‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 37 sur 90 · Elle sort de l'Hôpital · texte numérisé non relu

Elle sort de l'Hôpital

Elle s'y présente de nouveau le 24 mars 1852. Elle porte deux petits ulcères de 1 à 2 millim. sur le bord de la grande lèvre gauche; leur apparence les fait juger vénériens; je ne sais comment j'ai oublié d'en tenter l'inoculation. Mais le 5 avril ils étaient guéris sans traitement local, et le 7 la fdle M. sort de l'Hôpital.

RéîlexÊons.

1° Les deux premiers chancres artificiels prirent une extension considérable, pareequ'ils ne furent suivis pendant longtemps d'aucune autre inoculation; il n'en fut pas de même des autres qui ne furent pas inoculés à de si longs intervalles.

2" L'inoculation de pus d'ulcères ecthymateux fut infructueuse chez cette femme ; le même pus donna au contraire des résultats positifs sur d'autres sujets sur lesquels on l'inocula.

5° L'application de pus virulent dans l'urètre et le vagin fut également infructueuse, quoique le cours de la syphilisation ne fût pas encore très-avancé.

-iJ — Les deux bubons fémoraux consécutifs aux chancres de l'anus se résolurent sous la seule influence des inoculations.

Vastes chancres ano-vulvaires. — Bubon fémoral. — Syphilisation. Guérison.

CLAUDINE B., âgée de 25 ans, tempéramëut sanguin-lymphatique, bonne constitution, affectée de dysménorrhée depuis plusieurs mois; entrée au Syphilicùme le 2 avril 1851.

Elle est aiïectée de plusieurs chancres, dont un large de 3 cenlimétr. à la fosse naviculaire, deux autres à l'orifice vaginal et d'autres à la face externe de la grande lèvre droite, et enfin un grand nombre à l'anus; en outre elle a un bubon fémoral droit très-douloureux. Sa maladie date d'un mois, et c'est la première fois qu'elle est infectée.

3 avril. — On commence les inoculations. — Trois piqûres sur l'abdomen, suivies de trois pustules qui étaient bien développées le 3e jour.

10. — Deux autres piqûres, répétées le H et le 21 de ce mois; toutes suivies de résultats positifs.

28. — Les nouveaux chancres auxquels ont donné lieu les piqûres précédentes, sont tous ouverts; ils ont suivi la règle générale de la diminution progressive en largeur. Ils sont encore tous virulents; ceux que l'on a inoculés le 3, ont 8 ou 10 millimètres.

Les chancres vulvaires et ceux de l'anus se sont beaucoup améliorés, surtout le plus vaste qui commence à se déterger. Quelques-uns des plus petits sont déjà cicatrisés. L'adénite fémorale a diminué d'intensité, et maintenant les glandes sont peu douloureuses. Deux piqûre* suivies de deux pustules.

2G mai. — On a suspendu les inoculations jusqu'à ce jour, à cause d'un engorgement de l'utérus, pour lequel on fut obligé de faire quelques saignées. Il y a quelques mois qu'elle est aiïectée de dysménorrhée.

Dans l'intervalle, la douleur des glandes fémorales droites disparut, c'est à peine s'il y reste encore un peu d'engorgement. Les chancres artificiels ont continué à fournir une quantité considérable de pus; maintenant ils sont cicatrisés. Aucun n'a dépassé 15 millim., et l'orgasme vasculaire qui accompagna l'engorgement de l'utérus ne leur fit subir aucune modification. Tous les chancres de l'anus et de la vulve sont guéris sans cautérisation et sans médications, à l'exception de la char pie ; il ne reste plus que celui qui est situé à la fosse naviculaire, et qui est aux deux-tiers cicatrisé.

On recommence l'expérience ; deux piqûres, autant le 29, toutes donnent lieu à de petites pustules.

ijuin. — Le chancre de la fosse naviculaire est cicatrisé, ainsi que tous les chancres artificiels qui existaient encore le 26 mai. Il ne reste plus que les pustules produites par les dernières inoculations.

Deux nouvelles piqûres, et deux autres le 16: quatre petites pustules.

