‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 146 sur 159 · XLI. — La situation et la force de tyr · texte numérisé non relu

XLI. — La situation et la force de tyr

Sa situation lui donnait la couronne \ d'autant qu'elle était bâtie sur un rocher très-dur, d'une figure ronde , et comme au milieu de la mer : In introitu maris , dit Ézéchiel, et in corde maris sita, dit le même; se trouvant toute enfermée d'une mer extrêmement profonde , comme le cœur de l'homme est environné d'une tunique pleine d'eau pour son rafraîchissement. Saint Jé-

* Quis cogilavit hoc super Tynim quoodani coronatam. U., xxiii, 8.

rônie nous assare qu'elle élail séparée de la terre ferme par un espace de sept cents pas : il est vrai qu'Alexandre d'une île en fit une péninsule ; mais ce peu de terre qui la joignit au continent , n'avait pas plus de largeur qu'un jet de pierre; et d'ailleurs cette entrée était fermée de quatre grandes muraUles épaisses de vingt-cinq pieds, où il y avait douze grandes tours d'une hauteur prodigieuse , et, au milieu une porte , entourée de boulevards et de divers remparts. Davantage , du côté du midi, elle avait une citadelle sur le rocher; du côté de la mer, elle était ceinte d'une double muraille, que plusieurs tours également éloignées Tune de l'autre défendaient, dont il y en avait trois imprenables; l'une qui dominait sur le côté de la terre ferme ; l'autre nommée la Tour-Verte ; la troisième la Tanarie. Son port regardait le septentrion défendu de part et d'autre de deux tours qui éclairaient toute la mer. Au reste , sa campagne est merveilleusement belle de tous côtés. Les eaux du fleuve Deuthère, qu'on appeUe aujourd'hui la Casimire, l'arrosaient agréablement avec les eaux des trois puits, que nous avons décrits au chapitre précédent; de sorte qu'elle était féconde en tous les délices de la vie humaine. On y recueillait particulièrement des cannes de sucre, dont la moisson était bien précieuse. Je ne dis rien de ses colonnes, de ses pyramides de marbre, ni de la magniCcence de ses bâtiments : Perfecii decorisego mm , ei in corde maris sita, voilà la force et la beauté, qui sont un miracle de l'art ei I haUiiv Lepropiielc Ézéchiel exprime l'un et l'autre dy "'^'^iaees. «f i mément sa force, d'une mani^rf ^Hfc Piû

qui eni'fii in hn-rilnis inis ,

mûris luis per girum, comme s'il disait, elle est si forte que des pigmées qu'on mettrait sur les murailles , sans tlèches et sans carquois la pouvaient défendre. Ainsi les Jébuséens se vantaient de ce qu'une garnison d'aveugles et de boiteux pouvait défendre leur place contre David.

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