Le chancre vulvaire est guéri depuis le
Cinq piqûres, et sept le 7 octobre, suivies de dix petits chancres qui de même que les précédents étaient cicatrisés dans l'espace de 10 jours.
24 octobre. - La fille V. sort aujourd'hui de l'IIi'pital ; l'état de sa santé est excellent. L'expérience ne fut interrompue par aucune maladie sérieuse; la menstruation a lieu d'une manière assez régulière. Elle n'offre pas le moindre symptôme d'infection générale. On a» commencé tes inoculations il y a six mois, et on a laissé généralement assez d'inlervalle de l'une à l'autre; on ne les a pas cependant poussées jusqu'à obtenir l'immunité.
Les régions épigastriques et hypochondriaques laissent voir dix cicatrices de la largeur d'un centimètre environ, et sur le côté droit, une longue de 2 à 3 centimètre. — Un grand nombre d'autres plus petites sont inoins apparentes. Toutes palissent de jour en jour.
Pendant ces deux derniers mois on lui a fait prendre 15 bains sulfureux.
Réflexions.
1° Les chancres qui naquirent à la suite des trois premières inoculations furent peu étendus, peu enflammés, et de courte durée : c'est là un des petits nombre de faits exceptionnels que j'ai remarqués, dans lequel les premiers chancres acquirent peu de développement, quoique produits par du pus d'ulcères en voie de progrès. Cependant, depuis la quatrième inoculation , ils suivirent la marche ordinaire des chancres artificiels: ils furent larges, douloureux, enflammés, et de plus longue durée que les précédents; les suivants diminuèrent peu à peu d'une manière régulière, jusqu'aux dernières piqûres, qui ne donnèrent plus que de petites pustules.
2° L'application du pus virulent sur des chancres en voie de cicatrisation n'eu modifia nullement la surface et n'empêcha pas leur prompte guérison.
5° Le traitement fut long, pareequ'on ne fit que peu d'inoculations à la fois, et à de longs intervalles.
Gliancres a la vulve. — Syphilisalion. — Guérison.
MARIE F., jeune fille âgée de 22 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne constitution , ayant toujours été bien réglée, excepté depuis ces deux derniers mois ; entrée à l'Hôpital le 20 avril 1851.
Elle porte sur chacun des côtés de l'orifice vaginal, un chancre de la largeur de 6 à 8 millimètres, La maladie date , dit-elle , de 15 jours.
ISS OBSERVATION XVI.
C'est la première fois qu'elle est infectée; en outre, elle est atteinte de la pale.
21. — On commence le traitement de l'affection psorique, et eu même temps les expériences de sypliilisation, en lui faisant cinq inoculations, sur la région hypogastrique: trois à droite avec du pus fourni par ses chancres, et deux à gauche avec du pus d'un chancre artificiel d'une femme soumise à la sypliilisation depuis environ deux mois. Trois jours après, on voit se développer sur ces ^différents points des pustules syphilitiques 'd'égale grandeur.
20 mai. — 11 ne reste plus que les traces de la gale. Les chancres de la vulve, qui étaient restés stationnaires, ont maintenant un bel aspect, et celui du côté gauche est déjà en partie cicatrisé. Les chancres artiliciels au contraire sont encore douloureux , profonds et sécrètent une grande quantité de pus virulent. Leur largeur est de -10 ù 1 1> millimètres: les deux qui sont situés à gauche, et qui ont acquis le plus d'extension, se sont réunis, et n'en forment plus qu'un. Ils sont entourés d'une zone de croûtes jaunâtres, impétigineuses, de la largeur de in 6 millimètres, qui sont le siège d'un prurit intolérable.
On fait avec du pus des ulcères abdominaux trois inoculations le 20, et trois le 22; elles donnent lieux à six chancres.
