‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 108 sur 159 · XL. — Le temple de la présentation de la vierge · texte numérisé non relu

XL. — Le temple de la présentation de la vierge

Je ne dis rien du temple , d'une forme octogone , que les Arabes firent bâtir au lieu du grand temple de Salomon , et ne veux pas décrire cet ouvrage à la mosaïque , ces embellissements de marbre , la couverture de plomb toute ronde , le rang des fenêtres qui donnent un si beau jour à ce bâtiment, les colonnes qui soutiennent la coupole , le pavé de marbre blanc et semblables richesses. Je dis seulement qu'on voit au milieu un roc un peu élevé où parut l'ange, qui punit la curiosité de David, après le dénombrement de ses sujets : il y parut tenant l'épée hors du fourreau , et massacrant le peuple , tant qu'un ordre contraire ne détournât pas la main de l'exécuteur. Mais je remarque vers le Midi, sur la montagne du temple, une église que l'empereur Justinien fit bâtir pour un éternel monument, de la demeure

que la Vierge présentée à IHeo^ f fit depuis la troisième de ses années jusqu^â la quatorzième eoTiron. On en attribue le dessein â saint Sabbas , qui sollicita ce religieux prince à faire cette œuvre de piété ; il y a un uKinastère attaché où la Tirginilé et la dévotion florissaient autref<'*is également. Les Turcs font plus d'état de cette église que de leur temple, bâti sur les ruines de celui de Salomon; ils y entretiennent un plus grand nombre de lampes , et ce qui me parait un miracle de Pnnidence . ils y célèbrent publiquement la fête de la Vierge , et les femmes avec les hommes s*y assemblent pour cette solennité.

XLl. — La SAIXTE MAISON DE 5AZARETH.

A Dieu ne plaise que je diminue , ni que je veuille partager la gloire de la sainte chapelle de Lorette , le tionheur du monde chrétien , l'œil de la religion , les délices saintes de Tltalie et la lumière de nos mystères. Je ne doute point de la vérité de cet admirable transport de la chambre angéliqiie et divine , et même je la confirme par la tradition de Nazareth et par une histoire bien surprenante , qu'on tient néanmoins très-certaine.

Un évêque de celle ville *, selon les apparences, schismatique ou hérétique , ou plutôt athée , ayant appris le progrès que l'armée des Mahométans avait fait dans la Terre-Sainte , touché de désespoir et d'un amour furieux

' Quaresmiiis de NaxareCh.

de conserver sa vie malheureuse , convoqua au son des cloches tout le peuple de Nazareth et des villages voisins dans la grande église , et après avoir raconté ce qu'il savait des nouvelles du temps et de la déroute des armées chrétiennes , il prit le turban et déclara hautement qu'il se faisait de la religion victorieuse , invitant ses diocésains à suivre son exemple. Le ciel et la terre eurent horreur de cette désertion , et les anges transportèrent la sainte chapellç au haut d'une montagne voisine , éloignée de Nazareth de deux ou trois jets de pierre. En mon voyage de Nazareth , je me fis un chemin au milieu des chardons extrêmement hauts e( épais , dont cette place était remplie ; j'y trouvai, ce me semble , des restes de maison , dont la forme et les mesures avaient quelque rapport avec la sainte chapelle de Lorette. Cependant on montre à Nazareth l'oratoire de la Vierge creusé dans le roc , et deux anciennes colonnes de porphyre , marques du mystère de l'Annonciation , dont l'une est coupée par le milieu et se tient suspendue comme si elle était tout entière. On y voit encore quelque marque de la chambre miraculeusement enlevée.

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