Voici le signalement de ces trois éditions
t° Registrum Guidonis Bonati de forliuio. Fol. i5, r°, après le registre et diverses pièces annexes, vient le titre : Guido bonatus de forliuio. Decem continens tractatus Astronomie. Colophon : Liber astronomicus Guidonis bonati de forliuio explicit féliciter. Magistri Joannis angeli viri peritissimi diligenti correctione. Erhardique ratdolt viri solertis : eximia industria et mira imprimendi arte : qua uuper veneciis : nunc Auguste vindelicorum excellit nominatissimus. Septimo kal. Aprilis. Mcccclxxxxj
20 Guido Bonatus de Forliuio. Decem continens tractatus Astronomie. Colophon : Venetiis Mandato et expensis Melchioris sesse : Per Jacobum pentium Leucensem. Anno domini i5o6. die 3 Julii. Régnante Inclvto Leonardo Lauretano Venetiarum principe.
3° Guidonis Bonati Foroliviensis mathematici de astronomia tractatus X universum cjuod in iudiciariam rationem Nativitaium, Aeris, Tô/npestatum, attinet, comprehendentes . Adiectus est ( l. Ptolemaci liber Fructas, cam Commentariis Georgii Trapezuntii. Basileae anno M. D. L. — C'est à cette dernière édition que renvoient nos citations.
2. Joannis Pici Mirandul/e Concorda comitis Disputatio adversus astrologos, Lib. ï. Bononiae, i/jof).
l'astronomie italienne
la vérité de l'Astrologie. Que dirai-je ? dirai-je que ses raisons sont fausses ? Pis que cela ! Elles sont puériles et ridicules au delà de ce qui se peut dire. Voici celle qu'il regarde comme la plus efficace : Le Quadrivium serait détruit si l'on supprimait l'Astrologie, car c'est une des quatre sciences mathématiques. Voyez à quel point il ignore la nature de cela même dont il fait profession ! »
D'ailleurs, si Guido Bonatti était en grande estime auprès de ces devins plébéiens et idiots que Jean Pic traite avec un si profond mépris, les astrologues qui se piquaient de plus de science et de distinction ne le jugeaient pas moins sévèrement que le Comte de Goncordia. Écoutons plutôt ce qu'en dit le Siennois Lucius Bellantius dans sa réponse à Y Apologia adversus aslrologos de Pic de la Mirandole \
La véritable Astrologie n'a rien qui soit contraire à la religion chrétienne 2 : « Qu'Albumasar et Bonatti aient été d'un autre avis, rien d'étonnant; l'un n'était pas savant et l'autre était ignorant. »
C'est folie que d'admettre l'horoscope des religions. A propos de ceux qui ont suivi, en ce point, l'opinion d'Albumasar et d'Abraham le Juif, a il nous faut dire 3 comment cet homme, dépourvu de toute philosophie et ignorant de la vérité astrologique que fut Guido Bonatti a eu l'audace de prononcer un jugement sur la religion chrétienne, lui qui ne savait cependant pas juger les plus petites choses ; mais, d'une part, cet homme ne connaissait pas les puissances des cieux, et, d'autre part, il n'adhérait pas à la religion du Christ. »
Dans ses Astronomie tractatus decem, Guido Bonatti aime à rappeler ses souvenirs personnels ; il nous fournit par là, sur sa propre vie, un certain nombre de renseignements ; d'autres renseignements se rencontrent en diverses chroniques du xive siècle. En puisant à ces diverses sources, le prince Baldassare Boncompagni a pu retracer bon nombre de traits v de la carrière qu'a parcourue notre astrologue.
i. Defensio Astrologiae contra Ioannem Picum Mirandalam. Lucn Bellantii Senensis mathematici ac plujsici Liber de astrologica veritate. Et in disputationes Ioannis P ici adversus astrologos responsiones. Colophon : Lucii Bellantii civis Senensis Artiam et Medicinge doctoris, responsiones ad Ioannis Pici comitis obiectiones : quas adversus Astrologicam veritatem : quamvis non ediderit commentatus est : Féliciter finiunt. Venetiis per Bernardinum Venetum de Vitalibus Anno a natali christiano Mcccccii. Cum Privilegio.
i . Lucn Bellantii Senensis Artium et Medicinae doctoris Responsiones in disputationes Ioannis Pici Miran. Co. adversus astrologos. Liber secundus. — Éd. cit., premier fol. duLib. II, verso.
3. Lucn Bellantii Op. laud., Liber quintus, au commencement du livre.
4. Délia vila e délie opère di Guido Bonatti aslrologo ed astronomo del
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEiN AGÈ
Vers l'an 1387^ Filippo Villani a composé un ouvrage, en deux livres, sur l'origine et les antiquités de Florence ; au second livre de cet ouvrage, un chapitre, le XXIIIe, est consacré à conter la vie de Guido Bonatti ; ce chapitre a été reproduit, dans son opuscule, par le p rince Boncompagni.
Nous y voyons 1 que Guido naquit à Gascia, village de Toscane, dans la vallée supérieure de l'Arno. Molesté, nous ne savons de quelle manière, par quelqu'une de ces séditions ou de ces proscriptions alors incessantes en Italie, il quitta son pays ; il fit plus ; profondément blessé de l'injustice dont il était ou dont il se prétendait victime, il voulut renier sa patrie et, dans tous ses écrits, il se donna comme originaire de Forli.
Son père, Ser Bonatto, exerçait à Gascia la profession de notaire2 ; on possède un certain nombre d'actes, datés des années qui vont de 1219 à 1233, qui sont signés de sa main ; d'autres actes, datés de 1294 et de 1296, sont également signés d'un Ser Bonatto dont le premier était sans doute l'ancêtre.
On ignore la date de naissance du futur astrologue. Mais il nous rapporte lui-même3 qu'il vit en 1223, à Bavenne, un homme qui se prétendait âgé de quatre cents ans ; en 1223, donc, Guido n'était plus un tout jeune enfant.
Dès 1233, d'ailleurs, nous le voyons 4 à Bologne, en querelle, au sujet de l'Astrologie, avec le célèbre Frère prêcheur Jean de Vicence. Dès ce moment aussi, si nous l'en croyons5, il était passé maître en l'art judiciaire ; de Forli, où il observe, il avertit Frédéric II, qui se trouve alors à Grosseto, qu'une conspiration le menace, dont les astrologues impériaux n'ont pas deviné l'existence ; mis sur ses gardes, l'empereur découvre, en effet, que Pandolfo da Fasanella, Theobald, Francesco et plusieurs de ses secrétaires avaient conjuré sa mort ; cela se passait an 1233, alors que Frédéric était en lutte contre son fils.
Guido Bonatti a-t-il vraiment rendu à Frédéric II le service dont il se vante ? Il est permis de penser que l'Empereur l'eût récompensé en l'attachant à sa personne, et nous ne voyons pas qu'il l'ait fait ; Guido ne prit point rang auprès de Michel Scot.
secoh decimoterzo. Notizie raccolte da B. Boncompagni. Roma, i85i (Estratte dal Giornale Arcadico, tomo CXXIII-CXXIV).