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Comme je me suis fait un devoir de parler de loules les Observations môme incomplètes et imparfaites des sujets chez, lesquels je n'ai fait que quelques inoculations, je dois encore ajouter, qu'ayant eu à traiter dans le courant de l'année passée, un individu venant de la province et affecté de syphilis constitutionnelle, je lui ai à la vérité fait quelques inoculations, qui furent suivies d'un peu de soulagement; mais ses occupations ne lui permettant pas de rester à Turin, jusqu'à ce que l'on eût obtenu l'immunité, j'eus immédiatement recours aux mercuriaux. C'est aussi pour cette raison que je publie les quatre Observations suivantes, quoique la syphilisation ait à peine été commencée, et quoique je les considère comme n'ayant pas une grande importance pratique : j'aurai ainsi pleinement rempli le devoir que je me suis imposé de publier ingénument tout ce que j'ai fait dans le but d'étudier la syphilisation (1).
(J) M. le D. Riva Charles, médecin militaire distingué, qui m'honora plusieurs fois de sa présence dans ma visite au Syphilicôme, fit, le printemps passé, quelques tentatives d'inoculations sur un individu affecté depuis vingt ans d'une syphilis constitutionnelle très-grave , qui avait résisté à plusieurs traitemens mercuriels, à d'énormes doses de sublimé ■corrosif, et à un grand nombre d'autres traitemens, qui lui furent conseillés par divers praticiens.
Mais il ne put faire naître que des chancres petits, et de peu de durée, qui améliorèrent à la vérité l'état général, mais qui n'eurent aucune influence sur la vaste nécrose, dont était affecté le tibia droit du malade.
Je dois cette observation ù l'obligeance de ce Collègue.
488 0BSERVAT10I*S.
Chancre à l'anus; bubon fémoral virulent ; blennorrhagic uretrale ; excroissances à l'anus. — Sept pigùres faites comme moyen de diagnostic, suivies de sept chancres. — Traitement mercuriel externe.
MARIE G., âgée de 22 ans, tempérament sanguin-lymphatique , bonne constitution, menstruation régulière, entrée au Syphilieôme le 5 mars 185).
Elle est affectée d'un vaste chancre à l'anus, d'un bubon fémoral gauche virulent ouvert en trois points, d'un écoulement urétral et de quelques excroissances à l'anus.
C mars. — On fait aujourd'hui une piqûre sur la cuisse droite avec le pus du bubon fémoral, afin de reconnaître s'il est virulent; le même jour on inocule sur la cuisse gauche du pus d'un chancre de nature douteuse, situé au col utérin d'une autre femme; on obtient une pustule syphilitique sur chaque cuisse.
28 avril. — On coupe les excroissances; l'écoulement urétral a cessé à la suite de la cautérisation de ce canal par le nitrate d'argent : le chancre de l'anus et le ganglionnaire marchent vers la cicatrisation. Les deux chancres artificiels sont cicatrisés.
On la traita ensuite pour la gale qu'elle avait contractée dans rétablissement même.
Deux piqûres sur l'abdomen, avec du pus d'un chancre vulvaire douteux, sont suivies de deux chancres qui employèrent 25 jours a guérir.
1" mai. — Dans le but d'étudier l'action du pus virulent appliqué simplement sur la muqueuse vulvaire , sans solution de continuité , on appose aujourd'hui, le 12, le 15 et le 22 de ce mois, une grande quantité de pus de chancres en voie de progrès, sur la muqueuse, vulvovaginale; mais il n'en résulte aucun effet. Le pus était cependant virulent, ainsi que le démontrèrent les trois piqûres que l'on fit le 12 sur l'abdomen de cette femme, et qui donnèrent lieu à trois pustules.
1er juin. — Le chancre à l'anus et le ganglionnaire sont cicatrisés depuis environ 20 jours. Les chancres artificiels le sont également: mais comme elle me dit qu'elle est près de se marier, je crus prudent de lui faire suivre un traitement mercuriel externe.
