Elle sort de l'Hôpital avec sa compagne
Elle rentre de nouveau le 8 février 1852 , pour une ulcère large de 6 millim. et situé du côté gauche de l'orifice vaginal. 11 a tous les caractères du chancre ; il est très-enflammé et douloureux , mais il n'est pas induré. En outre , elle est en proie à une fièvre continue , compliquée d'une grave céphalalgie.
10 février. — On inocule en trois points sur l'abdomen d'une autre
femme non syphilisée le pus sécrété par cet ulcère : on obtient un chancre.
On ne fit aucun traitement anliphlogistique local , ni général ; on se contenta d'appliquer de la charpie trempée dans de l'eau fraîche. Le tartre stibié répété plusieurs fois, et la diète triomphèrent de l'affection rhumatismale. Le chancre s'étendit encore pendant quelques jours, jusqu'à avoir un centimètre de largeur. Mais dès que l'affection fébrile qui le compliquait eût été vaincue , il commença à diminuer , et le 29 mars il était parfaitement cicatrisé. Le 6 avril elle sort de l'Hôpital.
Elle rentra une troisième fois à l'Hôpital, le S mai 1852 , pour une petite déchirure à la fosse naviculaire , qui n'a aucune apparence syphilitique. En outre , on observe sur la face et sur l'extrémité inférieure gauche cinq ou six croûtes jaunâtres qui lui occasionnent un peu de démangeaison et sous lesquelles on voit, après les avoir détachées, une ulcération superficielle et granuleuse.
La déchirure était guérie le 12, sans aucun traitement local, ni général; et le 17, toutes les croûtes de la face et de la jambe gauche avaient disparu. Sa santé est toujours excellente. Elle sort le 18 mai 1852.
Réflexions.
1" L'écoulement urélro-vulvo-vaginal guérit sans autre traitement que la syphilisation.
2' La réapparition des fonctions de l'utérus, après tant de mois (l'aménorrhée , prouve clairement l'amélioration de l'état général sous l'influence des inoculations.
3" Il fallut un grand nombre d'inoculations pour obtenir chez cette femme , sinon l'immunité complète , au moins un degré de syphilisation nssez avancé ; et malgré ce grand nombre de chancres , quatre mois et demi après sa sortie de l'Hôpital , elle y rentra avec une nouvelle infection.
i" La maladie aiguë, qui compliquait le chancre vulvaire du mois de février 1852, fut la cause du phagédénisme et de l'extension qu'il prit.
Chancre et excroissances vulvaires. — Bubon inguinal gauche suppurant, non virulent. — Syphilisation presque complète- — Récision et cautérisation des excroissances. — Guérison.
LOUISE G., jeune fille âgée de 20 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne constitution, bien réglée, entrée à l'Hôpital le 23 mai 1851.
Elle porte un petit chancre sur la grande lèvre gauche, des excroissances à la fourchette et un bubon inguinal du côté gauche, offrant des signes évidents de fluctuation. C'est la troisième fois qu'elle est in-
OBSERVATION XLIIt. 263
fectée, mais elle n'eut jamais que des symptômes primitifs qui disparurent par un traitement local.
H juin. — On lui fait trois inoculations, que l'on répète le 15; on olitient six pustules. — Le 19, deux piqûres, une seule pustule. — Le 24, deux piqûres avec le pus de son chancre, mais on n'obtient aucun résultat, parcequ'il se trouvait déjà dans la période de réparation.
26 — Le bubon s'ouvrit spontanément par une ouverture étroite qui donna issue à trois ou quatre grammes de sérosité à peine purulente. Il est maintenant peu douloureux, quoiqut^y ait encore deux ou trois glandes un peu volumineuses et indurées.
On fait trois piqûres, et on obtient une pustule bien développée.
30. — Le chancre de la grande lèvre gauche est guéri depuis deux jours, ainsi que celui de l'inoculation du 19. Les ulcères des deux premières inoculations sont encore ouverts, mais ils sont en voie de réparation. Ils ont à peine la largeur d'un centimètre.
On pratique quatre nouvelles inoculations, qui donnent naissance à de petits chancres.
