‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 83 sur 159 · XII. — Une rue de Jérusalem vaut lb ciel · texte numérisé non relu

XII. — Une rue de Jérusalem vaut lb ciel

J'aimerais mieux marcher par la rue de Jérusalem appelée Douloureuse , et suivre Jésus souffrant , que marcher sur les étoiles , et par la voie lactée aller à Jésus triomphant, disait un saint Jean Chr>'sostôme,qui transporté de l'amour des souffrances , préfère le fond d'un cachot à un trône, et les chaînes de saint Paul à des rayons de gloire. Etablis sur celte vérité , que la gloire que nous recevons de Dieu , nous rend ses débiteurs , et

* Cum introlssenl in caenaculum ascenJenint ubi manebaiil Pelnu et Joannes. Acla. 1, 13.

* L. I, De iocis sanctis, c. 13.

les souffrances nous font comme ses créanciers. Il faut bien qu'il y ait des délices cachées, et des doux attraits sous les pas que Jésus a imprimés dans cette rue de Pilate, et après, dans celle de la maison de la Véronique, jusqu'à la porte Judiciaire , puisque les plus illustres pèlerins y marchent pieds nus , et arrosent les traces du Sauveur de leurs larmes , qu'ils confondent avec son sang . Qu'on ne me parle point de la rue de Damas , appelée Droite dans l'Ecriture sainte, au bout de laquelle saint Paul fut baptisé. Je ne pense présentement qu'à cette rue douloureuse, qui tourne vers la maison du mauvais riche , et qui est coupée au lieu où Jésus défaillit sous la pesanteur de sa croix , et où la force du Tout-Puissant se trouva comme abattue. J'aime infmiment cette rue, et le chemin du Calvaire, au bout duquel le Sauveur sera de rechef baptisé de son sang. Elle est si précieuse , qu'on en compte les pas , mais j'y veux compter tous les vestiges de Jésus , et ne point prendre d'autres mesures que celles de ses pieds adorables tout déchirés et tout ensanglantés. Simon le Gyrénéen a marché sur les pas de son maître , et ensuite une infinité de martyrs , qui ont entendu la voix du Calvaire. Allons aii Ciel par ce chemin tout royal et tout divin , qui vaut le Ciel ; puisqu'il en contient le juste prix , je veux dire le sang de Jésus-Christ; et qui nous y mène. Cependant comme il ne suffit pas de voir une fois un bel objet;. ce n'est pas assez d'avoir marché comme en courant par le chemin du Calvaire, il faut repasser sur ses pas, qui sont les pas d'un Dieu , et par un mouvement de dévotion faire des stations , là où Jésus s'est arrêté , pressé des •derniers symptômes de son agonie.

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