LES NESTORIENS
Les Nestoriens appartiennent en quelque façon à l'Église des syriens; néanmoins, comme il n'ont point de chapelle particulière , les uns se sont rangés du côté des Francs , et de ceux-là plusieurs recouraient au Père, pour le sacrement de Pénitence ; les autres en très-petit nombre se sont mêlés avec les Grecs, quelques-uns avec les Syriens. Leur prêtre qu'ils ont dans Alep, a été marié trois fois , et dépend d'un patriarche qui demeure dans un pays bien éloigné de la Syrie.
Quant aux soins qu'il a pris d'instruire les Nestoriens , je ne toucherai qu'un point , qui fera voir de quelle prudence il faut user parmi les Turcs , et comme il y a même du danger à faire du bien. Une veuve néstorienne était sollicitée de se faire turque , et sa pauvreté lui fournissait les plus puissants motifs de sa dé-
' «firtion. Le Père qui avait toujours Toeil sur les bonnes œuvres, et qui pensait nommément aux moyens de détourner les scandales , fit une somme assez considérable de diverses aumônes de la Congrégation , et de Targent que nous avions pour notre subsistance , l'aidant à nourrir et vêtir ses trois enfants , et encore à d^[ager une sienne fille qu'elle avait donnée à un turc pour quelque dette , ce qui réussit selon son dessein. Mais une seule parole que cette veuve dit avec imprudence, bien que très-avantageuse au zèle de son confesseur, faillit nous causer une grande avanie qui eût ruiné notre maison. Dieu ne voulut pas récompenser de si saints travaux d'une nouvelle affliction et nous garantit de cet orage.