4 juillet. — Depuis ce jour jusqu'au 51 du même mois, on fait en cinq fois dix-neuf piqûres, qui sont suivies d'autant de chancres. On doit remarquer cependant qu'aucun d'eux ne dépassa 4 ou 5 millim. , et que tous furent cicatrisés dans l'espace de 15 à 20 jours.
Le bubon inguinal qui avait continué pendant quelques jours à fournir quelques gouttes de sérosité, était cicatrisé depuis le commencement du mois, et maintenant il ne présente plus qu'un peu d'engorgement ganglionnaire.
On cautérise de temps en temps une excroissance à large base qui se trouve sur la fourchelte.
23. — Trois nouvelles inoculations sur l'abdomen, répétées le 28 et le 30 en nombre égal ; toutes donnent naissance à de petits chancres, qui cependant guérissent rapidement dans l'espace de dix a douze jours.
2 août. — On applique du pus virulent sur une plaie résultant de la récision pratiquée hier d'une excroissance à large base qui se trouvait sur la fourchette ; malgré le contact du pus la plaie reste simple et la guérison n'est pas entravée ; le 6 elle était cicatrisée.
11. — On met du pus virulent sur divers chancres artificiels en voie de cicatrisation, ce qui ne les empêche pas de guérir rapidement. On répète la même expérience le 13, avec le même résultat.
20. — Du 20 août au 21 septembre, on fit en neuf fois cinquante-huit piqûres avec du pus pris des ulcères en voie de progrès ; cinq fois on obtint quelques pustules abortives, qui se desséchèrent en cinq ou huit jours, et quatre fois aucun résultat. Pendant cet intervalle, la malade prit neuf bains sulfureux.
23 septembre. — Louise G. sort du Syphilicôme où elle est depuis quatre mois •, la cure ne fut entravée par aucune maladie, si ce n'est un peu d'embarras gastrique qui se présenta pour deux fois, et disparut en peu de jours. Elle jouit maintenant d'une santé florissante. Les petites cicatrices des chancres artificiels occupent les régions épigastrique, sousmammaires et thoraciques latérales inférieures. Cependant les six laissées
par les six premiers ulcères artificiels ont presque un centimètre dt surface.
te n'ai pas eu l'occasion de revoir cette femme depuis les premiers jours de cette année. Jusqu'alors elle n'avait eu aucun symptôme de syphilis constitutionnelle ; sa santé était excellente.
Réflexions.
1° Dans le cas actuel, on observa à la vérité la diminution progressive de l'inflammation et de l'extension des chancres artificiels, mais tous furent petits, même les premiers; la raison en est peut-être dans le peu d'intervalle que l'on mit entre chaque inoculation.
2" La rapide guérison de l'ulcère volvaire, la petite quantité de sécrétion séro-purulente du bubon et la résolution totale de l'engorgement ganglionnaire paraissent devoir être attribuées aux chancres artificiels.
5" Cette femme est arrivée à un certain degré de syphilisation, car l'inoculation ne produisait plus chez elle que dos chancres fugaces ; en outre on a vu que le pus porté sur la plaie volvaire n'en n'avait point entrave la guérison, ni changé la nature. Cependant ce pus était virulent, car inoculé BUT d'autres femmes non encore syphilisées, il produisit chez elles le véritable chancre.
•i° Le pus virulent appliqué à plusieurs reprises sur des ulcères en voie de cicatrisation, ne retarda pas leur guérison.
3" L'état général de cette femme allait en s' améliorant à mesure que l'on avançait dans la syphilisation.
Nombreux chancres rulvaires ; bubon inguinal virulent ; excroissances vulcaires. — Douleurs osléocopes après les premières inoculations qui n'ont pas été renouvellées pendant longtemps. — Nouvelles inoculations. — Guérison.
ANiNE F., âgée de ,18 ans, tempérament sanguin-lymphatique, habitus scrofuleux, menstruation régulière, entrée à l'Hôpital le 23 mai 1831.