Elle sort de l'Hôpital le 13 juin.
Elle contracta depuis d'autres infections (1), et plusieurs médecins la virent lorsqu'elle était affectée de tubercules muqueux et de chancres.
Elle rentra au Syphilieôme le 4 octobre 1852 , pour une large déchirure à l'anus , guérie par des moyens locaux ; elle sortit le 20 du même mois.
(I) Je n'aurais plus parlé de ce fait qui est entièrement étranger à la sypbilisBtioo, si des médecins de cette ville, qui l'examinèrent plus tard, n'avaient pas répandu le bruit qa'une femme syphilisée avait été atteinte d'une Douvelle infection, en la trouvant affectée de chancres et de tubercules muqueux. 11 me parait qne le petit nombre de cicatrices, qu'elle portait, aurait dû leur faire voir qu'il ne s'agissait pas d'un sujet sypbilisé ; et du reste ils auraient pu s'en convaincre en sacbant que cette femme avait été stumisc à un traitement mercuriel après quelques inoculations
OBSERViTJONS. -l89
Vastes et anciens cliancres ano-vulvaires gangreneux ; chancres ganglionnaires également gangreneux ; tubercules muqueux vulvaires : marasme produit par une gastro-entérite chronique et une diarrhée colliqualive. — Amélioration de l'affection gastro-entérique, par les antiflogistiques ; la gangrène des chancres est vaincue. — Traitement iodico-mercuriel fait sans aucune utilité. — On inocule 5 chancres artificiels. — Amélioration de l'affection primitive. — Les chancres artificiels qui ont toujours été simples se cicatrisent ; la gastro-entérite se déclare de nouveau : les chancres vulvaires et ganglionnaires deviennent encore gangreneux , et la femme meurt.
ROSE T., mariée, âgée de 25 ans, tempérament sanguin-lymphatique, constitution médiocre, entrée à l'Hôpital le i août 1849.
Elle est affectée de vastes chancres à la vulve et à l'anus, d'autres plus étendus à la cuisse et aux aines , et de tubercules muqueux aux régions génitales externes.
La maladie datait déjà de plus d'une année; et lorsque le sujet fut porté à l'Hôpital, les chancres étaient déjà gangreneux. Ils s'étendirent rapidement en largeur et en profondeur; ils ont disséqué les muscles abdominaux sur une étendue considérable, et détruit le ligament de Poupart. A ceux-là se sont joints ensuite de vastes ulcères de décubitus aux régions ischiatiques, qui sont aussi devenus gangreneux.
Après avoir triomphé de la gangrène par les antiphlogistiques, on lui fit 12 frictions d'onguent mercuriel, et on lui administra 148 pilules de de 2 centigr. de proto-iodure de mercure, et 50 grammes d'iodure de potassium; mais une diarrhée rebelle nous obligea de suspendre toute espèce de traitement.
1851 , 18 mai. — Les chancres existent toujours , et il y a six mois qu'elle est tourmentée par la diarrhée; elle se trouve dans un marasme extraordinaire; il est inutile d'ajouter que les chancres ne sont plus virulens.
Elle demande à être traitée par la syphilisation ; on lui fait en conséquence les deux premières piqûres sur l'abdomen: elles sont suivies d'un résultat positif.
26. — Deux autres piqûres avec du pus de ses chancres artificiels ne donnent lieu qu'à une seule pustule.
4 juin. — Trois piqûres suivies de deux pustules.
i juillet. — Les ulcères inguinaux s'améliorent; on y observe déjà quelques points de cicatrisation. On suspendit les inoculations, afin d'attendre la guérison des chancres artificiels, et pour suivre leur action sur les ulcères inguinaux. Du reste , le triste état dans lequel se trouve la malade exige la plus grande prudence.
12. — Il ne reste plus qu'un seul chancre artificiel, qui n'est plus virulent, et large d'un centimètre.