S juin. — Les chancres vulvaires sont cicatrisés depuis deux ou trois jours; ceux du 21 sont en voie de transformation; les autres sont dans la période dé progrès. On voit en outre, sur la cuisse droite un chancre produit par l'inoculation spontanée du pus des ulcères abdominaux, fous sont environnés de croûtes impétigineuses ; on prescrit quelques bains sulfureux, et l'on fait trois nouvelles piqûres, qui sont suivies de Imis pustules.
Iti. — Les chancres de la première inoculation sont guéris; ceux du 20 et du 22 mai ont de 8 à 12 millimètres de largeur, et ils commencent déjà à se couvrir de quelques bourgeons charnus. Le chancre de la cuisse droite est tout couvert de croûtes, et sécrète beaucoup de pus virulent ; on en prend le 16 pour faire trois piqûres qui sont suivies d'autant de chancres. Le 20 et le 24 on pratique six nouvelles inoculations avec du pus d'autres femmes; elles donnent naissance à si\ pustules.
29. — Neuf chancres de la largeur de 5 à 6 millimètres , sont ouverts et virulents ; quatre sont presque cicatrisés , mais couverts de croûtes.
On fait inutilement quatre piqûres avec du pus pris sur une femme récemment entrée à l'Hôpital. Le 7 juillet on répète l'expérience avec du pus d'un bubon consécutif à un chancre, et que l'on venait d'oii- M'ir; on fait trois piqûres, mais sans plus de résultat que la dernière fois.
9 juillet. — Tous les chancres artificiels sont guéris. On observe sur la face et. sur le cou quelques pustules d'acné sébacé dont quelquesunes ont acquis la grosseur d'un grain de maïs. En les comprimant entre les doigts, on en fait sortir des flocons de matière sébacée, et elles
guérissent ensuite très-rapidement. Cette éruption ne présente aucun des caractères des syphilides : en effet ces pustules ne sont ni précédées, ni accompagnées de la couleur cuivrée caractéristique: lorsqu'on donne issue à la matière qu'elles contiennent, elles guérissent rapidement, sans se reproduire ailleurs sous la même forme, ni sous une autre, et sans laisser de traces apparentes.
On fait deux nouvelles inoculations avec du pus d'une autre femme, et trois le 11 et 27 ; celles du 11 restent infructueuses; les autres donnent lieu à quatre pustules qui s'ulcèrent, mais sans beaucoup s'étendre, et la gnérisim s'obtient dans l'espace de 10 à 14 jours.
15 août. — Quatorze inoculations, et dix-sept le 31, toujours avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes, mais sans aucun effet.
18 septembre. — On a été forcé d'interrompre souvent le traitement, à cause des accès fréquents de fièvre périodique qui venaient en entraver la marche. Malgré l'administration répétée de copieuses doses de sulfate acide de quinine, elle eut un grand nombre de récidives, parce que ces lièvres sont endémiques dans le Syphilicôme surtout, pendant l'été et l'automne.
On fait encore dix piqûres , et l'on obtient quatre pustules, qui étaient guéries le 26, sans s'ulcérer.
21. — Toute la surface du corps est couverte d'un exanthème papuleux larye et irrégulier, d'un rouge vif, accompagné d'un prurit intense et de fièvre; on diagnostique l'urticaire. Dans la matinée du 22, il y eut d'abondants vomissements de matières bilieuses , et vers le soir les papules et les taches de l'urticaire disparurent. Le 25 et le 26 des sueurs abondantes d'une odeur empyreùmàtique sui generis jugèrent définitivement la maladie.
21 octobre. — Tous les symptômes syphilitiques ayant disparu depuis longtemps, la malade devait sortir de l'hôpital déjà sur la fin du mois passe, mais des accès obstinés de fièvre intermittente à type irrégulier, nous obligèrent d'entreprendre un long traitement anti-fébrile. Depuis quelques jours elle est complètement guérie. La menstruation a reparu depuis deux mois, et aujourd'hui on lui permet de sortir de l'Hôpital. Le traitement que l'on fut souvent obligé de suspendre par suite des maladies accidentelles concomitantes, et de l'indocilité du sujet, a duré cinq mois et dixsept jours. On voit sur les régions hypogastriques, ombilicale et hypocondriaques, treize cicatrices de la largeur de 8 à 12 millimètres, une d'un centimètre et plus sur la cuisse droite, une autre à la région bypogastrique gauche, longue de trois centimètres et large d'un et demi, et quelques autres d'une [dus petite dimension.
