‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 36 sur 90 · L'ulcération de la fosse naviculaire est cicatrisée · texte numérisé non relu

L'ulcération de la fosse naviculaire est cicatrisée

22. — Elle sort du Syphilicôme. L'état de sa santé ne peut être meilleur.

Elle rentre le 16 septembre 1852 : sa santé a toujours été excellente, et se maintient dans le même état.

On voit à la fosse naviculaire une déchirure qui occupe précisément le même point que celle du mois de décembre 1851; elle a cinq millimètres de long sur deux [de large , et n'a pas l'aspect virulent. Elle nous dit qu'elle l'a ressentie il y a deux jours , à la suite d'excès de rapports sexuels.

17. — Deux inoculations sur une femme non sypliilisée, avec le pus de cette ulcération vulvaire : aucun résultat.

27. — Elle était cicatrisée sans médication ; le 29 la fille B. sort de l'Hôpital.

On la visite le 30 octobre ; sa santé est excellente , et elle ne présente aucun symptôme d'infection locale, ni générale.

Elle rentre ie 25 décembre: sa santé est excellente : on voit à la fosse naviculaire , sur la ligne moyenne , une déchirure qui a 7 millini. de long, sur 3 de large; elle ne présenta aucun caractère syphilitique.

26. — On recueille le pus de cette ulcération , et on l'inocule en trois points sur une autre femme, mais sans résultai.

Ce même jour , on coupe la commissure postérieure de la vulve , en comprenant dans la même incision la récente solution de continuité, afin de rendre les déchirures moins' faciles et moins fréquentes dans ce point.

31 décembre. — La plaie vulvaire est en partie cicatrisée, et présente un bel aspect.

Réflexions.

1" La marche de la sypbilisation fut régulière, mais les chancres artificiels furent en petit nombre, peu étendus, superficiels, très peu douloreux, et de courte durée; ce que l'on doit attribuer probablement à l'excellent tempérament de cette tille.

2-1 L'induration des chancres de la vulve a disparu , ainsi que la tuméfaction des glandes inguinales , sous la seule action de la syphilisatinn.

3° L'inoculation du pus contenu dans les pustules abortives d'autres malades m'avait déjà fait connaître que ces pustules sont encore de nature syphilitique ; seulement leur développement et leur durée sont singulièrement modifiés par la sypbilisation. Les caractères du chancre que je vis sous la pustule que j'avais ouverte clans le but d'étudier cette question , n'ont fait que me confirmer dans cette opinion.

Chancres et bubons fémoraux.— Syphilisation incomplète.— Guérison.— Nouvelle infection. — Guérison rapide sans mercuriaux.

CAROLINE M., femme L. âgée de 28 ans, tempérament bilioso-lymphatique, constitution robuste, menstruation régulière, entrée au Syphilicorne le 12 février 1851.

Elle a trois chancres â l'anus: deux ont 12 ou 15 millira. , et le troisième est la moitié moins étendu; tous sont virulents et dans la période de progrès. En outre elle est affectée d'un bubon fémoral de chaque côté; celui de droite est plus développé. De plus elle a la gale; c'est sa première infection, et elle date de 20 jours environ.

13 février. — On lui fait une inoculation sur chaque cuisse, avec le pus des chancres qu'elle porte a l'anus; le 16 on voit deux pustules bien développées. On commence en même temps le traitement de la gale par les sulfureux.

27. — Les chancres de l'anus sont encore virulents, mais leurs progrès se sont bornés. Les bubons sont stationnaires. Les chancres artificiels ont environ 5 millim. Ils sont douloureux, environnés d'une induration inflammatoire, et sécrètent une grande quantité de pus.

Deux inoculations avec du pus d'ulcères ecthymateux d'une autre femme: aucun résultat.

27 mars. — Les chancres de l'anus sont guéris ; le volume des glandes fémorales a diminué, mais elles sont encore un peu engorgées. Les chancres artificiels ont 18 ou 20 millim., ils sont indolents, fongueux, et n'ont plus l'aspect virulent. L'état général de la malade est satisfaisant.

Deux inoculations sur la cuisse droite avec du pus provenant de l'urètre d'une femme que l'on soupçonne être atteinte d'un chancre urétral: il en résulte une pustule caractéristique.

li avril. — 11 ne reste plus qu'un chancre artificiel; il est virulent, et il a environ 7 millimètres de largeur. Les deux autres étaient cicatrisés le 10.

Deux inoculations sur la cuisse droite, avec du pus d'une femme récemment entrée à l'Hôpital: — aucun effet.

22 mai. — Le chancre de l'inoculation du 27 mars est guéri depuis quelques jours ; il n'a pas dépassé la largeur d'un centimètre. Il y a quelque temps que l'engorgement des glandes lymphatiques a totalement disparu.

Aujourd'hui et le 29 on porte du pus virulent dans le canal de l'urètre et dans le vagin, sans obtenir aucun résultat. En outre, le 29, on fait trois piqûres sur l'abdomen, avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes, sans obtenir de pustules.

5 juin. — Une piqûre sur la face interne des nymphes : deux pustules qui s'ulcèrent le 7. Le chancre de la nymphe gauche dure sept jours, et se cicatrise; celui de la droite dure seize jours, mais il ne s'étend pas plus de 2 à 3 millimètres.

15. — Deux piqûres sur la région hypogastrique, suivies d'une seule pustule. Trois le 10 et le 22: six pustules.

i juillet. — 11 reste encore sept chancres: dont deux sont en voie de cicatrisation, et les autres dans la période de transformation : ils ont de 3 à 5 millimètres.

Denx piqûres sur l'ombilic, et trois le 8; il en résulte autant de pustules, qui s'ulcèrent encore, et durent 12 ou 15 jours.

19 août. —Cette femme est d'un caractère extrêmement bizarre, pour ne rien dire de plus; depuis qu'elle est entrée à l'Hôpital, elle adonné

de temps en temps des marques de folie; maintenant elle se refuse à laisser continuer les inoculations. On lui permet en conséquence de sortir de l'Hôpital, quoique l'expérience n'ait pas été complète. 11 y a six mois et six jours qu'on l'a commencée. Mais si l'on considère que le cours de la syphilisation a été. plusieurs fois suspendu pendant de longs intervalles, précisément à cause du caractère capricieux de cette femme (45 jours une fois, et 66 une autre), en comptant comme nulles les inoculations infructueuses , on ne s'étonnera pas qu'une syphilisation incomplète ait duré aussi longtemps. Elle n'a aucun symptôme d'infection générale, et il ne s'en n'est jamais manifesté pendant toute la durée de l'expérience. Toutes les cicatrices qu'elle porte sur l'abdomen sont petites et peu visibles; elle en a trois sur les cuisses, deux ont environ 16 millim., et une près d'un centimètre.

Le 21 décembre 1851 elle rentre au Sypbilicùme, L'état général est excellent, et jamais, pendant les quatre mois qu'elle est restée hors de de l'Hôpital, elle n'a souffert de maladie. Elle n'a eu aucun symptôme d'infection constitutionnelle. Elle a sur la partie supérieure et externe de la grande lèvre gauche, une ulcération do la largeur de 7 millimètres environ, rose et granuleuse, qu'elle dit avoir été occasionnée par une égratignure que lui lit un homme qui la fréquentait.

Le 22 décembre on prend le peu du pus que fournit cette ulcération, el on l' inocule en deux points sur une femme non sypbilisée, qui vient d'entrer à l'Hôpital: aucun résultat.

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