Rémission de tous les symptômes
Les chancres phagédéniques qui commençaient à se déterger ont repris le même aspect qu'ils avaient auparavant ; ils se sont encore étendus de 2 à 3 millim., et sont circulaires , leur profondeur au centre est de -i niillim. Aujourd'hui ils sont de nouveau moins douloureux, et le tissu cellulaire qui les entoure est moins induré. Les pustules de l'inoculation du 12 se sont peu ressenties de l'affection phlogistique générale; il en fut de même des chancres vulvaires.
48. — La fièvre n'ayant pas encore cessé entièrement, on fait aujourd'hui deux saignées du pied de 120 grammes.
20. — Apyrexie; les chancres phagédéniques se détergent ; ceux de l'inoculation du 12 sont tous petits, ils ont à peine 2 ou 3 millim. et sont maintenant peu douloureux : — émulsion nitrée, 5 gram. d'oxyde de magnésie.
2i. — L'amélioration générale va en augmentant de jour en jour ; il ) a encore un peu de gonflement dans les amygdales, surtout dans la gauche; mais elles ne sont pas douloureuses.
Sept piqûres avec du pus de chancres artificiels d'une autre femme, et huit le 29, avec celui d'un chancre vulvaire induré : il résulte trois pustules de la première inoculation, et huit de la seconde.
10 décembre.- — Les chancres qui ont été phagédéniques marchent rapidement vers la cicatrisation; ceux des inoculations du 17 et du 2i sont guéris; il ne restent plus que les petits ulcères de la dernière. Les chancres vulvaires ont pris de nouveau un bel aspect; celui qui est situé a la partie antérieure de l'orifice vaginal commence à se restreindre depuis quelques jours; l'autre est stationnaire.
Cinq piqûres avec du pus d'un chancre vulvaire induré , suivies de trois pustules. Cinq autres le 25 avec du pus d'un ancien chancre vulvaire d'une femme récemment entrée : aucun effet.
20. — On cautérisa quelques fois l'amygdale gauche qui continuait à être engorgée et volumineuse, sans être ni ulcérée, ni le siège de quelque symptôme d'infection générale. Ces cautérisations produisirent une amélioration remarquable. On voit sur le cou, les épaules, et sur la face quelques plaques de la largeur de 3 à 8 millim., d'une couleur terreuse; entièrement indolentes, desséchées, et qui ne dépassent pas le niveau de la peau; il y en a quelques autres sur le cuir chevelu; on demande à la malade si elle perd les cheveux; elle nous dit qu'ils paraissent se détacher plus facilement, depuis quelques jours, lorsqu'elle se peigne.
Depuis ce jour jusqu'au 2 janvier, on fait en quatre fois quarante piqûres toujours avec du pus d'un chancre fémoral induré d'une femme qui n'est pas soumise a la syphilisation : il en résulte vingt-neuf pustules, qui s'ulcèrent, acquièrent la largeur de 3 ou i millim. au plus, et
582 OBSERVATION LXXMt.
guérissent dans l'espace de 15 à 18 jours , sans occasionner beaucoup de douleur à la malade.
4 janvier. — Les plaques du cou et de la face n'ont ni augmenté, ni diminué ; on n'en voit aucune sur les autres régions ; mais la chute des cheveux est plus manifeste. Le gonflement des amygdales a disparu presque entièrement à la suite des cautérisations , et la voix a repris son timbre naturel.
Depuis aujourd'hui, jusqu'au 4 février, on fait en six fois cinquantequatre piqûres: quatre fois avec du pus d'un chancre induré très-récent et deux fois avec du pus de chancres artificiels d'autres malades. Il en résulte quarante-six pustules, qui, après s'être ulcérées, guérissent toutes indistinctement dans l'espace de 12 à 14 jours, sans s'être étendues plus de 2 à 3 millimétrés.
10 février. — Depuis quelques jours, on voit un léger écaillemcnt sur les points occupés par les plaques cutanées, qui sont maintenant décolorées et à peine visibles. La chute des cheveux n'a pas cessé complètement , mais elle a beaucoup diminué. Le chancre de la partie antérieure de l'orifice vaginal est presque entièrement cicatrisé; celui delà partie postérieure de la vulve et du vagin s'est un peu rétréci, mais lentement. Du reste, la santé de cette femme est assez bonne.