Elle porte depuis plus d'un mois à la vulve un grand nombre de vastes chancres et des excroissances; elle est en outre atteinte de la gale. Le 28 il se manifesta une adénite aiguë ù la région inguinale droite; au bout de peu de jours elle passa en suppuration, et donna lieu à un chancre ganglionnaire. C'est la seconde fois qu'elle est infectée; la première fois elle fut traitée dans cet Hôpital pour un bubon fémoral d'emblée, dont le pus inoculé en quatre points sur les cuisses, donna lieu à autant de chancres. On lui fit alors 40 frictions mercurielles, et elle sortit guérie le 8 mars 1831.
OUSEIVVATION XL1V. 2fij
26 mai. — On commence à traiter la gale par les sulfureux, et on fait en même temps les deux premières piqûres sur l'abdomen, avec du pus de chancres vulvaires d'autres femmes: il n'en résulte qu'une seule pustule.
29. — Dix piqûres avec le pus de son chancre vulvaire : sans effet. 4 juin.— Trois inoculations sur l'abdomen, avec du pus de ses chancres artificiels : on obtient trois pustules.
7. — Dix nouvelles piqûres avec du pus de ses chancres vulvaires, restent encore sans résultat.
Depuis cette dernière inoculation infructueuse, la malade se refuse obstinément à laisser continuer l'expérience. Après un mois et demi d'un simple traitement local, les chancres vulvaires, artificiels et ganglionnaires étaient parfaitement cicatrisés. Mais alors commencèrent à se manifester des douleurs ostéocopes à l'olécràne et au tibia droit; il n'y avait cependant pas de tuméfaction sensible. On prescrivit alors l'iodure de potassium dont elle prit en tout 14 gram. et on lui fit 14 frictions mercurielles de 3 grain, chacune ; mais on n'obtint pas une diminution remarquable des douleurs. Au contraire, le bubon qui était déjà cicatrisé depuis quelque temps, s'ouvrit le 2i août, peut-être à la suite de trop de mouvement. La malade demanda alors elle-même à être de nouveau soumise aux inoculations, espérant obtenir une guérison plus prompte par cette méthode.
28 août. — On reprend l'expérience en faisant vingt piqûres, suivies d'autant de pustules.
50. — Vingt piqûres sur la région latérale droite et inférieure du thorax, et vingt-quatre le 2 septembre sur la même région du côté opposé, toujours avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes : dix-huit pustules de l'inoculation du 30 et vingt-quatre de l'autre.
6 septembre. — Les chancres artificiels sont plutôt douloureux ; aussi à la prière de la malade, on suspend l'expérience pendant quelques jours. Le bubon qui s'était ulcéré de nouveau, marche vers la cicatrisation; les douleurs de l'olécràne et du tibia ont beaucoup diminué.
18. — Le chancre ganglionnaire était guéri le 12 de ce mois et les douleurs ostéocopes ont cessé complètement depuis trois jours. Les chancres artificiels sont maintenant peu douloureux ; ils ont de 4 à 6 millim., et tous commencent à se couvrir de bourgeons charnus.
Douze inoculations répétées le 21 avec du pus de chancres artificiels de femmes en cours de syphilisation : il en résulte 14 pustules.
25. — Les chancres des trois premières inoculations sont tous dans la période de cicatrisation, quelques-uns même sont déjà guéris.
Six piqûres avec du pus d'un chancre fémoral induré d'une femme récemment entrée : on obtient six pustules abortives, qui se dessèchent en quatre jours.
29.— 11 reste onze petits chancres à peine larges 3 millim., dont neuf provenant de l'inoculation du 18, et deux de celle du 21 ; les autres sont guéris.
Neufs inoculations à droite avec du pus de chancres artificiels d une autre femme , sans résultat.
5 octobre. — Ces jours passés, il se manifesta quelques accès de fièvre tierce, et on prescrivit le sulfate acide de quinine.
Deux piqûres, trois le 8 et 13, suivies de sept chancres, qui s'étendirent de 5 à 4 raillim., et durèrent de 13 a 18 jours.
18 — 11 reste encore cinq chancres, tous les autres sont cicatrisés,
Trois nouvelles inoculations, suivies de trois petits chancres.
2i. — On administre en drux jours 60 centig. de sulfate de quinine pour vaincre la fièvre intermittente qui s'était manifestée de nouveau ces jours passés.
Trois piqûres et quatre le 28, avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes : il en résulte autant de petites pustules.
