Quatre piqûres sur l'abdomen, sans résultat
26. — Deux piqûres sur les côtés de l'urètre, et trois sur la face interne de la nymphe droite. On applique du pus virulent sur la petite plaie faite à la muqueuse vaginale, aussitôt que la légère hémorrhagie cesse ; mais toutes furent sans résultat.
30. — Depuis quelques jours on cautérise de temps en temps le chancre vaginal avec le nitrate acide de mercure, et l'on s'aperçoit qu'il s'est déjù un peu amélioré.
Quatre inoculations avec du pus de chancres artificiels d'une autre femme, sans aucun résultat. On répète l'expérience le 8 juillet avec du pus de chancres artificiels: il en résulte deux petites pustules ahortives.
13 juillet. — Trois inoculations, autant le 17, avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes, et cinq le 25 avec du pus d'un bubon virulent : il ne se développe que quelques pustules ahortives, qui guérissent dans l'espace de S à 7 jours.
27. — Depuis ce jour, jusqu'au 2 août, on fait en trois fois huit inoculations avec du pus de chancres artificiels d'autres malades, sans obtenir aucun résultat. En outre, le 50, on applique sur la surface du chancre vaginal une grande quantité de pus d'une virulence éprouvée, mais il ne changea nullement d'aspect.
6 août. — Il parait que depuis quelque temps les cautérisations répétées avec le nitrate d'argent et le nitrate acide de mercure, qui avaient donné de bons résultats dans le commencement, sont devenues complètement infructueuses. Le chancre vaginal est stationnaire , quoique la belle apparence qu'il a, et l'absence d'induration paraissent devoir pro-
mettre une guérisou rapide. On croit utile d'abandonner les cautérisations pour essayer l'effet des substances astringentes: en conséquence on applique pendant longtemps, sur la surface ulcérée, des plumasseaux de charpie enduits de cérat uni au sulfate de zinc.
28. — L'usage de cet onguent ne produit aucune amélioration sur le chancre vaginal ; on l'abandonne.
Dix piqûres sur l'abdomen : aucun résultat.
28 Septembre. —La menstruation manque depuis quatre mois: à l'époque critique il se manifesta toujours des désordres tantôt, dans un viscère, tantôt dans un autre , et même dans tout un appareil ou un système. Maintenant elle se plaint depuis quelques jours de céphalalgie et de douleurs utérines. — Purgatifs oléagineux, et ensuite deux saignées: — grand soulagement.
Le chancre vaginal est toujours stationnaire : on le cautérise de temps en temps.
17 ocluhre. — Céphalalgie: on lui fait deux autres saignées. L'aménorrhée persiste.
On observe un peu d'amélioration dans le chancre vaginal, qui a diminué.
20 novembre. — On a prescrit ces jours passés le seigle ergoté et le sous-carbonate de fer à continuer pendant longtemps. Le llux menstruel a eu lieu, mais en petite quantité, et n'a duré qu'un jour. La santé du sujet est lionne. La cicatrisation du chancre continue , mais très-lentement.
L'insuccès, ou le peu d'effet que l'on obtenait des inoculations pendant les mois de juin, juillet et août me les firent abandonner jusqu'à présent. Désirant m'assurer si l'organisme continue à être presque insensible à l'action du virus, je lui fais aujourd'hui dix piqûres, huit le 27 , et neuf le i décembre , avec du pus de chancres vulvo-crurau\ récents et indurés d'une autre femme. Il en résulte vingt-quatre pustules.
10 décembre. — Les pustules de l'inoculation du 4 de ce mois ne se sont pns encore ouvertes; celles du 20 novembre se sont ulcérées, et les chancres qui leur ont succédé, ont maintenant 2 ou 5 millim. , et sont déjà en voie de cicatrisation. En effet , on inocule aujourd'hui, en douze points, le pus qu'ils sécrètent, mais sans résultat.
20. — Les chancres de l'inoculation du 20 novembre sont guéris depuis sept jours; ceux du 4 décembre, depuis trois jours : ils n'ont pas eu plus d'un millim. ou deux.