20. — Les pustules des inoculations du 26 et du 29 mai se sont ouvertes, et ont donné lieu à des chancres larges de 3 à i millim., et offrant tous les caractères des chancres huntériens. 11 en est de même

des pustules de l'inoculation du 4 juin , mais les chancres qui en résultèrent sont très-petits. Les pustules produites par l'inoculation du 16 commencent à se dessécher; elles ne se sont pas ouvertes.

Depuis ce jour, jusqu'au 27 juillet, on fait en dix fois trente-six piqûres, toujours sans résultats, à l'exception de quelques petites pustules qui se desséchèrent en peu de jours, et guérirent sans laisser de traces. Le 10 juillet tous les chancres artificiels étaient guéris.

27 juillet. — Sept piqûres, qui donnent lieu à cinq petites pustules, qui s'ouvrent le 31, et laissent voir cinq petits chancres qui n'ont pas plus de 2 millimètres. Ils sont cependant peu douloureux, et le 8 août ils étaient parfaitement cicatrisés.

Dans les jours suivants on fit encore ving-trois piqûres , dont trois sur la face interne de la nymphe droite , mais toutes restèrent sans effet.

Le 19 août, la fille B. sort de l'Hôpital où elle est restée i mois et 17 jours. Elle est maintenant hien réglée ; sa figure est fraîche et rose, et elle, jouit d'une santé excellente. Elle a dix ou douze cicatrices assez apparentes sur le ventre ; elles étaient d'ahord d'une couleur cuivrée assez intense ; mais elle commencent à disparaître. Pendant les deux derniers mois , elle a pris un grand nombre de bains sulfureux.

Réflexions.

1° Quelques chancres artificiels ont suffi pour syphiliser cette femme, Il faut cependant tenir compte du grand nombre de chancres ano-vulvaires qu'elle avait à son entrée dans l'Établissement : car il est certain qu'ils ont beaucoup contribué à diminuer le nombre des chancres artificiels que l'on aurait dû inoculer pour obtenir l'immunité.

2° L'expérience suivit une marche régulière ; mais un fait digne de remarque c'est le développement de cinq petits chancres, après tant d'inoculations infructueuses. Le pus dont on se servit était sécrété par un chancre en voie de progrès que portait une femme soumise depuis peu de temps à la syphilisation. Mais je trouve dans mes notes que l'inoculation du pus d'un chancre vulvaire récent et caractéristique dont était affectée une femme entrée depuis peu à l'Hôpital , fut infructueuse chez la malade dont il s'agit, tandis que le même pus donna constamment lieu à la pustule spécifique chez d'autres sujets. On ne pourrait donc pas expliquer ce fait, avec M. Auzias-Turenne, par le plus d'activité du pus que l'on inocula dans cette circonstance. Du reste, le peu de durée, et la petitesse des chancres auxquels elle donna lieu, prouvent que l'organisme de cette femme avait déjà subi de profondes modifications par suite de la syphilisation.

Vastes chancres ano-vulvaires. — Bubons inguinaux. — Sijphilisalion. Résolution des bubons. — Guérison.

VICTOIRE G., âgée de 19 ans, tempérament lymphatique, constitution médiocre, affectée d'aménorrhée depuis cinq mois; avant ce temps, la menstruation était souvent irrégulière et accompagnée de troubles de différente espèce ; entrée au Syphilicôme le 4 mai 1851 .

Elle porte à l'orifice vaginal un chancre large de deux centim., et trois autres plus petits à l'anus. Elle est en outre affectée de deux bubons inguinaux qui offrent des signes de fluctuation profonde commençante. Il y a environ deux mois qu'elle est malade ; c'est la première fois qu'elle est infectée. Elle n'a fait aucun traitement antisyphilitique; depuis huit mois elle souffre d'emphysème pulmonaire.

5 mai. — On lui administre un purgatif pour la préparer au traitement par les inoculations.

G. —On fait les deux premières inoculations sur le côté droit de l'abdomen, avec du pus de ses chancres vulvaires, qui, quoique pris sur des chancres anciens, donne naissance à deux pustules.