La menstruation qui s'était de nouveau manifestée, quoique en petite quantité, depuis quelques mois, est en retard de sept ù huit jours pour celui-ci.
On fit des inoculations de pus de chancres artificiels d'une autre femme; mais elles ne produisirent aucun résultat; on les répète en huit points, le 15 , elles donnent lieu à cinq pustules , dont le cours ne diffère en rien des dernières que l'on a obtenues.
17. — Cinq piqûres faites aujourd'hui avec du pus de chancres, sur lesquels on applique du cérat, restent sans effet.
20. — Le chancre situé sur le méat urinaire , à la partie antérieure de l'orifice vaginal, est cicatrisé; on observe encore quelques fongositè dans le lieu qu'il occupait. L'autre, au contraire, marche lentement vers la guérison.
Six piqûres avec du pus d'un chancre vulvaire récent donnent lieu à trois pustules, qui étaient parfaitement guéries le 1er mars. Douze piqûres faites entre le 24 et le 27 restent sans résultat, quoiqu'on ait employé du pus de chancres artificiels récents.
2 mars. — Il ne reste plus de trace de l'éruption cutanée; depuis quelques temps l'alopécie est limitée, et l'on n'observe plus d'écaillés sur le cuir chevelu; il ne s'est plus développé aucune pustule.
Cinq piqûres, et quatre les 10, 16 et 23, suivies de douze pustules. On employa toujours du pus de chancres vulvaires récents que portaient d'autres femmes.
La menstruation qui avait déjà manqué dans le mois de février, ne parut pas encore, ce mois-ci. Dans le mois précédent, l'aménorrhée n'avait occasionné aucun inconvénient grave ; mais cette fois il y eut pendant sept ou huit jours un orgasme vasculaire dont on triompha par quelques purgatifs, des boissons nitrées et autres semblables. Les chancres des inocu-
lutions du 2 et du 10 qui se trouvaient alors ouverts, s'enflammèrent plus qu'à l'ordinaire, devinrent larges d'environ 4 millim. , et mirent de 18 à 26 jours a se cicatriser. Les autres, au contraire, quoique produits par le même pus, guérirent dans l'espace de dix jours.
27. — Vingt piqûres, six le 5 avril, et huit le 15, toujours avec du pus de chancres artificiels récents d'autres malades: on obtient dix-neuf pustules, dont quelques-unes guérirent sans s'ouvrir, dans l'espace de 5 ou 6 jours, mais la plupart s'ulcérèrent, devinrent larges de 1 à 2 millimètres, et se cicatrisèrent dans l'espace de 10 à 11 jours.
26 avril. — Ces jours passés, se manifesta la menstruation, mais elle ne fut pas trts abondante.
La cicatrisation du chancre vulvaire marche toujours avec une lenteur désespérante, quoiqu'on le cautérise de temps en temps avec le nitrate d'argent; mais depuis quelque temps, on le panse le plus souvent avec la teinture alcoolique d'iode. 11 est maintenant granuleux et peu douloureux.
On fait, sans succès, des inoculations avec du pus de chancres artificiels bien développés, les 26, 27 avril et le 17 mai.
10 août. — La fille M. sort aujourd'hui de l'Hôpital. Le chancre vulvaire est cicatrisé depuis deux jours; la cicatrisation a toujours marché très-lentement, malgré les cautérisations répétées que l'on fit avec les caustiques, dont nous venons de parler, auxquels on ajouta avantageusement dans les mois de juin et de juillet une solution de chlorure de zinc et d'eau, par parties égales. Au commencement de juillet, l'ulcération n'avait plus que 6 millim. environ, et malgré cela, il fallut plus de 55 jours pouren obtenir la cicatrisation. Depuis le 17 mai, on ne fit aucune nouvelle inoculation, et le traitement se borna au pansement du chancre vulvaire. On n'observa rien de particulier dans cet espace de temps: la menstruation fut toujours régulière , mais peu abondante. La santé de cette femme s'est maintenue bonne. Il ne se manifesta aucun symptôme de syphilis constitutionnelle; les cheveux ont repoussé en abondance, et sa tète en est aussi fournie qu'auparavant.