Douze inoculations avec du pus d'un bubon ulcéré, et huit avec du pus des mêmes chancres qui ont déjà fourni celui des inoculations du 20 novembre et du A décembre: il n'en résulte que quelques petites pustules, qui se desséchent dans l'espace de S à 7 jours.
1852, 2 janvier. — La cicatrisation du chancre vaginal marche toujours très-lentement.
Vingt inoculations, partie aujourd'hui, partie le 0 : la seconde fois avec du pus de chancres artificiels récents et bien développés d'une femme sur laquelle on n'a encore fait que quelques inoculations; toutes restent infructueuses,
24 juillet. — Dans l'espace de six mois et demi, ou n'a obtenu que la cicatrisation de la moitié du chancre vaginal, qui a maitenant une forme irrégulièrement oblongue. Il occupe une portion de la paroi postérieure du vagin, sur la largeur d'environ 14millim., et la longueur de 20. On l'a traité longtemps par la teinture alcoolique d'iode ; de temps en temps on le cautérisait avec le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure, et depuis deux mois, avec une solution caustique de chlorure de zinc. En outre, dans le mois de mars on a excisé les bords de l'ulcère, pareequ'ils étaient un peu calleux, ce qui aurait pu nuire aux progrés de la cicatrisation.
L'état général se maintient excellent. Depuis le mois de novembre la menstruation est régulière , mais peu abondante. Vers le milieu de ce mois, à la suite de quelques embarras gastriques, il se manifesta sur la cuisse droite trois furoncles , qui parcoururent leurs périodes , et qui sont maintenant guéris. On lui inocula sur la cuisse le pus qu'ils sécrétaient, mais inutilement.
22 octobre. — Cette femme n'a rien offert de particulier jusqu'à ce jour. Sa santé est bonne ; la menstruation, régulière et plus abondante.
Le chancre vaginal a encore la surface d'un centimètre, mais depuis quelque temps il parait se cicatriser plus rapidement.
31 décembre. — Le chancre vaginal qui paraissait vouloir marcher plus rapidement vers la guérison, devint de nouveau un peu stationnaire. Malgré un grand nombre de cautérisations, tantôt avec un caustique , tantôt avec un autre, il est encore large de 4 millim. sur 7 de longueur. Cependant il se couvre de granulations, et parait près d'être totalement cicatrisé.
Le cours de la syphilisation dura environ sept mois, et fut interrompu pendant longtemps et suspendu pendant trois mois. Tous les chancres artificiels furent petits et de peu de durée; aussi les cicatrices sont elles peu visibles.
L'état général s'est toujours maintenu bon ; la menstruation est régulière. 11 ne s'est jamais manifesté de symptômes d'infection constitutionnelle.
Réflexions.
1° La syphilisation ne modifia pas plus le vaste chancre vaginal que les traitements antérieurs. Le temps et les cautérisations répétées le firent cicatriser, mais avec une lenteur extraordinaire.
2' On ne put faire naître chez cette femme qu'un petit nombre de Chancres artificiels peu étendus, pareeque les vastes chancres vulvo-vaginaux, qu'elle avait contractés antérieurement, avaient déjà produit chez elle un degré remarquable de syphilisation.
3" Pendant les mois de mai et juin 1851, les inoculations ne donnèrent lieu qu'a un petit nombre de chancres artificiels peu étendus; celles des mois d'août et de septembre ne furent suivies d'aucun résultat. Après trois mois de repos les inoculations avec du pus de chancres vuhaires récents et bien développés, que l'on fit dans le mois de novembre et de
décembre, lurent de nouveau suivies de pustules caractéristiques. Il nie parait que l'on doit nécessairement en conclure que l'immunité produite par les premiers chancres ne s'était pas maintenue. Cependant il faut observer que tous les chancres artificiels que l'on put obtenir dans ces deux derniers mois, furent petits et de peu de durée.