22. — Les chancres artificiels sont très-douloureux, ils ont environ 12 millim., et sécrètent beaucoup de pus. Les chancres de l'anus sont en voie de cicatrisation ; les bubons n'ont plus fait de progrès ; ils sont même presque indolents et la collection purulente a diminué.

Trois inoculations, répétées le 29 avec du pus de ses chancres artificiels : cinq pustules.

3 juin. — Les deux premiers chancres artificiels se sont toujours plus étendus ; ils ont maintenant près de deux centim. ; ceux de l'anus sont cicatrisés, celui de la vulve se couvre de bourgeons vasculaires et présente un bel aspect ; la fluctuation des bubons devient toujours plus obscure, surtout dans le gauche.

Deux piqûres, répétées le 7 ; quatre pustules.

9 juillet. — On fut obligé de suspendre l'expérience pour une gastrite aiguë qui nécessita quatre saignées, outre les autres remèdes, que l'on mit en usage. La fièvre intense qui accompagna cette inflammation réagit sur les deux chancres de la première inoculation, qui, quoique encore virulens, étaient déjà dans la période de transformation. Ils devinrent de nouveau douloureux, enflammés, passèrent au phagédénisme, et s'étendirent encore de cinq millim. Maintenant ils sont granuleux, et commencent à entrer dans la période de cicatrisation. Les autres chancres ressentirent moins l'effet de cet orgasme vasculaire; il n'y en eut aucun qui devint phagédénique et qui dépassât la largeur de 14 millim., et à l'exception de deux qui sont en voie de guérison, tous les autres sont cicatrisés.

Le chancre vulvo-vaginal a encore environ 5 millim. de surface; il est indolent et granuleux. Les deux bubons inguinaux n'ont laissé qu'un peu d'engorgement glandulaire.

Deux inoculations avec du pus d'une autre malade, autant le 17 : toujours suivies de résultats positifs.

4 août. — La malade ressentit deux ou trois accès de fièvre intermittente, dont on triompha par l'emploi du spécifique. — L'expérience a été interrompue jusqu'ici.

11 y a longtemps que le chancre vulvaire est cicatrisé ; ceux qui se sont développés à la suite des dernières inoculations le sont aussi; ils n'ont pas dépassé 0 millimètres.

A dater de ce jour, jusqu'au 30 août, on fait en six fois soixantedeux piqûres, qui furent suivies de cinquante-cinq chancres. On doit cependant remarquer que ces ulcères allèrent toujours en diminuant en largeur et en durée, à mesure que l'expérience avançait, en sorte que ceux des deux dernières inoculations furent très-petits, et qu'un grand nombre des pustules, auxquelles elles donnèrent lieu, ne s' ulcérèrent même pas, et ne durèrent que peu de jours.

!'■'• septembre. — Douze inoculations avec du pus virulent restent sans effet.

30. — Trois inoculations avec du pus qui chez d'autres malades fut suivi de résultats positifs, restèrent sans effet sur celle qui fait le sujet de cette observation.

Au commencement de ce mois la malade fut de nouveau sujette ù des accès de fièwe intermittente qui nécessitèrent l'emploi répété du sulfate de quinine. 11 y a quatre jours qu'elle a eu deux nouveaux accès, pour lesquels on a dû recourir encore au spécifique. Vers le milieu de septembre, après une aménorrhée qui durait depuis neuf mois, la menstruation reparut et continua en assez grande abondance pendant quatre jours.

0 octobre. — La fille G. sort du Syphilicème ; sa santé est excellente; elle s'est beaucoup améliorée pendant son séjour dans l'Hôpital. Le traitement dura cinq mois; il fut souvent interrompu par des complications et quelquefois par l'indocilité de la malade, qui depuis la guérison du chancre vulvaire, ne voulait plus s'assujettir à la continuation du traitement. Elle porte sur le. coté droit de l'abdomen deux cicatrices déprimées larges d'environ deux centimètres, deux à gauche et une à droite larges d'environ un cenlini., et un grand nombre d'autres moins étendues et non déprimées : toutes vont en se décolorant. Elle a pris pendant ces derniers quarante jours huit bains sulfureux.