Un grand nombre des plus larges ont les bords irrégulièrement découpés, parcequ'elles furent environnées de croûtes impétigineuses (I).
(I) Sur la fin du mais de mais passé, une prostituée venant Je Vereeil me raeonla que Marie F. était entrée à l'Hôpital pour une maladie vénérienne. J'écrivis immédiatement an docteur Ariclti, qui In traitait, pour obtenir des renseignements. Il me répondit par une lettre crt date du 27 mars, que la personne dont il s'agit était réellement entrée à l'Hôpital dans le mois île janvier, affectée de d'eux chancres surles côtés de l'orifice \a-
Réflexions.
1° Les chancres des premières inoculations furent vastes, profonds et de longue durée, à cause du long intervalle qui s'écoulait entre les inoculations.
2° Il n'y eut aucune différence pour le développement et la durée, entre les chancres du f.i avril, que l'on avait inoculé en partie avec du pus des chancres volvaires de la malade, et en partie avec du pus des chancres artificiels d'une autre femme déjà en traitement depuis deux mois ; au contraire ceux-ci s'étendirent deux ou trois millimètres plus que les autres.
on Dans cette femme, comme dans quelques autres qui sont atteintes de la gale, on observa que les ulcères étaient environnés de croûtes impétigineuses qui en retardèrent la guérison.
4° Les trois éruptions cutanées qui se manifestèrent dans le cours de la maladie, impétigo, acné et urticaire, ne dépendaient pas de cause syphylilique.
5° Quoique les chancres artificiels n'aient pas été nombreux, cependant, eu égard à leur étendue considérable et à leur longue durée, ils furent suffisants pour produire un certain degré de syphilisation, sinon une syphilisation complète.
Chancres vulvaires, dont un induré. — Syphilisation. — Guérison.
MARIE G., âgée de 16 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne constitution, non encore réglée, reçue dans l'Hôpital le 9 avril 1851.
Elle est affectée d'un chancre induré, large de 12 millim., situé sur le côté droit de l'orifice vaginal, et de deux autres plus petits sur le clitoris.
Elle dit être infectée pour la première fois et depuis huit jours. Elle n"a fait jusqu'ici aucun traitement.
1i avril.— Ou lui fait deux inoculations avec du pus d'une autre femme, pareeque l'on craint que celui que fournissent ses chancres ne soit pas virulent pour le moment, car on les a cautérisés hier avec le nitrate d'argent. Le 18 on voyait deux grosses pustules.
29. — Le chancre vulvaire, qui n'a plus été pansé depuis que l'on a commencé les inoculations, est déjà en partie cicatrisé. Les deux autres qui sont situés sur le clitoris sont complètement guéris. Les chancres artificiels au contraire sont encore en voie de progrès, et ont un centimètre de largeur.
ginal, que les ayant laissés 10 ou t2 jours Eans autre traitement que des lotions d'eau tiède, et voyant qu'ils n'avaient ancun tendance à se cicatriser, on eut recours aux prépa. rations mercurielles à l'intérieur, que le 40 mars elle était sortie parfaitement guérie, et qn'eicepté l'infection primitive, la santé de Marie F. était excellente.
OBSERVATION XVH. 161
On fait deux inoculations avec le pus de son chancre vulvaire qui est en voie de cicatrisation , mais elles sont infructueuses. Quatre autres pratiquées le premier mai avec du pus d'une autre femme, donnent lieu à quatre chancres.
