I. — La ville de damas
La ville de Damas reconnaît trois illustres fondateurs, le premier est Hus, fils d'Aram , qui en jeta les premiers fondements, comme l'assure Joseph \ et après lui saint Jérôme ; et en effet on la nomma Aram de Syrie. Le second est Damascus , serviteur d'Abraham qui l'embellit, et la renouvela presque toute. Le troisième , est Coré, fils d'Ésaû , qui lui donna une plus belle forme , et la mit dans un meilleur état , selon le sentiment du même saint Jérôme*.
Cette cité si ancienne, a été la capitale de la Syrie ', dit Isaîe , et pendant les premiers siècles , elle n'eut point de concurrente de sa gloire : cet avantage pourtant lui fut disputé et ravi du temps des Grecs et des Romains , qui nommèrent Antioche, la première de toutes les villes de Syrie; comme Césarée tenait le premier rang de la Judée. C'est un paradis plutôt qu'une ville ^; mais c'est un paradis et comme un enfer, n'étant presque rempli aujourd'hui que de ténèbres. On la voit éloignée des montagnes, au moins d'une lieue du côté du septentrion ; de quatre, du côté du midi et de l'occident, et encore plus
* Joseph, I. I. Antiquitat., cap. 7.
* S. Hieron. in Gen.
* Caput Syrie Damascus. Isa, vii-8.
* Urbem laetiti» Jerem , xux-25.
vers le Levant; de sorte que sa campagne est également vaste et délicieuse ; arrosée de petites rivières et de fontaines; couverte de jardins, abondante en fruits; mais toutes ces richesses et beautés viennent plutôt de la nature , et des avantages du sol , que de l'art et de la culture. Je ne dis rien des doubles murailles de la ville ; ni de son château bâti de pierre taillée en pointe de diamant y ni de ses maisons , dont le dedans est beaucoup plus riche que le dehors, ni de ses fontaines qui coulent dans toutes les rues , et entrent dans toutes les maisons ; ni de ses deux cents mosquées; ni de ses deux grands et magnifiques hôpitaux , dont Tun fondé par Solyman , est destiné au logement des grands; l'autre est pour les pauvres chrétiens ou Turcs. Certes à regarder Damas d'un œil curieux, on jugera qu'elle est composée de jardins et de vergers, et qu'elle est toute pleine de délices. Il ne faut pas oublier, que dans les cartes, on la marque à Forient de la mer Méditerranée , dont elle est éloignée de trente lieues; qu'elle se trouve presque en droite ligne de Seyde, qui était autrefois son port, (comme Alexandrette est aujourdliui d'Alep , dont elle est aussi à trente lieues), et que le Mont-Liban l'environne de tous côtés; à la réserve du chemin d'Alep. L'on remarque qu'elle a la figure d'une lance dont la pointe regarde l'occident ; el les plus savants nous assurent, que tout ce que les écrivains disent de DanDias,doitétreentendu,tantdelanouvellequederancienne, éloignée d'une lieue, et appelée Salaîa, où Ton voit encore à présent des beaux restes de maisons magnifiques ^
* Qaaresmius de terra sancta. Ib, 7, c. peregrinat. 6.