Elle est dans l'Hôpital depuis 15 mois et 6 jours: les inoculations ont été faites pendant dix mois, à l'exception de quelques intervalles pendant lesquels on les suspendit. Les chancres vulvaires mirent 23 mois environ à se cicatriser, en tenant compte des dix mois, pendant lesquels elle fut soignée hors du Syphilicôme de Turin.
Les nombreuses cicatrices qui couvrent les régions épigastrique, hypochondriaques, et thoraciques latérales, se décolorent de jour en jour. On en remarque une vers la moitié de l'épigastre, qui a trois centim. de large et deux autres un peu plus a droite, larges de un et demi à peine: ce sont celles que laissèrent les chancres phagédéniques, et les seules qui soient un peu déprimées.
Aussitôt qu'elle fut sortie de l'Hôpital, elle entra dans une maison de tolérance ; et ce même jour elle y fit une orgie complète, et eut commerce avec huit individus. Elle fut aussitôt atteinte d'une douleur aiguë à la vulve et à l'utérus, avec fièvre. Le lendemain, le Docteur chargé de la visite des femmes publiques lui conseilla de se rendre à l'hôpital Saint-Jean afin
de s'y faire traiter pour cette afTeclion fébrile qui menaçait de se faire plu* intense ; mais la malade préféra rentrer au Syphilicôme.
En conséquence, elle vint s'adresser à moi: l'examen des parties génilalesme fit voir que le tissu de cicatrisation avait été largement déchire vers une caroncule. J'écrivis aussitôt à M. le Préfet de Police pour le prier de lui permettre de se rendre au Syphilicôme, quoiqu'elle ne fût affectée que d'une simple déchirure vulvaire récente. La permission ne se lit pas attendre, et le 12 août elle rentrait à l'Hôpital, d'où elle était sortie deuv jours auparavant.
La déchirure avait environ un centimètre de large, elle était superficielle, irrégulière et située à la partie postérieure de l'orifice vaginal, vers la fosse naviculaire. Le même jour (12), commença à se manifester la menstruation, qui fut accompagnée de douleurs utérines et de fièvre. Le repos, les cataplasmes émolliens sur l'épigastrc, des boissons rafraîchis santés et l'usage du seigle ergoté pendant trois jours, procurèrent un abondant écoulement de sang par l'utérus, qui dura quatre jours. La fièvre céda peu à peu, et le 17 il y avait apyrexie complète.
Quoique l'on eût presque la certitude que l'ulcération de la vulve n'était qu'une simple déchirure, cependant, afin de m'en assurer d'avantage, j'inoculai le 1 7 et le 21 sur une autre femme, le pus que je pus y recueillir, mais sans aucun résultat.
On pansa cette lacération tantôt aveo de la charpie trempée dans de l'eau froide, tantôt avec du sous-carbonate de plomb pulvérisé. Elle se cicatrisa lentement, parcequ'elle se trouvait sur un tissu inodulaire; le 12 septembre elle était guérie.
Le 13 elle sortit de l'Hôpital; sa santé est excellente, il n'y a chez elle aucuu symptôme d'infection générale; les cheveux ont repoussé en abondance, et sont maintenant aussi épais qu'auparavant.
Réflexions,
1° Les vaste; chancres vulvaires de cette fille, qui n'étaient plus virulens, résistèrent à un long traitement syphilisant, comme ils avaient déjà résisté au long traitement mercuriel auquel elle avait été soumise avant son entrée au Syphilicôme de Turin. Je crois que leur guérison doit être attribuée plutôt au temps et au traitement local qu'à la syphilisation.
2n La syphilide pustuleuse qui existait lorsque l'on commença l'espérience, disparut rapidement à la suite des premières inoculations, pour reparaître plus tard sous une nouvelle forme. Cette nouvelle manifestation de la syphilis générale disparut de nouveau sous l'influence de la syphilisation, qui la fit, pour ainsi dire, avorter en en limitant les progrès. Ce qui me confirme dans mon opinion, c'est qu'aujourd'hui (29 septembre), cinq mois et demi après la dernière inoculation faite avec un peu de succès, la fille M. jouit toujours d'une santé excellente, et qu'il ne s'est manifesté chez elle aucun symptôme d'infection générale.