31. — 11 reste cinq chancres artificiels, dont deux sont hien près d'être cicatrisés , et les autres sont en voie de guérison. Il y a en outre sept pustules qui ne se sont pas ouvertes ; ce sont celles des deux dernières inoculations.
Cinq piqûres et quatorze le 3 novembre, avec du pus pris sur une même femme. Il n'y eut que les dernières qui furent suivies de résultats positifs: elles donnèrent lieu ù autant de chancres, qui restèrent ouverts jusqu'au 17 (1 1 jours).
30 décembre. — Depuis le 3 novembre, la malade s'est obstinément refusée a laisser continuer les inoculations: aussi avons nous été obligés de laisser cette observation Incomplète. Sa santé est maintenant dans un bon état, et elle n'a pas éprouvé le moindre trouble, à l'exception de quelques accès de fièvre périodique qui reparurent vers la moitié du mois de novembre. La menstruation, qui manquait depuis six mois, se manifesta en nbondunee il y a quinze jours. Il y a sept mois et cinq jours qu'elle est dans l'Hôpital ; mais le traitement a été suspendu pendant les mois de juin, juillet et août , et de nouveau pendant les mois de novembre et de décembre, par suite de la mauvaise volonté de la malade. Elle n'a plus accusé de douleurs ostéocopes, ni aucun autre svmptùme syphilitique. La cicatrice du bubon est consolidée. On a récisé et cautérisé les excroissances vulvaires : il ne parait pas qu'elles aient de la tendance à repulluler. On voit sur les régions latérales du thorax, et sur l'épigastrique un bon nombre de cicatrices qui ont encore une couleur violacée; cependant aucunes ne sont indurées. Une à gauche a environ un centini. de surface, d'autres, i à 8 millim., et plusieurs sont plus petites. Elle a pris quatorze bains sulfureux pendant le traitement de la gale.
Elle sort du Syphilicôme le 30 décembre
Le 20 février 1852, elle y rentre de nouveau. L'examen des parties génitales fait reconnaître l'existence d'une excroissance vers la fosse naviculaire. Le pourtour de l'orifice anal est entouré d'une zone enflammée, de la largeur d'environ deux centim., avec exsudation d'une sérosité assez abondante, et sur laquelle se trouvaient plusieurs petites pustules ulcérées et superficielles, qui me firent soupçonner la présence de tubercules muqueux naissants. Il y a commencement d'alopécie, sans écaille* ni pustules sur le cuir chevelu , ni dans les autres régions. En outre , il y a engorgement
OBSEHVATION xuv. 267
des glandes sous-maxillaires et latérales antérieures du cou, qui sont trèsdouloureuses et présentent ça et là des abcès qui cependant n'ont pas de communication entre eux. Les glandes cervicales postérieures ne participent pas à cette affection.
Dans le mois de décembre 1851, quelques jours avant sa sortie du Sypbilicôme, sous l'influence d'une cause rbumatismale, il s'était déjà manifesté rapidement un léger engorgement dans ces mêmes glandes ; mais il disparut facilement et promptement, à la suite d'une transpiration abondante que lui procura l'infusion de tilleul et d'autres diaphoniques : en sorte qu'à l'époque de sa sortie, il ne restait plus qu'un léger engorgement indolent. Elle s'exposa ensuite sans précaution aux vicissitudes atmosphériques de l'hiver, et aussitôt l'adénite sous-maxillaire reparut, et comme elle ne fut pas traitée convenablement, plia passa en suppuration. Cette femme était d'autant plus sujette à cette maladie, que pendant son enfance elle avait déjà été atteinte de différentes affections scrofuleuses : ophtalmie scrofuleuse, et adénite de la même nature , ainsi que je le sus par M. le docteur Frôla, membre de la Commission, qui avait été son médecin.
