‹ La SyrieChapitre 26 sur 49 · I.K MI5A\ Ai: \l.\'" SIKC.I.K l(i · texte numérisé non relu

I.K MI5A\ Ai: \l.\'" SIKC.I.K l(i

barque 'Oinar-bev, un riMu'>i^al hongrois, que nous iclrouverons l)ienlôl gouverneur du Lil)an. La Tur(|uie n'amenait au rendez-vous qu'un vaisseau (lélai)ré, u faisant eau de toutes parts, syml)ole très exact de la situation présente de l'empire ottoman ».

Bombardement de Beyrouth. Le gouverneur égyi)ticn avait barré i)ar des tranchées et des sacs de terre toutes U's rues de la ville, aboutissant à la Marine. Le premier exploit de la Hotte alliée lut le l)()nd)ardement de Beyrouth. Il dura^ avec des inteiTuptions, pendant trois jours (11-14 Sept. 1840). Le feu des navires endommagea les maisons, causa la mort de femmes et d'enfants. Cette retentissante démonstration n'était qu'une manœuvre destinée à distraire Solaimàn-pach;i et la garnison égyptienne, })endant que les Alliés choisiraient un point de débarquement sur la côte. Avec leurs 5.000 hommes d'infanterie turque, ils ne se hasardèrent pas à occuper Beyrouth que Solaimàn avait préalablement évacuée pour s'établir dans la banlieue.

C^ontre toute attente, la Hotte égyptienne s'étant retirée à Alexandrie, celle des Alliés se réunit dans la baie de Djoùnia; où les agents i)ritanniqucs distribuèrent des armes et de lor aux rebelles libanais. Tripoli fut également bombardée. Saidà, Djobail, Batroùn furent occupées sans grande résistance. Ibrahim se tenait en obst^rvation sur les hauteurs du Liban. Coupé de ses communications avec TEgypte, il redoutait d'entrer en collision avec l'Europe. Dans des conditions aussi défavorables, il lui devint impossible de refouler la poussée des montagnards, commandés par l'émir lîachîr Qàsim Chihàb. ,

Bachîr III; départ de Bachîr II. Pour récompenser lu bonne volonté de cet émir, l'Angleterre le lit proclamer gouverneur du Liban. Il était le petit-fils de Molham (I). Nous-

(1) Voir plus haut Jo tabicnu généalogriquo p. HT ; pour Molhair.. V. pp. 99-lCO.

ilappellerons Bachîr III Molham pour le distinguer de Bachîr II 'Omar ou Bachîr- le-Grand. Le vieil émir, impressionné par l'accord de l'Europe, par l'impuissance d'Ibrahim, décida -d'abdiquer. Il se rendit, avec sa famille, à Saidâ, puis à Beyrouth, se remettre à la générosité du vainqueur.

Accueilli avec honneur, il lui fut permis de choisir le lieu de son exil, à l'exclusion de l'Egypte et de la France. Il se décida pour l'île de Malte. Bachîr ne devait plus revoir le Liban. Après onze mois passés à Malte, on l'aul^orisa à se fixer à Constantinople. Il y mourut à l'âge de 87 ans, en 1850, entouré du respect de ses anciens ennemis. Il fut le dernier des grands princes de la Montagne (1). «Il avait gouverné 53 ans, exemple sans précédent» dans les annales du Liban (Michel de Damas). Avec Fakhraddîn, il fut le véritable fondateur du <( Grand-Liban ». Découragé par la défection de J^achîr, Ibrahim évacua le Liban pour se concentrer à Damas.

Chute d'Acre. Sur la côte il ne lui restait plus que la ville d'Acre. L'hiver approchait, rendant la mer impraticable. Les amis d'Ibrahim espéraient que la place résisterait et que

■dans l'intervalle la diplomatie trouverait le temps d'agir. Ces prévisions furent déjouées. Le 2 Nov. 1840, une flotte de vingt bâtiments de guerre, dont sept vaisseaux de ligne, parut devant la ville. Soixante mille boulets furent lancés par 480 grosses pièces d'artillerie. Acre succomba, écrasée sous un

■ouragan de feu. « Ce fut très exactement laftaire de trois heures, moins un quart », affirme Michel de Damas; après qu'un boulet eût mis le feu à la poudrière et enseveli 300 Egyptiens sous les ruines. Par les brèches ouvertes dans l'enceinte, la garnison évacua la place à la faveur des ténèbres (3 Nov.).

t \1) Comp. le jugemeat que porte sui" lui le contempoi-ain Michel de IDamas, op. cit., 106.

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