4° L'application du pus virulent sur le chancre vaginal ne lui lit nullement prendre l'aspect et les caractères d'un ulcère virulent.
OHSERVATION XXXIII.
Bubons virulent*, probablement primitifs. — Syphilisation incomplète. — Ouérison. — Apparition de tubercules muqueux ano-vulvaires trois mois environ apris la dernière inoculation. — Nouvelles piqûres — Guérison. — Nouvelle ulcération d'un aspect douteux. - Guérison sans traitement antisyphilitique.
JEANNE C âgée de 17 ans, tempérament sanguin-lymphatique, excellente constitution, bien réglée entrée à l'Hôpital le 20 avril 1851.
Elle est affectée de deux bubons virulents ouverts il y a vingt jours par la main d'un chirurgien. L'un est situé à l'aine droit, il est profond, ulcéré sur la longueur de 7 centim. environ, et large de 3 à 4; l'autre, au côté gauche du pubis, a environ 5 centim. de large. L'examen des parties génitales ne fait voir aucune cicatrice de chancres, et cette fille assure n'avoir jamais eu d'infection antérieure ; elle est malade depuis 5 mois, et n'a fait jusqu'à présent aucun traitement antisyphilitique.
21 avril. — On commence l'expérience en lui faisant des inoculations avec le pus de ses bubons : il en résulte deux pustules. On en fait une nouvelle le 29 avec le même pus: on obtient une nouvelle pustule.
1« mat. — Trois inoculations avec le pus de ses chancres artificiels, trois pustules.
8. — Hier il y eut fièvre et douleur gravative à la tète : — tartre stibié pendant deux jours consécutifs. Les chancres artificiels sont très-en flammés et tris-douloureux; les bubons sont environnés d'une zone érysipélateuse et très-douloureux.
10. — Les chancres artificiels ont l'aspect phagédénique, et sont couverts d'une couche de substance pultacée d'un gris jaunâtre. Les bubons n'ont pas changé d'aspect, mais ils se sont étendus en largeur et en profondeur. La fièvre continue : - boissons acidulés, deux saignées, que l'on répète le lendemain.
12. — Les deux chancres de l'inoculation du 21 avril se sont réunis en un seul , ainsi que les trois pustules , qui se sont développées à la suite de celle du 1er de ce mois. Cependant ils sont tous moins enflammés, et ils commencent à se déterger dans le centre. Amélioration générale.
17. — Le 13, il se manifesta un accès de fièvre intermittente. Le 1C on
OBSERVATION XXMlI. 255
prescrivit le spécifique, après lui avoir administré un purgatif ; mais il ne put triompher de la fièvre; elle réparait aujourd'hui. Les chancres artificiels et les bubons qui avaient déjà subi une grande amélioration reprennent un aspect sale, et se font de nouveau douloureux. On prescrit une nouvelle dose assez forte de quinine.
26. — Depuis huit jours il y a amélioration des symptômes généraux et locaux. Les chancres sont couverts de bourgeons charnus. Ils ont 12 à 15 millimélr. chacun. Mais quelques uns s'étanl réunis ont maintenant une forme oblongue. L'ulcère ganglionnaire inguinal a plus de 8 centim. de long, sur 5 et demi de large, celui du pubis a 4 centimètres.
Trois piqûres à droite, autant le 30 et le 5 juin : on obtient neuf pustules.
7 juin. — Trois piqûres, autant le 12, toutes sans résultat ; au contraire, trois le 10 et deux le 20 donnent lieu à cinq pustules.
7 juillet. — Le 20 du mois passé les chancres qui étaient devenus phagédéniques, étaient tous cicatrisés. 11 y a maintenant onze chancres larges de 6 à 14 millim. Ceux qui se sont développés à la suite des piqûres du 26, du 30 mai, et du 3 juin sont granuleux et indolents ; au contraire, les cinq qu'ont produit les deux dernières inoculations sont encore virulents. On peut observer dans ces chancres la diminution habituelle en largeur. Le bubon inguinal s'est beaucoup amélioré: sa hase se relève, et la cicatrisation commence, surtout vers l'angle supérieur. L'amélioration est encore plus manifeste dans celui du pubis, dont le bel aspect laisse espérer qu'il sera bientôt guéri.