5 jancU-r 1832. — Elle rentre à l'Hôpital avec cinq petites ulcérations, dont quatre situées dans le pli qui sépare la grande d'avec la petite lèvre gauche et une autre à la même région du côté droit. Elles ont un couleur livide, sont superficielles, rondes ; trois ont 1 milliin. de large et les deux autres ont 2 millim. On n'y observe ni phlogose ni induration. Elle dit qu'elle y sent un prurit depuis environ deux jours.

La forme circulaire et la situation de ces ulcérations me firent soupçonner d'abord qu'il s'agissait de chancres commençants. Mais l'absence de la phlogose dont les chancres sont le siège, au moins pendant quelque temps à l'époque de leur développement et leur peu de profondeur, me laissèrent espérer au contraire, qu'elles n'étaient que de simples excoriations. Pour éclaircir mes doutes, je pris le 6 du pus sécrété par ces

ulcérations, et je l'inoculais en trois points sur une femme non syphilisée ; mais je n'obtins aucun résultat. Je les cautérisais le même jour avec le nitrate d'argent; le 13 elles étaient déjà cicatrisées,sans aucune autre médication.

Le 15 la fdle G. sortit de l'Hôpital. Sa santé est meilleure que lorsqu'elle se trouvait dans le Syphilicùme en 1851.

Elle rentre le 2 décembre 1852; elle est affectée de la gale. On voit en outre à la vulve, près du clitoris et sur la partie supérieure de la face interne des nymphes, trois ou quatre taches rougeàtres, indolentes, qui dépassent ù peine le niveau de la peau. Le siège qu'elles occupent et leur forme me font soupçonner l'existence de tubercules naissants ; mais la visite hebdomadaire, à laquelle elle est sujette et dans laquelle jusqu'à présent on l'a toujours trouvée saine, et la menstruation qui commence à se manifester aujourd'hui, écartent cette idée de mon esprit. La marche ultérieure de ces taches vint à l'appui de mon jugement: en effet, le flux critique ayant coulé pendant cinq jours de suite, c'est-àdire jusqu'au 0 inclusivement, le 7 on n'en voyait plus de traces. On doit en conclure qu'il ncs'agissait que d'un simple érythème vulvaire.

Le 9 décembre elle sort de l'Hôpital : sa santé est excellente.

Réflexions.

1° Les chancres artificiels produits par les premières inoculations prirent une grande extension. Alors ont faisait les inoculations en petit nombre et à de longs intervalles.

2" La présence d'une affection fébrile réveilla l'inflammation dans deux chancres, qui étaient déjà peu douloureux, et qui, depuis quelques jours, étaient en voie do transformation. Au contraire, d'autres chaucres qui se trouvaient encore dans la période de progrès, et qui auraient dû de préférence ressentir l'effet de cet orgasme vasculaire, suivirent leur cours ordinaire.

3" Un grand nombre de chancres inoculés dans un court espace de temps, pendant le mois d'août, et qui ne s'étendirent pas beaucoup, sypbilisèrent la malade en peu de temps.

4° Le rétablissement complet de l'état sanitaire longtemps précaire de cette femme, se manifestait par la santé florissante dont elle jouissait à sa sortie de l'Hôpital; mais ce qui le démontra plus encore, ce fut la réapparition des fonctions utérines.

5° Je crois que l'on doit prendre pour de simples déchirures les petites ulcérations pour lesquelles cette femme rentra à l'Hôpital, en janvier 1852, ulcérations très-superficielles, pas du tout enflammées, et dont le pus inoculé sur une femme non syphiliséc ne donna lieu à aucun r< sultat. Mais en supposant qu'elles aient été d'une nature syphilitique, leur rapide cicatrisation qui eut lieu sans qu'elles se soient étendues en largeur, ni en profondeur, indiquerait au moins que les inoculations ont déterminé chez cette femme une modification profonde et salutaire, dont les effets se font encore sentir dans son organisme.

Chancre vulvaire induré et bubon inguinal virulent. — Syphilisation. — Guërison.

