‹ La SyrieChapitre 25 sur 49 · I.K LII5AN Al MX'" SIKCI.E · texte numérisé non relu

I.K LII5AN Al MX'" SIKCI.E

l)lait-il, à concéder à Méhémet-'Ali la possession héréditaire,. lion seulement de l'Egypte, mais de la Syrie (1). Pour impressionner i)lus sûrement 'Abdulmàdjid et la diplomatie européenne, dont on ne pou\ait écarter rintervention, il iallail montrer la Syrie impatiente de secouer le joug ég}'j>lien.

Attitude de Bachir. Or depuis deux ans, après la rél)rcssion sanglante des révoltes nosairies et dinises (v. p. 158), ce pays semblait s'être résigné à l'inévitable. Ortains s'en aeec^mmodaient allègrement. Tel l'émir Bachîr. Ibrahîm-paclui lui avait laissé les mains libres dans la Moiitagne. Il en ])r()lita pour « la gouverner à sa guise, amasser de l'argent» (\ . p. 149). Voyant chrétiens et Druses d'accord dans leur résistance à la conscription, il réussit à semer la division parmi eux. Enlin il fit exiler au Soudan les principaux émirs et cheikhs, chefs de l'opposition. « La tranquillité se rétablit tant bien que mal. Mais la vengeance couvait au fond des ccrurs. L'émir et ses enfants dominèrent la INIontagne » (2).

La révolte au Liban. Cet apaisement ne pouvait convenir à l'Angleterre. Ses agents travaillèrent donc à soulever la Syrie et surtout le Liban. Après la victoire de Xizib, le gouvernement égyptien céda à la malheureuse inspiration de désarmer les Maronites, qu'il avait dressés contre les Druses et armés pour étouffer leur insurrection. Les chrétiens y soupçonnèrent une mesure préparatoire à l'introduction de la conscription. Au Nord comme au Sud, l'exaspération des esprits fut bientôt à son comble. « La rapacité du fisc, les incessantes demandes d'argent jetaient l'ombre sur toutes les belles qualités ( ^•>ai y) de l'émir. Elles avaient appauvri la population et poussé à bout la patience des Libanais » (3)..

(1) Thureau-Dangin, op. cit., IV, 55-56. ^^2) Mich. de Damas, p. 101.

3) Mich. de Damas, 106.

Les chefs populaires. La révolte prit rapidement de redoutables proportions. Elle eut (1) des chefs, sortis des rangs du peuple, tels le Maronite Aboû Sanirà Ghânim, le Métouali Ahmad Dàghir, auxquels se joignirent des Chihàb et des Bellama'. Etablis au bois des Pins, près de Beyrouth, ils se préparèrent à couper l'accès de la Montagne aux troupes égyptiennes, du côté de Saidà, de Tripoli, de la Bqâ\ L'Angleterre exploita ces mouvements pour agir sur le sultan, le détourner d'une entente avec un vassal rebelle. Elle icussit à entraîner l'Autriche, la Russie et la Prusse dans une action commune contre Ibrahim-pacha, à l'exclusion de la France, qu'on savait favorable à l'Egypte.

Par le traité de Londres, (15 Juill. 1<S4()), conclu à rinsu de la France, les quatre Puissances signataires s'engageaient à imposer, au besoin par la force, l'ultimatum du sultan. Méhémet-'Alî devait évacuer les provinces usurpées dans un délai de 10 jours. A cette condition, on lui concédait la possession viagère du pachalik d'Acre avec radministration héréditaire de l'Egypte. Le gouvernement d'Acre, après 10 jours, l'Egypte après 20 jours, lui seraient enlevés, s'il n'acceptait pas les stipulations de l'ultimatum.

Concentration de la flotte alliée. Avant même qu'on eût pris le temps de le notifier au Caire, le 14 Août, le Commodore Sir Napier, se présenta en vue de Beyrouth. Il s'agissait d'encourager les rebelles, avec lesquels il entra aussitôt en rapports, en attendant la concentration de la Hotte alliée. Celle-ci acheva de se. réunir sur les côtes de Syrie, vers le 8 Septembrç. Elle n'était guère imposante. Les Anglais avaient fourni le principal contingent : douze vaisseaux de ligne, huit bâtiments légers et cinq vapeurs. L'Autriche ne comptait que deux frégates, un brick et un bateau à vapeur. Elle avait em-

» (1) Surtout dans lo Liban méridional, où ia féodalité chrétienne n'avait pu s'établir.

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