Elle vint chez-moi dans les premiers jours du mois de février, pour me consulter sur ce qu'elle devait faire pour combattre sa maladie : — je reconnus une adénite provenant d'une cause .rhumatismale et scrofuleuse : je lui prescrivis en conséquence le proto-iodure de fer à l'intérieur, à la dose de 10 centig. par jour, et des cataplasmes émollients sur le siège de l'inflammation. Cette femme voyant que sa maladie traînait en longueur, se présenta à la consultation de l'hôpital St. -Jean, où on la déclara atteinte de syphilis constitutionnelle. J'eus bientôt connaissance de cet incident, et ayant revu deux jours après la malade en question, je la déterminais à se rendre au Syphilicôme, pour vérifier et mieux étudier la maladie dont elle était atteinte, lui même temps elle me remit l'ordonnance qu'on lui avait donnée à l'hôpital St.-Jcan, mais qu'elle n'avait pas encore exécutée, le mercure gommeux de l'ienck.
Si l'affection était de nature spécifique, il est évident qu'en n'employant aucun remède antisyphihtique, elle aurait du suivre son cours, et qu'il ne tarderait pas à se manifester de nouveaux symptômes moins équivoques de syphilis constitutionnelle, qui viendraient jeter un nouveau jour sur le diagnostic. Tel fut le raisonnement que je me fis, et je me contentais de mettre en usage les seuls moyens suivants: — 1° J'ouvris l'abcès ganglionnaire, afin qu'il n'y eût pas un trop grand amincissement de la peau qui, ne pouvant plus contracter d'adhésion avec les tissus qui se trouvaient sous elle, aurait occasionné ces informes cicatrices qui ne succèdent que trop fréquemment aux ulcères scrofuleux. L'ouverture des abcès laissa échapper une grande quantité de sérum purulent uni à des détritus de substance tuberculeuse. 2" Je prescrivis le proto-iodure de fer uni à l'extrait aqueux de aigué, à la dose de 10 centig. par jour, que l'on augmenta ensuite graduellement.
3 On lui fit prendre au moins cinq bains sulfureux par semaine, dans le double but de guérir l'affection scrofuleuse dans laquelle je les ai toujours trouvés très-utiles, et de favoriser le développement de la syphilis constitutionnelle, s'il y avait infection générale.
4° Depuis le quatrième ou le cinquième jour de son entrée à l'Hôpital, je fis faire de temps en temps quelques injections de nitrate aride de mercure délayé dans beaucoup d'eau, tantôt dans un abcès, tantôt dans un autre, et dans les trajets fisluleux.
Le 23 février les petites ulcérations probablement eczémateuses qui existaient autour de l'anus, et qui m'avaient fait soupçonner un commencement d'éruption de tubercules muqueux, avaient déjà disparu. On rét-isa l'excroissance de la vulve.
On continua ce traitement pendant près de quatre mois, et la malade sortit le 15 juin de l'Hôpital. Il y avait déjà 15 ou 20 jours que les trajets fistuleux étaient cicatrisés. Un grand nombre de petits abcès s'ouvrirent successivement les uns après les autres ; ce qui fut cause que le traitement se prolongea si longtemps. Il y a encore un peu d'engorgement indolent dans quelques glandes. Les cicatrices des ulcères scrofuleux ne sont ni larges, ni difformes. L'excroissance vulvaire que l'on a récisée dans le mois de février, n'a pas repullulé. Les cheveux ont de nouveau repoussé en abondance. On n'a observé aucun symptôme de syphilis constitutionnelle. Elle a pris en tout 17 grammes d'iodure de fer, et un grand nombre de bains sulfureux. Sa santé est bonne et la menstruation est régulière.
Elle rentre de nouveau à l'Hôpital le 13 septembre pour la gale. Elle n'offre aucun symptôme de s\philis primitive, ni secondaire. Les cheveux ont repoussé: ils sont maintenant aussi épais qu'avant sa maladie. Sa santé est excellente. Les glandes cervicales latérales et sous-maxillaires sont encore un peu engorgées, mais elles sont indolentes.
On entreprend le traitement de la gale par les préparations sulfureuses.
Le 5 novembre elle était guérie de la gale depuis quelques jours.