26 mai. — 11 se déclare une entérite accompagnée d'une diarrhée abondante: — diète, hoissons acidulés. Les deux chancres de la première inoculation se sont réunis en un seul qui a plus d'un centimètre de large, sur deux de long. H est granuleux, et commence à se rétrécir. Les quatre chancres de l'inoculation du 1"' mai sont virulents: deux ont près d'un centimètre, et les deux autres ont 6 millim. Ils sont encore en voie de progrès et enflammés. Le chancre vulvaire est cicatrisé, mais l'induration persiste toujours.
Trois inoculations renouvelées le 51 mai et le 3 juin avec du pus de ses chancres artificiels: huit pustules.
16 juin. — 11 reste encore huit chancres larges de 5 à 8 millimètres.
La malade accuse de temps en temps des douleurs intestinales, et se plaint de diarrhée: c'est pour ce motif qu'on laisse de longs intervalles entre les diverses inoculations.
Deux piqûres, et quatre le 20, donnent lieu à six chancres. Le 23 on inocule du muôo-pus hlennorrliagique d'un autre sujet, chez lequel on soupçonne la présence d'un chancre endo-urétral ; mais on n'obtient aucun résultat.
26 juillet. — La réapparition de l'entérite nous obligea de suspendre de nouveau les inoculations. Tous les chancres artificiels sont guéris depuis quelques jours. Ceux des dernières inoculations furent petits, et ne dépassèrent pas 5 millimètres.
Trois inoculations avec du pus pris sur un chancre d'une femme récemment entrée à l'Hôpital ; le 2'J on voit deux pustules. On répète l'expérience le i août, en en faisant quatre autres avec du pus d'une femme soumise depuis peu à la syphilisation ; on n'obtient aucun résultat.
15 avril. — L'induration de la cicatrice du chancre vulvaire est réduite à peu de chose.
Les deux chancres de l'inoculation du 2G juillet sont couverts d'une croûte, sous laquelle on voit déjà la cicatrice.
Cinq piqûres, autant le 21 : neuf petits chancres. Dix autres piqûres le 1er septembre : dix petits chancres.
20 septembre. — L'expérience a été suspendue à cause de l'apparition de la fièvre périodique, pour laquelle on fit prendre à la malade le sulfate de quinine à la dose de 5 décigr. pendant trois jours consécutifs.
Il reste sept chancres produits par la dernière inoculation. Tous cependant sont en voie de cicatrisation.
Quatorze piqûres, cinq le 24 et le 29: dix-neuf petites pustules, dont quelques-unes s'ulcèrent, s'étendent 2 ou 5 mill., et durent de 7 à 10 jours.
5 octobre.— Quatre inoculations avec du pus virulent, pris sur des chancres d'une femme récemment entrée ù l'Hôpital, ne produisent aucun effet.
20. — La fille G. sort de l'Hôpital ; sa santé est excellente. L'induration laissée par le chancre vulvaire a complètement disparu. Les inoculations
ont presque toutes été faites sur les régions supérieures de l'aliilomen; elles n'ont pas laissé de larges cicatrices, à l'exception de quatre qui ont à pei": un centimètre et demi. L'expérience dura environ six mois, mais elle fut souvent interrompue par une entérite qui récidiva plusieurs fois, à cause de l'obstination de la malade à ne vouloir pas se soumettre ù des précautions diététiques.
Elle prit huit bains sulfureux pendant les mois d'août et de septembre.
Le 21 novembre elle se présente de nouveau dans le Syphilicôme: la menstruation vient de se manifester pour la première fois; on voit à la fosse naviculaire un ulcère de 2 millim. d'une couleur jaunâtre et d'un aspect douteux. On le cautérise par inadvertence avec le nitrate d'argent.
23.— L'escarre produite par la cautérisation du 21 était tombée. L'ulcère présente le même aspect qu'il y a trois jours.
On fait trois inoculations avec du pus qu'il sécrète, sur une femme non syphilisée: mais on n'obtient aucun résultai.
Le 27, on cautérise légèrement avec le nitrate d'argent cette petite ulcération , qui prend à la vérité un bel aspect, mais qui ne manifeste aucune tendance à se cicatriser.