THÉRÈSE S., âgée de 18 ans, tempérament lymphatico-bilieux , bonne constitution, bien réglée, entrée au Syphilieôme le 1« avril -1851.

Elle porte à la fosse naviculairc un chancre induré large d'environ 25 millim. et un bubon virulent qui s'est ouvert spontanément, il y a quelques jours, à la région inguinale droite ; — en outre, elle a la gale. Elle dit ignorer la date de cette infection. Pendant la seconde moitié de 1850 elle vint dans le Syphilieôme pour des tubercules muqueux aux parties génitales et entre les doigts des pieds: on lui fit 35 frictions de 5 gram. chacune d'onguent mercuriel, et elle prit 4 gram. 50 de proto-iodure de mercure à l'intérieur.

5 avril. — Quatre inoculations avec le pus de son chancre vulvaire: le 7 on voit déjà quatre pustules. On traite en même temps la gale par les sulfureux.

If. — Trois inoculations avec le pus de ses chancres artificiels, trois pustules.

1er mai. — Le chancre vulvaire n'a plus fait de progrès, il paraît même qu'il entre dans la période de cicatrisation. L'ulcère ganglionnaire a environ un centimètre et demi de surface, et n'est pas très-profond; depuis deux ou trois jours, il se couvre de bourgeons charnus, et ne parait plus virulent. Pour en reconnaître la nature, on fait trois piqûres sur le ventre avec le pus qu'il fournit, mais sans obtenir aucun résultat.

Les chancres artificiels sont tous très-douloureux, sécrètent beaucoup de pus, et sont entourés de croûtes impétigineuses sur un centimètre environ de circonférence. Ils ont maintenant 6 à 8 millimètres.

30. — L'excès d'inflammation des chancres artificiels nous a fait suspendre l'expérience jusqu'à ce jour. Dans l'intervalle, on a prescrit plusieurs bains simples, d'autres sulfureux, des boissons acidulés, de légers purgatifs, des médications avec l'onguent réfrigérant, et des cataplasmes émollients pour vaincre la grande inflammation dont ces chancres étaient le siège. Ils sont maintenant peu douloureux et granuleux; les quatre premiers et les trois derniers se sont réunis en deux chancres qai ont maintenant 5 à i centimètres de long, sur un et demi de large.

Cette réunion fut occasionnée par la virulence qu'ont acquis les ulcérations impétigineuses. L'ulcère ganglionnaire est entièrement cicatrisé; c'est à peine si l'on voit encore quelques points ulcérés à la fosse naviculaire, où l'induration qui accompagnait le chancre a presque complètement disparu. Un traitement approprié l'a guérie de la gale.

Trois piqûres répétées le 4 et le-16 juin: on obtient sept chancres.

21 juin.— 11 y a plusieurs jours que le chancre de la fosse naviculaire est guéri, et que toute induration a disparu.

Les chancres artificiels des deux premières inoculations se sont cicatrisés dans l'espace d'environ douze jours. Les sept autres qui sont en-

core ouverts et virulens sont de nouveau entourés de croûtes herpétiques.

On inocule le pus d'une blennorrhagie que l'on croyait entretenue par un chancre endo-urétral: mais on n'obtient aucun résultat.

14 juillet. —Tous les chancres artificiels sont guéris, à l'exception de deux qui sont couverts de croûtes sous lesquelles on voit encore une légère érosion superficielle: ils se sont étendus d'environ 8 millimètres.

Cinq piqûres qui produisent trois chancres bien développés le 22.

30. — Cinq autres piqûres suivies de cinq petits chancres. Le 4 août on fait quatre inoculations avec du pus des chancres artificiels d'une autre femme : aucun résultat.

6 août. — Cinq piqûres répétées le 8, le 11 et le 18, toujours avec de petites pustules pour résultat; la plupart s'ulcèrent et se couvrent de croûtes impétigineuses; quelques unes cependant se dessèchent sans s'ouvrir. Aucun des chancres qui en résultèrent ne dépassa 4 millim. et ils guérirent tous dans l'espace de 10 à 13 jours.