Deux inoculations avec du pus d'un bubon ouvert récemment, et d'une nature douteuse; elles restent sans effet sur cette femme, comme sur un grand nombre d'autres sur qui on avait inoculé le même pus.
26. — On fait dix-sept inoculations entre aujourd'hui et les 27, 29, 50 et 31 de ce mois: il en résulte douze pustules. En outre, le 50 on applique une bonne dose du même pus, qui a donné lieu à des pustules caractéristiques, sur un des deux seuls chancres artificiels qui ne sont pas encore entièrement cicatrisés ; mais la guérison n'en est pas retardée.
11 août. — Le bubon pubien est guéri depuis quelques jours. Celui de l'aine présente un bel aspect, et il est en grande partie cicatrisé. Le pus qu'il sécrète n'est plus virulent; en effet, on l'inocule en dix points sur la malade , mais sans succès. 11 ne reste plus que les chancres que l'on a inoculés sur la fin du mois passé, et ils sont tous petits (2 ou 5 millimètres).
1 i. — Depuis ce jour, jusqu'au 50 de ce mois , on fait en cinq fois trente piqûres. 11 en résulte vingt-cinq pustules, dont quelques unes guérissent sans s'ouvrir, dans l'espace de 10 à 12 jours, les autres s'ulcèrent, et durent plus longtemps; elles ne s'étendent pas cependant plus de 3 à S millim., et n'occasionnent pas de douleurs.
20 septembre. — Le bubon inguinal est complètement cicatrisé, ainsi que tous les chancres artificiels, à l'exception de cinq produits par la dernière inoculation, qui sont cependant près de guérir; ils ont environ -4 millimètres.
Quinze piqûres suivies d'autant de petites pustules; cinq le 2-i et sept le
25Ï OBSERVATION xxxur.
26 donnent le même résultat. Toutes se desséchent dans l'espace de 8 à 12 jours, plusieurs sans même s'ouvrir.
29. — Quatre piqûres; le 2 octobre on voit quatre pustules qui sont déjà desséchées le 12. Deux autres piqûres le 5 octobre; sans aucun résultat.
50 octobre. - La fille C. sort de l'Hôpital. Sa santé ne pourrait être meilleure. Le traitement s'est achevé sans aucune complication, excepté la maladie de peu de durée qu'elle fit dans le mois de mai. 11 dura cinq mois et demi, et fut quelquefois interrompu pendant longtemps à cause de l'indocilité de la malade. La s\philisation n'a pas été portée jusqu'à l'immunité, mais le nombre des chancres artificiels que l'on obtint, la longue durée et la vaste extension des chancres ganglionnaires, permettent de supposer qu'une quantité considérable de virus a été absorbée. On voit trois cicatrices déprimées, dont deux de forme oblongue , laissées par les .chancres phagédéniques, et plusieurs autres superficielles de 6 à 10 mil- Jim. Toutes commencent à perdre la couleur brune qu'elles avaient au moment de la guérison des chancres. Elle a pris, pendant les deux derniers mois, livizc bains sulfureux. Elle n'a aucun symptôme de syphilis secondaire, quoiqu'il se soit écoulé G mois et 10 jours depuis son entrée dans l'établissement, et 9 mois environ depuis l'époque de l'infection.
Elle rentre à l'Hôpital le 12 février 1852, pour des tubercules muqueux à la vulve et surtout à l'anus. Du reste sa santé est excellente et la menstruation se manifeste précisément dans ce moment.
Lorsqu'elle sortit de l'établissement, le 50 octobre 1851, elle fut immédiatement envoyée au Don Pasteur ; elle n'a eu conséquemment aucun rapport sexuel.
La maladie a commencé à se manifester il y a un mois, il s'est ainsi écoulé trois mois depuis la dernière inoculation infructueuse, jusqu'à l'apparition des tubercules muqueux.