3° 11 faut remarquer cependant que, malgré les nombreuses inoculations faites pendant quatre mois, il s'est déclaré de nouveau des symptômes de syphilis constitutionnelle. Cela dépend probablement de l'interruption de l'expérience pendant la dernière moitié d'octobre, et de la première de
OBSERVATION LXXIV. 38t»
novembre, interruption qui fut nécessitée par une affection rhumatismale intercurrente.
A" Les trois seuls chancres qui existaient alors, et qui étaient près de se cicatriser, s'en (laminèrent de nouveau, et devinrent phagédéniques, sous l'influence de l'affection fébrile. Les chancres vulvaires en ressentirent aussi l'effet, mais moins que les chancres artificiels, et ils ne devinrent pas phagédéniques.
8" Les trois chancres artificiels devenus phagédéniques ne s'étendirent pas irrégulièrement en largeur, et ne suivirent pas une marche serpigineusc, comme cela arrive souvent ; mais ils restèrent circulaires et réguliers.
6" L'absence de la menstruation dans le mois de mars 1852, détermina un orgasme vasculaire qui dura quelques jours. Les petits chancres que l'on obtenait encore alors, et qui se trouvaient en voie de progrès, s'enflammèrent, et curent un cours plus long.
7° Malgré l'étendue et la longue durée des chancres vulvaires, il fallut un grand nombre d'inoculations pour arriver à la syphilisation complète. Doit-on en conclure que le long traitement mercuriel qu'elle avait suivi aura peut être détruit en partie le degré de syphilisation produit par les chancres vulvaires?
D'autres faits ne me permettent pas d'embrasser cette opinion, et je crois devoir attribuer ce résultat à la manière particulière à cette fille de ressentir l'action du virus.
Tubercules muquéux ano-vulvaires. — Écoulement métro-vaginal. — Syphilide populo-pustuleuse confluente. — Syphilisation incomplète et irrégulière, iodure de potassium. — Gucrison.
LOUISE V., âgée de 20 ans, tempérament sanguin-lymphatique, bonne, constitution, menstruation régulière, entrée à l'Hôpital le 9 mai 1832.
Elle a contracté dans la première semaine du mois d'août 1 851 , un chancre àla grande lèvre droite, qui s'est étendu rapidement deôcenlim. environ; mais qui guérit dans l'espace de 30 jours, par un traitement antiphlogistique local et général. Au commencement du mois de novembre suivant, il se manifesta une angine aiguë, qui guérit en peu de jours avec quelques saignées, sans laisser de traces à l' arrière-bouche. Elle n'était probablement pas syphilitique.
Pendant la convalescence, eut lieu une éruption cutanée éphémère qui disparut dans l'espace de trois à quatre semaines. D'après la description que nous en fit cette femme, nous pensons que c'était l'érythème papuleux syphilitique. Depuis cette époque, sa santé fut toujours bonne.
Il y a environ un mois que des tubercules muqueux commencèrent à se manifester à la vulve et à l'anus : ils sont maintenant assez volumineux, et aeefjinpagnésd'un écoulement de muco-pus vagino-urétral, et d'un engor-
genient des glandes lymphatiques aux aines.'Dcpuis 25 jours, elle a commencé à s'apercevoir de la présence d'une éruption cutanée, qui est devenue de plus en plus manifeste et coufluente. Maintenant elle se présente sous forme de papules larges de 3 à G millim. et confluentes, surtout à la fare et sur les extrémités supérieures, faisant une saillie de 1 à 2 millim. sur le niveau de la peau , et au milieu desquelles se trouvent quelques pustules rclhymateuses, dont une large de 3 centim., et couverte de croûtes, occupe la région externe de la cuisse gauche. Les régions huméro-cubitales sont couvertes d'un grand nombre de pustules humides, conlluentes et ulcérées superficiellement. Trois gros tubercules muqueux ulcérés se voient à l'ouverture antérieure des narines; il n'y en a aucun à l'arrièrebouche, quoique cette fille soit affectée d'une aphonie presque complète. Le cuir chevelu est couvert d'ceaillcs, on y voit aussi quelques pustules, el il y a alopécie très-avancée.