22. — 11 reste huit petits ulcères larges de 2 millimètres et couverts de croûtes. Cinq piqûres faites aujourd'hui restent sans effet; quatorze faites le 51, donnent naissance à trois petites pustules abortives.

l'r septembre. — 11 ne reste plus qu'un seul petit chancre, qui est près d'être complètement cicatrisé.

Dix piqûres suivies d'autant de pustules.

19. — Il survint une entérite, dont on triompha par la diète, les boissons mucilagineuses, de légers purgatifs, etc. Mais les pustules produites par l'inoculation du 1er septembre s'entourèrent d'une zone inflammatoire, s'ulcérèrent et restèrent ouvertes jusqu'à ce jour.

Dix piqûres suivies de quatre pustules, qui étaient desséchées le 28.

25. — Depuis ce jour, jusqu'au 31 octobre, on fait en six fois trentedeux inoculations, toujours avec du pus virulent; mais on n'obtint jamais de résultat.

4 novembre. — La fille S. sort aujourd'hui de l'Hôpital; elle est parfaitement guérie de son affection syphilitique, et sa santé est dans un état excellent.

L'expérience dura sept mois; mais on laissa souvent de longs intervalles entre les inoculations. Il ne s'est manifesté aucun symptôme d'infection constitutionnelle. Elle a pris pendant ces derniers jours seize bains sulfureux, outre plusieurs autres pendant les premiers mois, lorsqu'on la traitait pour son affection psorique. On voit sur l'abdomen à la région ombilicale deux cicatrices d'environ 5 centimètres ; une autre semblable à droite, large d'environ 4 centim ; toutes deux sont plus déprimées dans les points correspondants aux chancres artificiels. Elles sont le résultat des premières inoculations, dont les chancres se réunirent pour n'en former qu'un seul. En outre, il y a encore dix ou flouze autres cicatrices larges de huit à douze millimètres et à bords irrégulieçs. C'est une des femmes chez lesquelles les traces de la syphilisation sont plus apparentes.

Réflexions.

1° — La lenteur que l'on mit à faire les inoculations dans le commencement fut cause que les chancres artificiels s'agrandirent et s'enllammèrent beaucoup.

2° — La longue durée de ces chancres nous explique comment , malgré le petit nombre que l'on en obtint, celte femme put être syphilisée.

3° — La gale et les remèdes irritants que l'on employa pour la guérir, laissèrent à cette femme une grande prédisposition aux affections cutanées. Ainsi l'on vit se manifester l'impétigo, qui se développa de préférence autour des chancres abdominaux, qui agissaient comme autant de centres d' irritation.

4° — Sur la fin de l'expérience, il y eut une recrudescence de durée et d'inflammation dans les chancres artificiels, à la suite de l'apparition d'une affection fébrile.

S0' — La virulence transmise aux ulcères impéligineux qui entouraient les chancres, fut cause de l'irrégularité d'un grand nombre de cicatrices. Il faut cependant remarquer que les ulcères impétigineux, quoique devenus virulents, furent toujours très-superficiels; c'est pourquoi ils laissèrent des cicatrices peu déprimées.

Chancres vuwûirts et bubon inguinal double. — Syphilisation. — Guèrison. — Xoavelle infection guérie en peu de temps Sans traitement local, ni général.

CATHERINE M., âgée de 20 ans, tempérament sanguin-lymphatique, constitution médiocre, menstruation régulière, entrée à l'Hôpital le 17 septembre 1851.

Elle est affectée d'un vaste chancre vulgo-vaginal non induré, situé à gauche de l'orifice vaginal; il a 12 à 15 mill. de large, sur 3 centimètres de long, et d'un autre de i militai, à la fosse naviculaire. Quelques jours après son entrée à l'Hôpital , il se manifeste deux bubons inguinaux, un de chaque côté; ils se développent peu à peu au commencement d'octobre, quand on fit les premières piqûres: celui du coté gauche, qui est le plus vaste et le plus profond, présente des signes évidents d'une collection purulente.