La malade ne s'oppose pas u ce que l'on tente de nouveau les inoculations: on commence donc aussitôt l'expérience, car on désire vivement continuer la syphilisation jusqu'à ce qu'on ait obtenu chez elle l'immunité parfaite, afin de voir quels effets elle produira sur le cours actuel et à venir de cette infection générale. Pour abréger le cours de ce traitement, on fait les inoculations à des intervalles très-courts, et en grand nombre chaque fois.
15 février.— Sept inoculations avec du pus de chancres artificiels récents et bien développés d'une fille à qui l'on n'a fait encore que peu de piqûres: on obtient sept chancres qui s'étendent de 5 à 7 uiillim. , et se cicatrisent dans l'espace de vingt-cinq jours.
17. — Six inoculations avec du pus de chancres récents et d'une virulence éprouvée, mais qui est mêlé à de l'onguent réfrigérant: une seule petite pustule abortive. Vingt autres inoculations le 20 avec du pus de ses chancres, donnent lieu à douze pustules qui guérissent dans l'espace de 22 à 25 jours, après s'être étendnes de i à S millimètres.
27. — Quatre inoculations avec du pus d'une nature douteuse pris sur une femme récemment entrée: aucun résultat.
l'r mors. — Vingt-une piqûres, sept le 2, et quatorze le 4; les deux premières fois on se servit du pus de ses chancres, et la dernière, du pus d'un chancre volvaire induré, récent, dont est affectée une autre femme. Douze pustules suivent les inoculations du 1* et du 2, et douze celles du A.
10. — Les tubercules muqueux se sont déjà beaucoup affaissés, et quelques uns spécialement de ceux, qui sont situés à la vulve, ont disparu complètement. Aucun traitement local.
Trois inoculations avec du pus d'une solution de continuité récente existant à la vulve chez une autre femme, et que l'on reconnut ensuite pour être une simple déchirure: aucun résultat.
14. — Quarante inoculations avec du pus de ses chancres: 26 pustules.
22. — Il y a trois jours que les tubercules muqueux de la vulve et de l'anus ont disparu; c'est à peine s'il en reste encore des traces autour de l'anus.
Outre les pustules qui se sont développées à la suite de la dernière inoculation, il reste encore les chancres produits par celles du 4, mais ils sont en voie de cicatrisation, et n'ont que 2 à n millim. Tous les autres sont desséchés.
Dix inoculations avec du muco-pus recueilli sur le méat urinaire d'une malade que l'on soupçonnait ètreallèetéed'un chancre endo-urétral: aucun résultat. Quinze autres piqûres le 21 restent sans résultat, parceque le pus que l'on inocula était mêlé à de l'onguent réfrigérant.
27. — Il reste encore 12 a 18 petits ulcères de la largeur de 2 millim. au plus, produits par l'inoculation du 14 de ce mois, mais ils sont en voie de cicatrisation, et presque desséchés.
Cinq inoculations avec du pus d'une autre femme : quatre pustules. Trois le 3 avril : autant de pustules. Elles durent environ 8 à 10 jours, et la plupart se dessèchent sans s'ouvrir.
B avril. — Six inoculations avec du pus d'un chancre récent et bien développé: trois pustules abortives, desséchées le 12.
10. — Il ne se développa plus de tubercules ni d'autres symptômes d'infection générale. La santé de cette femme ne peut être meilleure. On lui permet de sortir de l'Hôpital, et elle va dans une maison de tolérance.
Elle rentre de nouveau à l'Hôpital le 21 mai 1852, avec une solution de continuité au côté gauche de l'orifice vaginal, de la largeur d'environ 8 millim., et qui offre les caractères du chancre. En outre, il y a un engorgement douloureux des glandes inguinales gauches.
"21. — On fait sur une autre femme non syphilisée trois inoculations avec du pus de cette ulcération dans le but d'en connaître la nature: on n'obtient aucun résultat.