Le 2 décembre elle n'était pas encore parfaitement guérie: nouvelle cautérisation.
Il se manifesta dans cet intervalle deux accès de fièvre, dont le spécifique triompha.
Le 14 décembre elle sort de l'Hôpital : l'ulcération de la fosse naviculaire est guérie depuis quelques jours.
Je suis réellement fâché que la cautérisation faite par inadvertence avant l'inoculation laisse un doute sur la nature véritable de cette légère ulcération vulvaire. La santé de cette fille est excellente; il ne s'est manifesté jusqu'ici aucun symptôme d'infection générale.
Elle rentre une deuxième fois à l'Hôpital le 10 juin 1852: elle est affectée de la t'aie, elle a en outre une excoriation très-superficielle, rose, irrégulière, large de 2 millim,, située sur le bord de l'orifice vaginal, au delà de la fosse naviculaire.
Il fut impossible de recueillir sur la surface ulcérée une quantité de pus suffisante pour faire une inoculation. On se contenta, pour tout pansement, d'y appliquer des plumasseaux de charpie trempés dans l'eau froide: le 2y l'excoriation était cicatrisée.
Le. 28 juin elle était guérie de la gale ; on lui permit de sortir. Sa santé est excellente, et jusqu'à présent il ne s'est manifesté aucun symptôme de syphilis constitutionnelle.
On l'examina de nouveau vers la moitié du mois d'août : sa santé ne laissait rien à désirer.
RéGexîons.
1° A mesure que l'on avança dans la syphilisation , l'induration du chancre vulvaire et de la cicatrice qu'il laissa après lui, se dissipèrent complètement.
2° L'entérite qui vint pendant longtemps compliquer le traitement sy-
philisant, ne fit à la vérité passer à l'état gangreneux aucun des chancres artificiels; mais elle fut cause que de temps en temps il se manifesta chez eux une grande inflammation, une certaine tendance au phagédénisme, et que quelques-uns s'étendirent beaucoup en largeur et en profondeur.
Chancres ano vulvaires vastes et anciens. — Gale suivie d'impétigo. — Traitement sulfureux. — Syphilisation. — Guèrison.
MAGDELEINE S., âgée de 20 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne constitution, babitus herpétique, menstruation régulière, — entrée au Syphilicôme le 6 avril 1851.
Elle porte plusieurs chancres: un à la fosse naviculaire, de la largeur d'environ un centimètre, un large de 20 a 25 millim., sur chacun des côtés de l'orifice vaginal, et un autre enfin à l'anus : tous sont un peu indurés. Elle est en outre atteinte de la gale. Elle a élé traitée déjà deux fois dans le Syphilicôme en 1850, et en 1850-51 pour des chancres vulvaires. La seconde fois qu'elle y entra, comme les chancres qu'elle portait étaient larges et indurés, on lui administra le protoiodure de mercure, dont elle prit 3 grammes, 55 ; cependant elle n'a jamais eu aucun Symptôme d'infection constitutionnelle.
Maintenant il y a environ deux mois qu'elle est malade, et elle n'a fait encore aucun traitement général, ni local.
7 avril. — On commence le traitement de la gale par la pommade alcalino-sulfurcuse, et l'on fait les trois premières inoculations avec du pus pris sur les chancres vulvaires.
9. — On voit deux pustules qui commencent à se développer. — Le 1 i, nouvelle inoculation avec du pus de ses chancres artificiels, suivie d'une pustule syphilitique.
17. — Deux nouvelles inoculations avec le pus du chancre produit par celli' (lu 14, et trois le 21 et le 28, toujours avec du pus pris sur les chancres abdominaux de la malade : il en résulte tout autant de pustules.
1" mai. — Toutes les vésicules de la gale ont disparu ; on cesse conséqueinmeut les frictions avec l'onguent antipsorique, mais on continue à lui faire prendre de temps en temps des bains sulfureux.