Elle n'a jamais eu d'autre infection, et n'a fait jusqu'à présent aucun traitement antisyphilitique.
Je désirais m'assurer si l'inoculation du pus faite autrement qu'avec l'aiguille-lancette, pouvait donner lieu également ou plus facilement à l'ulcère syphilitique; je profitais en conséquence de la docilité de cette fille, vierge encore de toute inoculation artificielle, pour éclaircir ce point de doctrine.
Mais avant de passer outre, je dirai que je me suis souvent servi de celle lille pour inoculer du pus de chancres ou de simples déchirures, dont étaient affectées d'autres femmes plus ou moins syphilisées qui rentraient à l'Hôpital, aussi bien que pour reconnaître la nature des ulcères vulvaires ou ganglionnaires puur lesquels d'autres femmes non syphilisées étaient envoyées au Syphilicôme. Comme il serait inutile de faire mention de toutes les inoculations infructueuses que l'on fit dans le but d'éclairer quelques diagnostics, je les passerai sous silence, afin d'être plus concis, et je ne parlerai que de ceux qui donnèrent des résultats positifs.
1 1 mai. — On applique sur les cotés du thorax deux vésicatoires trèspetits, l'on répète la même opération le 14 et le 20; et sur la peau ainsi privée de son épidémie, on dépose à plusieurs reprises une quantité considérable de pus virulent, que l'on y maintient avec du dyachilon.
26. — Trois vésicatoires sont parfaitement desséchés; on voit sur deux du côté gauche un petit chancre superficiel situé vers le bord, et sur un du «été droit, trois autres petits chancres séparés l'un de l'autre, et fini *ont un peu profonds.
29. — La malade eut hier un léger mouvement fébrile qui céda à l'usage du tartre stibié.
19 juin. — On ne peut encore constater que peu ou presque point d'amélioration dans la syphilis constitutionnelle. Les tubercules muqueux ano-vulvaires se sont un peu abaissés, ainsi que quelques papules de la syphilide. Mais d'un autre côté, il s'est manifesté de nouvelles pustules ecthymateuses: une sur la face, une sur le cou et une troisième sur le bras gauche. La voix est toujours rauque et presque inintelligible, sans que l'on puisse constater aucune lésion à l'arrière-bouche.
l'n des chancres artificiels produits par les vésicatoires que l'on a
appliqués sur le côté gauche est guéri, l'autre est encore virulent. Les trois qui se sont développés par le même moyen du coté droit , se sont réunis en un seul , et sont virulens ; le pus qu'il sécrètent, inoculé aujourd'hui en huit points différents, donne lieu à autant de pustules.
50. — On voyait encore les traces des tubercules muqueux un peu relevées en dessus de la peau. La syphilide s'améliore aussi de jour en jour.
Huit chancres artificiels sont larges de 4 à 5 millim. et en voie de progrès. Ceux qui se sont développés sur les points où l'on avait appliqué les vésicatoires sont en voie de transformation. Celui du coté droit , qui s'est formé par suite de la réunion de trois chancres , a 2 centimètres, celui qui est situé à gauche a 8 ou 10 millimètres.
Deux piqûres avec du pus d'un chancre vulvaire contracté par une femme presque syphilisée (Obs. iv) , suivies de deux pustules qui s'ulcérèrent, s'étendirent de 4 millim. , et employèrent 16 jours à guérir.
Le 6 juillet : deux piqûre» avec le pus de ses chancres, et l'on n'obtint qu'une seule pustule abortive.
23 juillet. — Les deux chancres produits par le moyen des vésicatoires sont fongueux , et ont perdu leur virulence depuis quelques jours. Ceux de l'inoculation du 19 juin sont cicatrisés depuis 6 jours.