On voulait répéter de nouveau cette expérience , lorsque sur la fin de mai il se manifesta chez cette femme une lièvre intense accompagnée d'une grave céphalalgie continue, qui nécessita trois saignées, outre l'emploi réitéré des émeto-eathartiqucs. Vers la moitié de juin on examina de nouveau le chancre vulvaire, on le trouva réduit à peu de chose, et couvert de four-
geons charnus, en sorle que l'on jugea inutile d'inoculer sur un autre femme le pus qu'il sécrétait. La douleur des glandes lymphatiques avait disparu, niais il y restait encore un peu d'engorgement.
La cicatrisation de cet ulcère marcha lentement, et ce ne fut rpie le 4 juillet qu'on le trouva cicatrisé. Pendant les premiers jours, on ne fil aucun traitement local; ce ne fut que sur la fin de juin que, dans le but d'en activer la cicatrisation, on en toucha légèrement la surface avec un pinceau trempé dans une solution de chlorure de zinc.
Le 12 juillet elle sort de l'Établissement. Pendant ces derniers jours, on cautérisa de temps en temps quelques granulations du col utérin qui entretenaient une leucorrhée à laquelle cette femme est sujette.
Elle rentre de nouveau le 20 août affectée de la gale ; elle n'a aucun symptôme syphilitique primitif, ni secondaire, et l'état de sa santé est excellent.
L'engorgement chronique et indolent d'une ou deux glandes inguinales gauches persiste encore; je propose à la malade d'y appliquer un vésicatoire , dans l'espoir de faire disparaître ce symptôme. En même temps on traite la gale par l'onguent sulfureux.
Le résultat ne correspondit pas à mes espérances. Au lieu de se résoudre, les glandes, la peau et le tissu cellulaire sous-cutané s'enflammèrent, devinrent douloureux, et après quelques jours d'une fièvre intense qui nous obligea à faire trois saignées, on fut obligé, le 17 septembre, d'ouvrir l'abcès inguinal. Le premier jour il en sortit du sérum purulent mêlé à de la substance ganglionnaire décomposée; les jours suivants, du sérum purulent un peu rouge. Il est inutile de dire que cet abcès, après son ouverture, ne présenta jamais le caractère d'un bubon virulent.
Sur la fin de septembre, la gale avait disparu complètement, et il sortait encore un peu de sérum purulent par l'ouverture de l'abcès: on la cautérisa deux ou trois fois, et on y appliqua des cataplasmes émollients.
8 octobre. — La malade se plaint depuis quelques jours de douleurs intestinales et de diarrhée. On lui avait déjà prescrit une légère infusion d'ipécacuanha, et à présent on lui administre chaque jour la décoction gommeuse de tamarins.
L'abcès est indolent, il sécrète du sérum avec un peu de pus. Depuis quelques jours, on y exerce une compression avec un bandage approprié afin de faire adhérer les parois du vide laissé par l'évacuation du pus qui contenait l'abcès.
26. — La diarrhée qui avait considérablement diminué depuis quelques jours, est devenue de nouveau plus intense sans aucune cause : décoction de tamarins, sangsues à l'anus.
L'abcès est presque totalement cicatrisé : il reste encore de l'engorgement dans les glandes inguinales.
5 novembre. — L'ouverture de l'abcès laisse à peine suinter quelques gouttes de sérum. La santé est bonne; mais les glandes inguinales gauches sont encore le siège d'un engorgement presque indolent.
10 décembre. — L'ouverture fistuleuse de l'abcès est cicatrisée. 11 s'est
observation xxxirr. 237
manifesté quelques nouvelles vésicules de gale, qui ne permettent pas qu'on laisse sortir cette fï lie de l'Hôpital. 18. — Elle sort aujourd'hui ; sa santé est excellente.
Réflexions.