Les chancres artificiels sont bien développés, et plutôt douloureux ; en outre les plus anciens sont entourés d'une zone de croûtes impétigineuses, ce qui les fait paraître [dus larges qu'ils ne le sont réellement. Trois d'entr'eux sont limités, et ont un centimètre de largeur, les autres sont encore en voie de progrès.
Les chancres de la vulve et de l'anus se sont un peu améliorés, et ont perdu l'aspect virulent. On n'a fait aucun traitement local.
Trois nom elles inoculations avec du pus d'une autre femme soumise aussi à la syphilisation, répétées le 8, et deux le 12 et le 18.
On obtient neuf pustules syphilitiques.
16'* OnSERV\TION XVIII.
29. — Il reste encore onze chancres artificiels ; de ce nombre , sept sont près de se cicatriser. Deux de l'inoculation du 21 avril se sont réunis en un seul, et ont laissé une cicatrice oblongue et très-apparente. Les chancres des trois dernières inoculations ont de 4 à 7 millim. d'étendue.
Ceux de la vulve diminuent de largeur , et celui de l'anus n'est plus qu'une simple fissure. A dater de ce jour, on les cautérise de temps en temps avec le nitrate d'argent pour hâter leur cicatrisation.
Trois piqûres, suivies d'une, seule pustule; on les répète le 4 et le 7 juin : elles donnent lieu à six pustules.
SOj'utn. — Six chancres artificiels fournissent encore du pus, mais ils sont en même temps couverts et environnés de croûtes impétigineuses. On remarque aussi quelques pustules d'impétigo sur les joues et sur le menton ; elles ne présentent cependant pas les caractères des syphilides. Elles occasionnent un prurit très-vif, ainsi que celles qui existent autour des chancres artificiels.
On prescrit des bains sulfureux et le soufre à petites doses à l'intérieur. On fait trois inoculations avec le pus de ses chancres artificiels: il en résulte deux petites pustules. On répète les piqûres le 24 sur trois autres points, mais sans résultat.
W juin. — 11 reste encore quatre petits chancres, de la largeur de i k S millimètres.
Le chancre de la fosse naviculaire est cicatrisé depuis quelques jours, et les deux qui occupent les eûtes de l'orifice ano-vulvaire sont à moitié guéris.
Cim] inocvdations, et deux le 7 avec du pus de ses chancres artificiels: — les premières donnent cinq petites pustules, qui durèrent 8 ou 10 jours, les autres deux petites pustules abortives, qui étaient desséchées le quatrième jour après l'inoculation.
51 juillet. — Depuis longtemps tous les chancres artificiels sont cicatrisés, à l'exception de trois qui sont fongueux et couverts de croûtes impétigineuses ; ceux de la vulve sont presque guéris.
L'impétigo de la face s'est améliorée par l'usage des bains sulfureux et du soufre à l'intérieur. Dans le but d'activer la guérison, on prescrit des lotions locales avec une solution de. sulfure de potassium.
Neuf inoculations, et quatre le i août, avec du pus pris sur une femme soumise depuis peu de temps à la syphilisation; — on obtient douze pustules, qui s'ulcèrent et durent 12 à 14 jours; en outre, le même jour et les quatre jours suivants, on applique du pus virulent sur les trois chancres qu'on observe encore sur l'abdomen, et qui sont près de se cicatriser, sans que la guérison en soit retardée.
31 août. — Les chancres de la vulve sont cicatrisés, et toutes les indurations ont disparu.
L'impétigo continue à marcher vers le mieux , surtout à la face ; mais depuis quelques jours on a été obligé de suspendre l'usage des bains et du soufre à l'intérieur, à cause de l'apparition de quelques accès de fièvre périodique et de symptômes d'irritation gastrique. Douze piqûres suivies de six chancres.
20 septembre. — On recommence l'usage des préparations de soufre.
Dix piqûres, et cinq le 2i ■ il en résulte treize petits chancres ; ils se couvrent de nouveaux de croûtes impétigineuses qui en retardent de beaucoup la guérison.
5 octobre. — On voit encore sur l'abdomen six chancres couverts de croûtes.
