèse cancéreuse diffère considérablement de la diathèse syphilitique par son étiologie et ses symptômes.

Ces deux diathèses se comportent encore différemment l'une de l'autre en présence des agents modificateurs de l'organisme. C'est ainsi que les préparations mercurielles favorisent les progrès de la diathèse cancéreuse et s'opposent à ceux de la diathèse syphilitique.

Or, deux modifications générales du système nerveux, en vertu desquelles ce système agit contrairement sur les organes, ne sauraient coexister chez le même individu.

On ne pourrait donc pas être atteint en même temps de la diathèse cancéreuse et de la diathèse syphilitique. Il n'y a pas. d'exemple avéré de cette simultanéité morbide.

Nous ne pouvions pas jusque ici modifier la diathèse cancéreuse; mais nous pouvons modifier avantageusement la diathèse syphilitique. Nous savons que, en outre, on peut produire facilement cette dernière diathèse.

(1) Dépôt du 25 octobre 1847, sous le n° 786. — Retrait du 22 octobre 1877, par les Exécuteurs testamentaires.

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