Pendant les premiers jours du mois d'octobre, sous l'influence de causes rhumatismales dépendantes de la saison d'automne, ou peut-être a cause de l'humidité de la salle dans laquelle sont réléguées les galeuses, deux glandes lymphatiques s'enflammèrent de nouveau; une à la région latérale droite du cou, et l'autre à la région sous-claviculaire gauche. On ouvrit l'abcès qui en résulta, et il en sortit du pus séreux, et de la matière tuberculeuse. On cautérisa ensuite à plusieurs reprises les ulcères scrofuleux qui maintenant sont presque complètement cicatrisés. On prescrivit aussi l'iodure de fer à l'intérieur. Elle en prit environ six grammes.
Du reste, sa santé est bonne, la menstruation est régulière; elle ne présente aucun symptôme de syphilis constitutionnelle.
25 décembre. — On fut obligé de la transférer dans une salle plus chaude et moins humide, et l'on vit aussitôt ses abcès scrofuleux s'améliorer: il y a deux jours qu'ils sont guéris. Depuis le mois de novembre, on abandonna l'usage de l'iodure de fer, et on lui fit prendre plus fréquemment des bains sulfureux; elle en a pris en tout plus de quarante. L'état général s'est maintenu bon, et il améliore de jour en jour.
Elle sort aujourd'hui de l'Hôpital.
Réflexions.
Le traitement syphilisant a été chez cette femme assez irrégulier, souvent interrompu, on a Administré dans l'intervalle quelques doses de mercure; enfin il a été incomplet, ce qui diminue beaucoup la valeur pratique de cette observation.
Je crois cependant pouvoir en déduire les considérations suivantes:
1° — Les chancres artificiels exercèrent une influence salutaire remarquable sur la marche du chancre ganglionnaire.
2°— Les douleurs ostéocopes ont cessé pour ne pas reparaître, à la suite des inoculations.
5° — L'alopécie, non plus que l'adénite cervicale et sous-maxillaire ne provenaient pas de cause syphilitique , car elles guérirent par les bains sulfureux et l'usage interne du proto-iodure de fer.
4° — Les petites pustules anales provenaient de la malpropreté , et peut-être du trop d'exercice que faisait cette femme qui est grasse, car elles disparurent rapidement avec le repos et quelques bains , et elles ne se sont plus reproduites.
5" — Le bon état dans lequel se trouve actuellement cette femme, laisse espérer que le traitement syphilisant, quoique irrégulier et incomplet, aura suffi pour la guérir de la syphilis primitive, et la préserver des accidents secondaires.
Chancres vulvaires. — Blennorrhagie urétrale. — Syphilisation. — Guérisen.
CATHERINE P.., âgée de 17 ans, tempérament sanguin-lymphatique,, bonne constitution, bien réglée, entrée à l'Hôpital le 17 av ril 1851.
Elle est affectée de deux chancres larges de 6 a S millimètres, à l'orifice vaginal, et d'une blennorrhagie un traie. 11 n'y a que peu de jours qu'elle est malade, et c'est pour la seconde fois. Elle n'a fait jusqu'ici aucun traitement mercuriel.
18 avril. — On lui fait les deux premières piqûres avec du pus de ses chancres vulvaires, et l'on obtient deux pustules. Deux autres piqûres le 29 avec le même pus, sont suivies du même résultat.
20 mai. — Les quatre chancres artificiels ont environ 17 millimètres; il sont douloureux, et sécrètent une grande quantité de pus virulent. Les deux chancres vulvaires ont maintenant environ un centimètre; niais ils sont en voie de cicatrisation. L'écoulement urétral ne donne plus qu'un peu de liquide séro-muqueux et diaphane. Trois inoculations, répétées le 22 et le 29, donnent lieu à sept pustules.
K juin. — Les chancres inoculés le 18 et le 29 avril sont encore vi-
miens -. mais on les voit déjà se couvrir de nombreuses granulations de bonne nature; ils ont deux centimètres, et sont peu douloureux. Les autres chancres artificiels sont encore en voie de. progrès; les vulvaires sont cicatrisés
Trois inoculations, et deux le 16: cinq pustules.
21. —Les quatre premiers chancres sont dans la période de cicatrisation; ceux du 20 et du 22 ont 12 à tri millimètres, sont granuleux, et sécrètent une petite quantité de pus. Les autres ont encore l'aspect virulent, et sont progressivement moins étendus. L'écoulement urétral a disparu.
