‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 14 sur 159 · LES SYRIENS · texte numérisé non relu

LES SYRIENS

Voici Tun des plus beaux endroits de ce narré. Le Père Jean Amieu , de qui nous parlerons en son temps, avait donné une image de Notre-Dame à un Syrien , homme d'esprit , diacre de son Église , nommé Achijan ; ce présent fut la source de son bonheur , d'autant que la Vierge , dans sa peinture même , ne cessa de le persécuter et de lui inspirer une grande haine de Thérésie syrienne pour l'obliger à se faire catholique. Son esprit semblait être saisi d'un divin charme, et les mouvements du ciel le pressaient incessamment. Il ne concluait rien pourtant et se trouvait toujours flottant dans ses doutes, jusqu'à ce que le Père , qui fait le sujet de notre récit , l'entreprit avec vigueur et l'emporta. Sa conquête a été merveilleusement utile à l'Église de Dieu. Car cet homme d'honneur est allé depuis à Rome, où après avoir produit durant quelques années son grand esprit, et étant retourné en ce pays, fût sacré évêque par le patriarche des maronites , et établi dans rÉglise des syriens d'Alep , où sa vertu trop éclatante, déplut fort à des envieux qui ne cessèrent de le tra-

verser; ce qui l'obligea à chercher ja paix et se retirer à Cannobin , séjour du patriarche , d'où il a été bienlôl rappelé par une députation expresse et par les prières des curés. M. le consul Picquet s'étant intéressé dans l'affaire de Dieu, et ne pouvant souffrir que l'Église syrienne fût plus longtemps dépouiTue d'un si digne prélat, qui fait aujourd'hui toutes les grandes actions propres dQ son caractère et sert généreusement Dieu parmi les siens qu'il tient unis à l'Église romaine. Ainsi l'ouvrage de notre missionnaire fut vraiment Touvrage de la grâce, de grande conséquence aux Syriens, puisqu'il a converti pour ainsi dire une nation , en gagnant et cultivant un homme de ce mérite.

Page 1