‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 114 sur 159 · IV. — La vallée illustre, troisième demeure d'abraham · texte numérisé non relu

IV. — La vallée illustre, troisième demeure d'abraham

Il fallait qu'un homme ravi jusqu'au troisième ciel ^ fît l'éloge de ce personnage tout céleste , de qui la postérité est comparée aux étoiles du ciel. Cet homme qui savait mépriser toutes les choses périssables et ne soupirait qu'après les immortelles, éclairé des hautes lumières de la foi , vivait comme étranger dans une contrée dont l'empire lui était promis , n'y possédant rien en propre et y habitant sous des tentes *. La raison qu'il se proposait était une espérance plus relevée, d'une cité divine qui ne peut être ébranlée et qui a Dieu pour son architecte et son conservateur * ; attendant cette possession , il ne cherchait aucun établissement sur la terre. J'ajouterai , pour donner un plus grand éclaircissement aux paroles de saint Paul , qu'il espérait de posséder en sa postérité une Jérusalem toute divine et une église dont il jetait déjà comme le plan sur la

' Fide demoralus est in terra repromissionis tanquain in aliéna , in casulis habitando. Ad Hebr., xi, 9.

• Expectabat cnim fundamenla hsbcntcm civitalem, cujus artifex et cenditor Deii9, xi, 10.

montagne de Sion. Il pénétrait dans les siècles à venir , el d'un œil brillant comme le soleil il voyait les mystères qui devaient s'accomplir. Et cependant pour se consoler , il errait avec sa famille dans la vallée illustre qui s'étend depuis Bethsaïda ou Scythopolis , jusqu'à la mer Morte , reconnaissant la terre et s'approchant toujours davantage de Salem , pour laquelle nommément il fut favorisé d'une nouvelle vision et entendit ces douces paroles : Semini ttu) dabo terram hune. En suite de cette promesse que Dieu lui fit de donner une si belle province à sa postérité, il bâtit un autel qui fut la marque de sa reconnaissance et de sa piété.

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