‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 49 sur 90 · Trois piqûres sur l'abdomen, sans résultat · texte numérisé non relu

Trois piqûres sur l'abdomen, sans résultat

3 juin. — Trois inoculations sur la face interne des nymphes, on les répète le 7 et le 15, toujours inutilement.

15. — Trois nouvelles piqûres sur l'abdomen donnent lieu à une pustule1 suivie d'un ulcère, qui présente encore tous les caractères des chancres. En effet, le pus qu'il fournit ayant été inoculé sur une femme non syphilis <? e , donna naissance à la pustule.

19. — Trois inoculations sur l'abdomen, suivies de trois petites pustules, qui se dessèchent sans s'ouvrir. On enlève la petite croûte qui s'est formée, et le 5 juillet on voit sous elle une cicatrice parfaite.

22. — Depuis ce jour, jusqu'au 30 juillet on faiteinquante unepiqûressur diverses régions de l'abdomen, en prenant chaque fois le pus à des sources différentes, mais en se servant cependant toujours de celui dont l'inoculation donnait des résultats positifs chez d'autres femmes : jamais on ne put faire naître une seule pustule. Cependant celles que l'on fit le 18 juillet, donnèrent lieu à deux petites pustules dont la grosseur ne dépassait pas celle d'une tète d'épingle, et qui contenaient un pus blanchâtre dont l'inoculation sur une femme qui n'était pas encore syphilisée ne détermina aucun symptôme spécifique.

1 juillet. — On récise une excroissance à large base située à l'orifice du vagin, et ensuite les 8, 10, 15 et 14 de ce mois, on porte sur la plaie faite avec les ciseaux, du pus virulent, sans qu'elle change d'aspect ou s'arrête dans le cours de sa cicatrisation qui est parfaite le 10 de ce mois. On récise de nouveau quelques petites excroissances ano-vulvaires que l'on avait déjà coupées pendant le traitement, mais qui avaient ensuite repullulé.

0 août. — La femme G. sort du Syphilicôme : sa santé est excellente.

Elle y est restée six mois et demi. Aucune maladie ne vint interrompre le traitement, et l'on ne doit en attribuer la durée qu'au long espace de temps que dans les premières expériences la prudence me commandait de laisser entre une inoculation et la suivante. On n'obtint que huit chancres artificiels; mais ils acquirent un grand développement, et durèrent longtemps.

Jl me semble que les nombreuses inoculations infructueuses que l'on fit depuis le 22 juin jusqu'au 30 juillet, ainsi que la nullité des résultats obtenus par les applications de pus d'autres femmes sur la plaie occasionnée par la récision de l'excroissance vulvaire, démontrent suffisamment que, pour le moment, celle femme est réfractaire à l'action du virus syphilitique. La santé florissante dont elle a joui jusqu'à présent, et l'absence totale de symptômes secondaires depuis plus de neuf mois et demi après la première infection, nous font espérer qu'elle ne sera pas affectée de syphilis constitutionnelle.

Le 2.ri novembre, deux mois et 10 jours après sa sortie de l'Hôpital, elle, y rentre de nouveau pour deux ulcères situées à la partie antérieure de l'orifice vaginal, aux deux côtés de l'urètre. Ils sont peu douloureux, trèssuperficiels, comme si l'on n'avait enlevé que l'épithèle de la muqueuse vulvo-vaginale ; ils sont irréguliers, larges de 18 à 20 millim., et d'une couleur jaunâtre. Elle nous assure qu'il n'y a que S ou 6 jours qu'elle ressent un peu de douleur dans les rapports sexuels.

L'étendue et la situation de ces ulcères me tirent craindre d'abord qu'il ne s'agit réellement de chancres, mais l'irrégularité de l'ulcération, l'absence de toute corrosion des tissus, en sorte que la surface dénudée et la muqueuse voisine se trouvaient au même niveau, me firent croire au contraire que je n'avais à faire qu'à une simple excoriation qui s'était enflammée et agrandie par suite des fréquents rapports sexuels qu'avait cette femme. Ce qui me confirma encore dans cette opinion, ce fut de voir que l'urètre était volumineux et saillant, au point de pouvoir opposer de la résistance à l'entrée du pénis dans le vagin, et rendre ainsi faciles les déchirures sur les côtés du canal urétral. Du reste, je résolus d'éclaircir cette question par l'inoculation,

.le lis donc cinq piqûres le 20 novembre, et trois le l°r décembre, sur des femmes qui n'étaient pas soumises à la s\ pbilisation, avec du pus pris sur ces ulcérations vulvaires : je n'obtins aucun résultat.