Quatre piqûres, six le 13 et sept le 20 : on obtient quatorze petites pustules, qui guérissent sans s'ouvrir, dans l'intervalle de six à neuf jours.
30. — On voit encore sur la face quelques taches rougeàtres, derniers restes des croûtes impétigineuses. Les pustules des dernières inoculations guérirent sans être compliquées de l'exanthème habituel. On continue cependant l'usage de préparations sulfureuses.
Six nouvelles inoculations avec du pus pris sur une autre femme en voie de syphilisation depuis un mois.
4 novembre. — -On voit six pustules qui, quoique petites, sont assez douloureuses.
7. — Quatre s'étaient ulcérées, et restèrent dans cet état sans être environnées de croûtes, jusqu'au 16, où elles étaient toutes guéries ; leur étendue ne dépassa pas 3 millimètres.
4 novembre. — Sept piqûres, et dix le 13 avec du pus qui, inoculé le mêine jour sur une autre femme, donna lieu à des chancres bien développés, restèrent sans effet sur la malade qui nous occupe.
19. — Magdelcine S. sort de l'Hôpital : sa santé est bonne. Cependant la menstruation ne s'est pas manifestée depuis le mois d'avril. L'impétigo ne s'est pas reproduite, et à peine les joues en laissent-elles encore voir quelques taches qui se décolorent tous les jours. Elle est dans l'Hôpital depuis 7 mois et )3 jours , et on a commencé l'expérience le lendemain de son entrée. On fut obligé de l'interrompre pendant longtemps, par suite de la négligence et de la mauvaise volonté du sujet.
Pour le traitement de l'affection cutanée non spécifique, outre les trente bains sulfureux qu'on lui fit prendre, on lui prescrivit encore 120 grammes de sulfure de potassium en lotions sur la face, et 90 grammes de fleurs de soufre à l'intérieur.
On voit sur l'abdomen dix cicatrices de la largeur d'environ un centimètre, et une a la région iliaque gauche de la longueur de 4 centimètres, et de la largeur de 2 environ. Les unes et les autres ont les bords irréguliers à cause des croûtes impétigineuses qui ont environné les chancres. 11 y en a d'autres plus petites et moins apparentes.
Elle rentre à l'Hôpital le S avril 1852.
Sa santé est excellente. Aucun symptôme d'infection constitutionnelle. Elle a une fissure longitudinale de la longueur de 10 à 12 millimètres, et de la largeur de 2 à la fosse naviculaire. En outre, on voit sur les côtés du canal de l'urètre qui est volumineux et procident, deux autres fissures qui se prolongent sur une longueur de plus d'un centimètre dans le vagin, et qui ont de 5 à 4 millimètres de largeur.
Toutes ces ulcérations sont superficielles, mais elles offrent des caractères douteux, Pour arriver à un diagnostic juste, on inocule en trois points
le pus qu'elles sécrètent, sur une femme que l'on croit n'être pas syphilisée (Obs. xxx). 11 en résulte une pustule dont on attendit inutilement l'ulcération pour pouvoir en préciser la nature, carie quatrième jour elle était déjà desséchée.
On doit remarquer cependant que l'on reconnut ensuite l'inutilité d'autres inoculations faites avec du pus d'une virulence certaine sur la même femme a laquelle on inocula celui de la fille S.
L'insensibilité singulière de cette femme à l'action du virus après le petit nombre de chancres artificiels que l'on put obtenir sur elle, laisse ud doute sur la véritable nature de l'ulcéralion vulvaire, pour laquelle la fille S. est rentrée à l'Hôpital.
13. — Da lissure de la fosse naviculaire était presque guérie, mais les deux autres situées sur les côtés de l'urètre persistaient encore, sans être cependant douloureuses; aussi depuis ce jour on les cautérisa légèrement de temps en temps.
10 juin. -Les fissures vulvo-vaginales étaient cicatrisées; la guérison fut lente malgré tous les moyens que l'on employa.