1° Cette observation nous fournit une preuve évidente que le phagédénisme des chancres ne dépend pas de la qualité du pus qui les produit, mais bien d'une condition pathologique inflammatoire de l'individu chez lequel ils se développent, surtout lorsqu'ils sont dans la période de progrès. En effet, les inoculations faites sur cette femme avec le pus de ses bubons ulcérés qui n'offraient rien de particulier, donnèrent lieu à des chancres qui devinrent phagédéniques pendant le cours d'une affection rhumatismale aiguë. D'un autre côté la maladie qui détermina le phagédénisme des chancres artificiels en voie de progrès ne produisait sur les bubons ulcérés suppurants depuis longtemps , et qui se trouvaient peut-être déjà dans la période de transformation, qu'une recrudescence d'inflammation ; ils s'étendirent de nouveau en largeur et en profondeur, mais ils ne prirent pas l'aspect phagédénique.
2° L'application du pus virulent sur les chancres en voie de cicatrisation ne leur fit pas reprendre le caractère virulent.
3° On avait lieu d'espérer que la grande quantité de pus sécrété par les bubons ulcérés et par quatre-vingt-six pustules ou chancres artificiels d'une durée et d'une extension différentes, auraient fourni assez de matériaux à l'absorption pour mettre cette femme à l'abri d'une infection constitutionnelle ; cependant l'événement trompa notre espoir. Mais les symptômes de syphilis secondaire furent bénins, et cédèrent facilement à de nouvelles inoculations. La guérison se maintient depuis plusieurs mois, et aucun symptôme d'infection générale ne s'est manifesté; on peut donc espérer que la guérison sera radicale.
4* En 1831 on ne put pousser les inoculations jusqu'au point d'obtenir l'immunité, pareeque le caprice de la malade s'opposa souvent à la marche régulière et complète de l'expérience. Les premiers chancres artificiels que l'on obtint en 1852 s'étendirent à la vérité un peu plus que les derniers de 1851, mais on ne larda pas à observer une diminution rapide dans leur durée et leur extension, jusqu'à ce qu'il ne se développa plus que des pustules abortives. H parait que l'on devrait déduire de ce fait, que le temps diminue peu à peu la propriété de ne plus sentir, ou de ne ressentir que très-faiblement l'action du virus. Mais des faits que j'ai observés sur d'autres individus me paraissent conduire à des conclusions contraires.
5° Personne, je crois, n'attribuera à une cause syphilitique l'inflammation et la suppuration de l'abcès des glandes inguinales gauches, qui se manife;ta dans le courant du mois de septembre 1852.
Chancres indurés à la vulve. - Bubon inguinal double. — Syphilisation.—
Guérison.
CAROLINE B. jeune fille de 18 ans, tempérament bilioso-sanguin, constitution rolmste , menstruation régulière , entrée à l'Hôpital le 29 mars
Elle est affectée de deux chancres indurés à la fosse naviculaire, larges de 6 à 8 millim. , existants depuis 10 ou 15 jours , et de deux billions inguinaux qui présentent une fluctuation évidente.
C'est la quatrième fois qu'elle est infectée: deux fois elle ne fit qu'un traitement local pour des chancres. Dans le deuxième semestre de ï 8S0, elle avait des excroissances et des chancres indurés, pour lesquels elle suivit une cure mercurielle. On lui fit quarante frictions , et elle prit environ 4 gr. de protoiodure de mercure à l'intérieur.
31. mars. — Deux inoculations avec du pus de ses chancres: deux pustules.
7 avril. — Nouvelle inoculation , mais avec du pus d'une autre femme , trois le 10 , et autant le 14 : sept chancres.
17. — Les chancres de la vulve sont granuleux et commencent à diminuer; tous les chancres artificiels sont petits, peu enflammés et superficiels, aucun ne dépasse 6 millim. La douleur des bubons est diminuée. Deux inoculations avec le pus de ses chancres artificiels : deux
28. — Deux des chancres artificiels approchent de la guérison , et les autres sont tous cicatrisés. Ceux du 51 mars eurent à peine 1 centimètre de largeur, les autres ne dépassèrent pas S à 8 millim. Il reste cependant encore à la fourchette un petit point qui n'est pas cicatrisé , c'est à peine si l'on y remarque encore un peu d'induration. Les bubons ont diminués, il sont presque indolents. On sent encore de la fluctuation dans celui du côté gauche.