Les régions qui étaient occupée» par la syphilide sont maintenant le siège d'un écaillernent considérable. Les pustules ectbymateuses sont couvertes d'une croûte sèche, et en voie de guérison ; celle qui est située sur la cuisse gauche est déjà cicatrisée. La voix devient plus naturelle , et les cheveux repoussent.
11 y a aménorrhée depuis deux mois. Ces jours derniers, il s'est manifesté quelques accès de lièvre intermittente, suivis d'une fièvre continue, de douleurs utérines et de congestion pulmonaire : — deux purgatifs oléagineux; hier deux petites saignées, et une ce matin.
31. — 11 y a apyrexic depuis six jours. Mais depuis cette légère complication la malade a perdu l'appétit.
Deux piqûres et quatre le l™ août avec du pus d'un chancre vulvaire d'une virulence éprouvée : il en résulte six pustules.
7 août. — Quatre piqûres avec du pus d'un chancre ganglionnaire qui est très-avancé dans la période de transformation , donnent lieu à quatre petites pustules.
13. — Les chancres des inoculations du 51 juillet et du 1er août se sont étendus de 3 millim. à peine, et sont déjà cicatrisés. Ceux qui se sont développés à la suite des piqûres du 7 sont presque desséchés.
L'aphonie a cessé , et la voie a repris son timbre ordinaire- Tous les ulcères ecthymateux sont cicatrisés. 11 ne reste plus de traces des tubercules auo-vulvaires. L'écoulement urétro-vaginal a cessé. La syphilide s'est abaissée complètement , et l'écaillement s'est arrêté ; mais , l'ait digne de remarque , les points occupés par les papules cutanées offrent une dépression cuivrée, comme si l'on avait enlevé une portion du derme.
L'appétit manque toujours : on croit devoir prescrire l'iodure de potassium à petites doses , comme coadjuvant, et on commence à le lui administrer aujourd'hui.
7 septembre. — On en abandonne l'usage, après lui en avoir fait prendre 14 grammes en tout.
Il ne s'est manifesté aucun symptôme d'infection constitutionnelle. Les dépressions consécutives aux papules de la syphilide reprennent chaque jour plus la couleur naturelle de la peau. La santé est bonne et l'appétit revient.
Huit piqûres avec du pus d'un chancre vulvaire d'une nature douteuse , suivies de deux petites papules rougeàtres , qui disparurent dans l'espace de trois jours. Six autres piqûres le 22 avec du pus de chancres vulvaires récents et de chancres artificiels bien développés , donnent lieu à quatre pustules qui s'ulcèrent , s'étendent de 3 à 4 millini. wt mettent 18 jours à se cicatriser.
11 octobre. — La fille V. sort de l'Hôpital. La syphilisation n'a pas été poussée jusqu'à la non-réceptivité, parce que cette femme se voyant guérie ne se soumettait plus qu'avec peine aux inoculations, et nous demandait continuellement de la laisser sortir. Sa santé est excellente. La menstruation a eu lieu facilement et en abondance dans le moi» de septembre. La syphilisation a été conduite lentement, et souvent interrompue, et a duré cinq mois environ. On ne put obtenir que quinze chancres d'une certaine étendue, et d'une durée un peu longue : quatorze autres durèrent peu, et n'eurent pas un grand développement. Les cicatrices sont ■peu apparentes , et les plus étendues sont situées sur les côtés du thorax et à l'épigastre , régions où il est facile de les dérober aux regards.
Réflexions.-]
1° On doit préférer la méthode de l'inoculation avec l'aiguille-lancette à celle par le vésicatoire , parce que celle-ci est plus incertaine , plus douloureuse , plus lente , et qu'elle ne présente aucun avantage sur l'autre.
2° 11 n'y a eu qu'un petit nombre de chancres artificiels ; devra-t-on cependant croire que cette femme est radicalement guérie de l'infection générale ? J'en doute : du reste le temps jugera cette question.
Je me bornerai à faire observer que les chancres artificiels ont suffi pour en faire disparaître tous les symptômes.
3" J'ai voulu essayer chez cette femme l'usage simultané de l'iodure de potassium et de la syphilisation , pour étudier les effets médiats et immédiats de l'un sur l'autre, et voir, si dans quelques cas, il ne sera pas convenable de recourir en même temps à quelques petites doses de préparations iodiques, pour abréger le cours du traitement syphilisant.