Aucun résultat de quatre piqûres faites en partie aujourd'hui, et en partie le 2i, avec du muco-pus sécrété par le canal urétral d'un jeune homme, chez leqirel on soupçonne l'existence d'un chancre endo-urétral.
29. — Les chancres artificiels du 18 et du 29 avril sont cicatrisés. Tous les autres ont un bel aspect, et sont plus ou moins près d'être parfaitement cicatrisés, à l'exception des deux que l'on a inoculés le 16, et (|Ui ont 5 millimètres.
Depuis ce jour, jusqu'au 31 juillet, on fait en cinq fois dix-huit inoculations suivies de quatorze pustules, qui s'ulcèrent ; mais elles guérissent dans l'espace de 14 à 18 jours, et aucune ne s'étendit plus de i à 5 millimètres.
8 août. — Quatre piqûres donnent lieu à autant de pustules, qui guérissent dans l'espace de 10 jours, sans s'ulcérer. Onze inoculations faites entre le 10 et le 12 restent sans résultat.
23. — Cinq piqûres : cinq pustules qui étaient totalement desséchées le 27.
27. — La fille P. sort de l'Hôpital où elle est restée quatre mois et demi pour le traitement, qui n'a été interrompu que par quelques accès de fièvre vers le commencement du mois de juillet. Sa santé est excellente. Elle a sur l'abdomen quatre cicatrices assez larges laissées par les quatre premiers chancres artificiels, et plusieurs autres plus petites. Elle n'a pris que trois bains sulfureux, pareequ'ils étaient contre-indiqués par les accès de fièvre intermittente qui se manifestèrent dans le mois de juillet.
Réflexions.
1° La lenteur que l'on mit à faire les premières inoculations, et leur petit nombre furent la cause du grand développement des premiers chancres artificiels.
2° L'écoulement urétral céda à la syphilisation, sans qu'on l'eût traité par aucun remède local ni général. Il est donc probable qu'il était occasionné par un chancre endo-urétral.
5° Cette femme sera-t-elle réellement syphilisée? On n'obtint qu'un petit nombre de chancres artificiels, et la plupart n'eurent qu'une durée trèscourte. Du reste, le cours de l'expérience fut régulier, et si la syphilisation n'a pas été complète, tout porte à croire qu'elle a été portée trèsloin.
Ancien chancre vulvo- vaginal et bUnnorrhagie urétrale.— Syphilisation.
Cautérisation de la muqueuse urétrale. — Guërison.
CATHERINE S. âgée de 22 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne constitution, menstruation régulière, entrée au Sypliiiicûme le 15 avril 1851.
Elle est affectée d'une blennorrhagie urétrale et d'un chancre vulvovaginal large de 2 centim., du côté droit de l'orifice du vagin ; mais il n'a plus les caractères du chancre en voie de progrès. 11 est induré, et date de plus d'un mois, au dire de la malade.
C'est la quatrième infection quelle contracte depuis deux ans, et chaque fois elle a eu des chancres. Elle n'a jamais fait de traitement mercuriel complet, car elle n'a pris qu'une fois 60 pilules de Sédillot, et fait 12 frictions mercuriclles, pour un vaste chancre dont elle était affectée.
ii avril. — On lui inocule sans résultat le pus de son chancre vulvovaginal.
17. — Deux piqûres avec du pus d'un autre femme, et trois le 21 : cinq chancres.
20 mai. — L'indocilité de la malade nous a obligé de suspendre l'expérience. On la recommence aujourd'hui, à sa demande, en faisant trois piqûres que l'on répète le 30, et toujours avec un résultat positif.
Le chancre vaginal présente un bel aspect, et tend à se cicatriser; ceux des deux premières inoculations sont encore ouverts , mais ils commencent a entrer dans la période de transformation ; ils ont de 12 à 17 millim. de large. L'écoulement urétral continue, mais la malade assure qu'elle ne ressent aucune douleur dans l'émission des urines.
19 juin. — Le chancre vaginal est en grande partie cicatrisé, ainsi que les cinq plus anciens chancres artificiels. 11 en reste encore six qui ne sont pas très-étendus (6 millim.).
Trois inoculations donnent lieu à deux pustules. Deux autres le 24: une seule pustule.