Après avoir reconnu ainsi la non virulence des ulcérations vulvaires, il était intéressant d'étudier de quelle manière l'organisme de cette femme, depuis si longtemps insensible à l'action du virus, aurait été affecté par de nouvelles inoculations. En conséquence, le 0 janvier 1832, quatre mois après sa sortie de l'Hôpital, on lui fait six piqûres avec du pus d'un chancre en voie de progrès d'une femme récemment soumise à la syphilisation: il n'en résulte qu'une seule papule qui, quatre jours après, s'était déjà alfaissée, et qui disparut sans qu'il s'y fut élaboré la plus petite quantité de pus. Le 8 du même mois, on fait de nouveau six piqûres avec du pus virulent : cette fois il se développe trois pustules très-petites, dont deux étaient

déjà complètement desséchées le 13, et l'autre ne fut guérie que le 10, et sans s'ulcérer.

Le peu de pus que contenait cette petite pustule était-il virulent, les pustules n'étaient-elles au contraire que le produit de la piqûre faite par la lancette, et du pus qui n'aurait agi que comme substance irritante? — Pour résoudre ces questions, le 1 i janvier, on recueillit ce peu de pus, et on l'inocula en trois points sur une femme qui n'avait jamais été soumise aux inoculations : il donna lieu à trois chancres qui acquirent 5 ou G mill., et guérirent dans l'espace de 26 jours.

Cependant les déchirures vulvaires marchaient lentement vers la cicatrisation; et le 20 décembre il restait encore deux fissures sur les cotés de l'urètre, l.a lenteur qu'elles mirent à guérir est peut-être due à leur situation au point de jonction de la muqueuse du vagin et de celle qui recouvre l'urètre volumineux de cette femme; elles ne furent cicatrisées complètement que le 1S janvier 18S2. On n'employa aucun remède local, excepté le sous-carhonate de plomb pulvérisé, et les derniers jours, la cautérisatioD par le nitrate d'argent.

L'état général de celte femme fut toujours excellent, et jusqu'à présent il ne s'est manifesté aucun symptôme de syphilis constitutionnelle.

Elle sort de ['Hôpital le 20 janvier.

Le 3 mars elle y rentre de nouveau pour la gale ; elle n'offre aucune trace d'infection vénérienne ; sa santé est florissante.

On traite son affection cutanée par les préparations sulfureuses.

Elle sort le 22 mars.

Elle rentre le 27 mai pour la même lésion que l'on avait déjà observée dans le mois de novembre; cependant les déchirures situées sur les côtés de l'urètre sont beaucoup moins étendues qu'à cette époque.

Quoiqu'elles ne présentent aucun des caractères des chancres, cependant on fait le i« juin sur une autre femme, trois piqûres avec du pus de ces déchirures: on n'obtient aucun résultat.

Elles étaient parfaitement guéries le 16 juin, par la simple application du sous-carbonate de plomb, et le 18 celte femme sortit de l'Hôpital.

Réflexions.

1 ' Les premières piqûres faites eu petit nombre chaque fois, et à de longs intervalles, donnèrent lieu à des chancres vastes et profonds.

2 'On n'obtint qu'un petit nombre de chancres artificiels; mais le grand développement qu'ils prirent, et le long e>pace de temps pendant lequel ils fournirent du pus virulent, suffirent pour rendre cette femme insensible à l'action du virus.

3" Ce fut inutilement que sur la fin de l'expérience on appliqua du pus virulent sur la muqueuse vulvo-vaginale et urétrale , et lorsque la syphilisation fut complète, ce fut également en vain que l'on en porta à plusieurs reprises sur la vaste plaie produite par la récision d'une excroissance vulvaire.

i" L'inoculation du pus d'une de ses pustules abortives, faite sur une autre femme le 21 juillet, ne produisit aucun résultat; au contraire la

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même expérience répétée en janvier 1852, avec du pus d'une autre pustule également abortive, fut suivie d'un résultat positif.

5° Les excroissances ne furent nullement modifiées par la syphilisation.

6° Elle conservait encore presque complètement la non réceptivité, quatre mois après la fin de l'expérience. En effet, les trois seules pustules que l'on put obtenir de douze inoculations, ne trouvant pas un fond favorable, avortèrent, et guérirent parfaitement dans l'espace de cinq à huit jours.

Chancres vulvo-vaginaux , dont un induré. — Excroissances vulraires. — Syijhilisution. — Récision des excroissances. — Guérison.

ANGÈLE C. âgée de 16 ans, tempérament sanguin-lympbatique, bonne constitution, bien réglée depuis deux ans, entrée au Syphilicôme le 9 mai Ï851.

Elle est affectée d'un chancre induré, large d'environ 5 centimèt. à la partie interne et inférieure, de la grande lèvre droite, de deux autres non indurés à l'orifice vaginal, et d'un grand nombre d'excroissances sur les caroncules myrtiformes. Elle dit être malade pour la seconde fois, et depuis 15 jours. Il y a quatre mois, elle fit un traitement mercuriel: elle prit 120 pilules de 2 centigram. chacune de proto-iodure de mercure, pour un chancre vulvaire également induré.

12 ma/. — Après lui avoir fait prendre deux purgatifs et un bain, on commence l'expérience en lui faisant trois piqûres sur la région hypochondriaque droite, avec du pus de son chancre vulvaire induré; deux jours après, on voyait trois petites vésicules, qui le lendemain étaient changées en pustules.

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