£" Lorsque les tubercules muqueux ano-vulvaires eurent disparu , l'écoulement urétro-vaginal cessa spontanément.
ÔSf)
Vaslee chancres vulvaires. Tubercules muqueux aux grandes lèvres. Syphtlide squameuse et ulcérée. — Long traitement mercuriel interne et externe. Peu d'amélioration de la syphilide squameuse. — Apparition de douleurs osléocopes. — Syphilisation presque complite. — Guérisoii des douleurs oMéocopes, et amélioration de la syphilide.
JACINTHE S. , âgée do 18 ans, tempérament lymphatique, faible constitution , Bien jéglée , entrée à l'Hôpital le 8 novembre -1850.
Il y a trois mois qu'elle est infectée ; elle a deux vastes chancres, dont un occupe toute la fosse naviculaire , et l'autre presque toute la moitié gauche de l'orifice vaginal : il n'ont plus l'aspect virulent , sont calleux et peu douloureux. Les grandes lèvres sont couvertes de tubercules muqueux : en outre , elle est affectée d'une syphilide squameuse qui couvre toute la surface de son corps , et se présente sous la forme de différentes taches larges et irrégulières, d'une couleur terreuse obscure, aux extrémités supérieures et inférieures , et de taches plus petites , larges de 5 à 15 millim. disséminées sur la surface du corps. La partie externe et postérieure des deux jambes est occupée par huit ulcères, qui ont détruit la peau et une portion du tissu cellulaire souscutané ; il sont circulaires , de la profondeur de 2 à 3 millim. , et de la largeur de 8 à 2!). C'est la troisième fois qu'elle est infectée. Dans les mois de juin et de juillet 1849 , elle fit -40 frictions pour un chancre induré à l'orifice vaginal et un écoulement urétral ; dans le mois d'octobre de la même année , elle fut affectée d'un chancre simple à la fosse naviculaire , pour lequel elle ne fit qu'un traitement local.
Vers la moitié de novembre, on commença un traitement mercuriel , en lui faisant des frictions. Sur la fin de janvier 1851 , elle en avait fait 51 d'environ 3 gram. chacune. On avait été obligé de les suspendre à deux reprises, pour un commencement de stomatite mercurielle; mais on fut obligé de les interrompre plus longtemps après la dernière, à cause, d'une stomatite beaucoup plus grave. Sous l'influence de ces frictions , on vit disparaître les ulcères secondaires des jambes : ils laissèrent des cicatrices déprimées d'une couleur violacée. Les taches de la syphilide squameuse s'étaient aussi décolorées, et les plus petites avaient disparu. Les chancres vulvaires, cautérisés à plusieurs reprises, étaient a moitié cicatrisés.
Sur la Un de février , on recommença l'usage des mercuriaux , et on ui fit prendre le proto-iodure de mercure à la dose de 5 eentig. par jour , en deux pilules. On en continua l'usage pendant deux mois ; elle en prit en tout 3 gram. 10; mais on fut alors obligé de l'abandonner, à cause de l'apparition de douleurs intestinales et de la diarrhée.
Les petites taches cutanées avaient presque entièrement disparu ; les plus larges avaient diminué et s étaient décolorées d'une manière évidente. Le chancre de la fosse naviculaire était guéri. Celui de l'orifice vaginal, encore large de 12 millim. , était depuis longtemps stationnaire, tuais granuleux.
Vers la moitié du mois de mai , io ou 20 jours après la suspension du traitement , la malade se plaignit de douleurs ostéocopes dans les extrémités supérieures et inférieures , mais surtout au tibia gauehe.
La lenteur avec laquelle les mereuriaux, mis en usage jusqu'à présent, produisirent les salutaires effets qu'on en attendait , nous détermina il condescendre aux vœux de la malade qui désirait être traitée par la syphilisation.
26 mai. — On fait les trois premières piqûres qui restent sans résultat, probablement pareeque le pus inoculé n'est plus virulent;
29. — en effet, on les répète aujourd'hui et le 5 juin avec du pu> virulent, et l'on obtient six pustules.