C'est pour la quatrième fois que cette femme est infectée. En 1848 elle contracta un chancre , pour lequel elle fit un traitement local ; en 1849 on fut obligé de lui réciser à plusieurs reprises des excroissances ano-vulvaires; en mars 18o0 elle rentra à l'Hôpital pour un chancre et des tubercules muqueux à la vulve : on lui fit prendre 2 gramm. 50 de proto-iodure de mercure , et elle sortit guérie dans le mois de mai. Il y a maintenant, dit-elle, 15 ou 20 jours qu'elle est malade.

OBSF.HVATION XXXIX. 251

S octobre. — On ue lui a fait prendre jusqu'à présent aucun remède antisyphilitique; mais on a cautérisé deux fois les chancres qu'elle porte; celui de la fosse naviculaire est déjà cicatrisé, l'autre est à peu près dans le même état qu'il y a 20 jours. On prépara la malade a l'expérience, en lui faisant prendre deux purgatifs et des hoissons nitrées.

On lui fait vingt piqûres avec du pus pris sur plusieurs femmes récemment entrées a l'Hôpital: il en résulte douze pustules.

7. — Sept inoculations, et douze le 10, toujours avec du pus d'une autre femme: on ohtient autant de pustules.

"17. — Deux accès de fièvre qui se manifestèrent le 12, et le M interrompirent l'expérience pendant quelques jours.

Toutes les piqûres que l'on a faites jusqu'à présent donnèrent lieu à de petits chancres peu profonds, ni enflammés, ni indurés, qui ne s'étendirent pas plus de 5 à 5 millim., et qui sont déjà tous guéris. Les cicatrices qu'ils ont laissées ont à peine une légère teinte cuivrée, et sont très-superficielles. Le chancre vulvaire est en grande partie* cicatrisé; la fluctuation a diminué dans le bubon gauche, et la douleur a presque entièrement disparu clans tous les deux.

Vingt piqûres, on ohtient autant de pustules, dont la plupart se dessèchent sans s'ulcérer; le 2i elles étaient toutes guéries, en laissant des cicatrices qui ne dépassent pas 1 ou 2 millimètres.

20. — Quinze inoculations, douze le 24, avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes soumises à la syphilisation : il en résulte vingttrois pustules qui étaient complètement desséchées dans l'espace de 7 à 10 jours.

29. — Le chancre vulvaire est cicatrisé , et la fluctuation du bubon a disparu entièrement; l'engorgement ganglionnaire diminue de jour en jour.

f« Quarante inoculations aujourd'hui, seize le 21 octobre et dix le i novembre, toujours avec du pus d'une femme qui est aussi soumise à la syphilisation; ce pus inoculé sur d'autres femmes, donna des résultats positifs, tandis que sur la malade qui fait le sujet de cette observation, il ne fut jamais suivi de pustules.

12 novembre, — Les glandes inguinales sont encore un peu volumineuses, mais elles sont complètement indolentes lorsqu'on les comprime.

Dix piqûres avec du pus de chancres indurés d'une femme récemment entrée à l'Hôpital, et malade depuis peu de jours, et pour la première fois: on obtient cinq petites pustules qui étaient parfaitement guéries et desséchées le 20, c'est-à-dire huit jours après.

20. — Neuf inoculations avec le même pus dont on se servit la dernière fois : une seule pustule qui est complètement guérie le 27.

1« décembre. — La fille M. sort de l'Hôpital. Sa santé est assez bonne; c'est à peine si l'on s'aperçoit encore un peu de l'engorgement des glandes. Les cicatrices des chancres artificiels, toutes situées sur les régions dorsales et latérales du thorax, sont très-peu apparentes, très-superficielles, et d'un blanc tirant sur le jaune. Elle est restée deux mois et treize jours dans l'Hôpital. L'expérience a duré un mois et 25 jours.

252 OBSEftvÂTior» xxxix.

Elle rentre au Syphilicôme le 20 décembre 1851. On n'aperçoit aucun symptôme d'infection syphilitique locale ni générale. Elle a cependant un petit furoncle à la partie inférieure de la grande lèvre droitele 21 de ce mois il était guéri sans aucun traitement.

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