Trois piqûres répétées le Ie'' mai — toutes suivies de petits chancres qui ne s'étendirent pas au delà de 3 à 4 millim. et qui guérirent dans l'espace de 12 à 10 jours.
8 mai. — Les chancres de la vulve sont cicatrisés ; les bubons continuent à s'affaisser , et c'est à peine si l'on sent encore un peu de fluctuation dans celui qui est situé à l'aine gauche.
Trois inoculations avec du pus d'une autre femme : aucun résultat.
15. — Deux inoculations répétées le 19 avec du pus d'une autre femme : quatre chancres, dont la durée moyenne est de 12 jours.
22. — Trois nouvelles inoculations, trois autres le 29 et autant le i juin: sept petits chancres peu enflammés et de courte durée (8 à 10 joursj. Le pus des inoculations fut pris sur des chancres artificiels en voie de progrès et bien développés existants sur d'autres malades. L'induration laissée par les chancres vulvaires a complètement disparu.
Il ne reste plus des bubons inguinaux qu'un léger engorgement,
OBSERVATION KXXIV. 259
7 juin. — Trois inoculations avec du pus d'un chancre rulvaire d'une femme entrée récemment à l'Hôpital : aucun résultat.
16. — Depuis ce jour jusqu'au 29, on fait en quatre fois onze piqûres, qui donnent lieu à six pustules qui se dessèchent en S ou 7 jours sans même s'ouvrir.
50. — Trois piqûres sans effet -, au contraire trois faites le Jer juillet , et deux le 2 et répétées le 9 donnent autant de petites pustules qui guérissent en 6 jours.
12 juillet. — L'engorgement des glandes inguinales a disparu totalement.
Neuf inoculations faites les 12 , 15,17 avec du pus de chancres artificiels virulents, restent sans aucun résultat.
19. — Deux inoculations , quatre le 21 et six le 24 : —dix pustules abortives , qui 6 ou 7 jours après sont desséchées.
Dans le but de reconnaître la nature de la lésion anatomique qui se trouve sous la pellicule de ces pustules , au troisième jour de leur développement on en ouvre une de celles que l'on avait inoculées le 19. On voit alors un chancre avec tous ses caractères : forme circulaire , fond grisâtre, liords taillés à pic, mais tous ces caractères en miniature. Le chancre avait à peine la largeur d'un millirn., et le 26 il était parfaitement cicatrisé.
30. — Six inoculations sur l'abdomen, et le 51 quatre sur la face interne de la nymphe droite avec du pus pris sur des chancres artificiels vastes et d'une virulence certaine, existants sur une femme soumise depuis peu a la syphilisatioh : ■ — aucun résultat.
17 août — Caroline B. sort de l'Hôpital, où elle est depuis i mois et 20 jours. Sa santé est excellente , et elle s'est toujours maintenue de même dans l'Etablissement. Elle n'a eu que deux ou trois accès de fièvre ces jours derniers , qui ont facilement cédé aux préparations de quinine.
Les cicatrices qui se trouvent sur l'abdomen sont peu visibles , superficielles et petites.
Dans les mois de juillet et d'août on lui administra M bains sulfureux ; peut-être doit-on leur attribuer l'apparition des accès de fièvre périodique.
13 décembre 1851. — Près de quatre mois après sa sortie du Syphilicôme , elle y rentre de nouveau pour une ulcération existant sur le lieu même où se trouvait le chancre vulvairc. Cette solution de continuité est superficielle , transversalement oblongue ; elle a 2 millini., et ne présente aucun des caractères des ulcérations syphilitiques.
15. — On inocule du pus de cotte plaie sur une femme sur laquelle on n'a encore fait aucune inoculation , maison n'obtient aucun résultat.
Le 16 et le 18 on cautérise la déchirure, qui semble marcher trop lentement vers la guérison , peut-être parce qu'elle se trouve située sur irn tissu de cicatrisation.