XXIV. — Jésus passe sous l'arc de pilate
Adrichomius, Vilalpand et Quaresmius parlent diversement de cet arc, que je puis appeler le trophée de tant de siècles et un arc de triomphe de tous les conquérants qui l'ont laissé entier, et l'ont révéré. Il est éloigné du palais de Pilate environ d'un trait de flèche et ouvre une grande matière de discours aux plus curieux. Le premier de ceux que j'ai allégués en fait une galerie royale couverte, pour aller de la maison de Pilate à la forteresse d'Antoine; située sur un lieu éminent. Le second subtilise sur le mot de Xistus, et allègue des raisons que je laisse aux savants. Le troisième en fait un pont du palais de Pilate, qui a dû être ensuite une maison extraordinairement grande et étendue en ses appartements, puisqu'ils allaient si loin.
Pour moi, je crois que c'était une sorte d'observatoire
pour découvrir tous les lieux circonvoisins et porter la vue sur la ville et sur le temple.
De plus, les présidents romains parlaient au peuple de ce lieu , en cas de sédition et l'instruisaient de l'état des affaires, sans courir aucun danger.
J'admire ce beau reste de l'antiquité romaine, entier après tant d'embrasements, et je regarde avec un esprit d'adoration, deux fenêtres et deux pierres sur lesquelles étaient Pilate , et Jésus montré par Pilate , au peuple qui criait : Toile, Toile, paroles gravées sur les pierres en cette forme : TOL TO.
Arrêtons les yeux de l'esprit sur cette scène de douleur et contemplons souvent l'objet qu'elle nous découvre, fléchissons, sous cet arc de l'humilité triomphante, notre orgueil , et que l'EGGE HOMO reste imprimé dans nos veux et nos cœurs.