‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 133 sur 159 · XXVII. — Le désert du Jourdain du coté de Jéricho · texte numérisé non relu

XXVII. — Le désert du Jourdain du coté de Jéricho

Jamais le Jourdain n'est plus beau que lorsqu'il se perd dans la mer Morte , et qu'il y fait couler ses eaux

sanctifiées par le baptôme de Jésus ; j'avoue que cette rivière est agréable en sa source, par deux ruisseaux qni découlant de deux fontaines, se joignent vers la ville de Césarée de Philippe ; elle est majestueuse en son cours, qui s'étend par ses détours cent mille environ, dit Adrichomius , savoir du Mont-Lijan jusqu'au désert de Pharan; ses rivages sont émaillés de verdure, embellis de riches plaines et de villes considérables. Il y a des cerfs, des daims , et même des Uons , témoin Jérémie , qui en parle en ces termes : Ascendit Léo de Jordane. Après tout, l'endroit de ce fleuve le plus illustre, est celui qui approche davantage la mer Morte. Là se voit le passage miraculeux des armées d'Israël , lorsque l'arche fit rétrograder la rivière d'un côté et de l'autre. Là , nous admirons le lieu du baptême de Jésus , nous remarquons le passage d'Hélie et d'IIélisée , qui traversèrent le Jourdain d'une manière toute miraculeuse. De cet endroit , jetons les yeux sur la grande plaine de Jéricho , et sur les ruines de cette ancienne ville , dont les murailles tombèrent au son des trompettes , et à la présence de l'arche. Du Jourdain, en droite ligne du passage d'Israël, on découvre cette montagne , saintement affreuse de la quarantaine, éloignée de douze milles, et servant de bornes à la 'largeur de la grande plaine de Jéricho. Du côté aussi de cette même ville et sur le long du Jourdain, à neuf milles de la mer Morte , il y a un beau désert que Dieu avait marqué à saint Jean, pour ses admirables prédications, qui ravirent toute la Judée et tout ce pays que le saint fleuve arrose; il exhortait le peuple à la pénitence^ et sa vie en donnait l'exemple. Il accommodait son discours à chaque état, et n'instruisait pas moins

le soldat que le magistrat* et comme il n'était pas éloigné du passage des enfants d'Israël, que Josué fit marquer de douze pierres, il avait, dit Adrichomius, la vue de l'esprit et celle des yeux tournés sur cet objet, quand il assurait aux hommes criminels que Dieu pouvait faire des enfants d'Abraham, de ces pierres insensibles, par un changement miraculeux de la grâce.

Page 1