Haran, la première demeure d'abraham
Haran ou Charres, ville de Mésopotamie, dite aujourd'hui Diarbeck , fut rendue illustre par la défaite de Crassus; mais elle est bien plus considérable, si en cet endroit du monde fut planté de la main de Dieu le Paradis terrestre, que l'Écriture sainte met dans la région d'Eden. Or, il y a beaucoup d'apparence que cette proposition de plusieurs excellents auteurs est véritable, puisque les prophètes Isaïe et Ezéchiel mettent ensemble Eden et Haran, pour nous insinuer que ces deux endroits sont voisins, et partant qu'il faut chercher l'ancien Paradis dans ces quartiers de la Mésopotamie. Outre que le Tigre et l'Euphrate, faisant par leurs bras les quatre fleuves du Paradis, dans le pays de Babylone, et se répandant d'un côté et d'autre de la Mésopotamie, toute cette terre, délicieusement arrosée d'une si grande quantité de belles eaux, faisait sans doute une partie du jardin que Dieu avait donné à notre premier Père; mais parce que l'homme criminel, dit saint Basile , se rendit indigne d'une si agréable demeure, il en fut chassé et de là en-
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Yoyé en iiii«^ terre t*>ale sainte. {Kwr habiter b fotnre Jérusalem, y obtenir les effets de la corde dirine, et se rétablir dans respénnce «Ton pins beao parais. Adam et Ère. après aroir erré quelque temps. Tinrent â Hébron en la terre de Chanana oà phisieors marquent le lien de leur sépoltnre. Ainsi Abraham reçot on commandement exprés de Dien, de sortir dn pays de sa naissance et de le soirre dans une terre inconnue, qui était cette même terre de Chanaan. D obéit â sa Toix, et laissa ^>ate sa parenté pour établir sa demeure dans une contrée qu'il ne connaissait point, dit saint Paul , laqueDe néanmoins derait être l'héritage de sa postérité. EtîU nesciens quo irei. Jamais obéissance ne fut plus areugle ni plus édairée. La philos(^)hie religieuse a tiré toutes ses lois de la Tertu et de la Tie d*Abrabam qui suirit Dieu, la règle de toutes nos actions, et accomplit religieusement ce grand précepte, Tabrégé de toutes les lois, sequere Deum.
m. — SiCHEM, LA SEC05DE DEMEURE U'ABRAHiOl.
Je ne dis rien du passage d* Abraham par la ville de Damas et celle d*Ematb , située aux confins du pays de Damas joignant le Liban. Entrons dans la Galilée avec ce divin patriarche , et allons jusqu'à Sichem de Samarie. Abraham qui suivait le mouvement de Dieu , laissa à la main droite la montagne appelée longtemps après Someron , sur laquelle fut bâtie Samarie , capitale de ce royaume ; il se rendit à quatre milles au delà.
à Sichem , que Jésus devait honorer et où il devait opérer ce grand miracle de la conversion d'une fameuse pécheresse. Il ne faut pas douter que le saint homme n'eût quelque pressentiment du mystère à venir , et que son attrait ne l'attachât à ce lieu.