‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 129 sur 287 · Éd. cit., fol. LXXV, col. d · texte numérisé non relu

Éd. cit., fol. LXXV, col. d

L ASTRONOMIE ITALIENNE

en juge par les très nombreuses éditions que l'imprimerie en donna à la fin du xve siècle et au début du xvie siècle l. Le titre même de ce traité célèbre devint un surnom pour l'auteur ; on l'appelait parfois Petrits conciliator.

Les principes de l'Astrologie judiciaire sont nettement affirmés par le Conciliator diffcrentiarum ; ils sont rattachés 2 à l'axiome qu'Aristote avait formulé dans ses Météores : « Notre monde inférieur est nécessairement uni d'une manière continue aux mouvements célestes ; toute vertu de ce monde est gouvernée par ces mouvements. »

Il ne semble pas que Pierre d'Abano soit, plus que Guido Bonatti, disposé à restreindre d'une manière quelconque la portée de ce principe. Sans doute, il admet3 que les jugements tirés de l'Astrologie sont faillibles, qu'ils ne permettront pas toujours au médecin de sauver le malade ; mais de ces incertitudes et de ces erreurs il ne rend nullement responsables les axiomes en vertu desquels on porte de tels jugements. Si les pronostics fournis par l'Astrologie ne sont point toujours exacts, c'est que, pour en obtenir de certains, il faudrait tenir compte d'une incroyable multitude d'influences célestes et des combinaisons extraordinairement variées des éléments sur lesquels agissent ces influences ; cette complication passe l'intelligence de l'homme ; mais les désaccords qui en résultent entre les jugements astrologiques et les faits, ne marquent que l'insuffisance du savant, non l'inexactitude des principes. Telle est la' pensée qui semble dominer la discussion développée par Pierre d'Abano ; discussion où nous le trouvons plus soucieux de montrer son érudition par l'accumulation des autorités opposées les unes aux autres que de formuler une conclusion nette.

Nous verrons avec quel soin, dans l'Ecole de Paris, ceux qui croyaient à la légitimité de l'Astrologie judiciaire, soustrayaient, cependant, à l'influence des astres, les actes qui relèvent du librearbitre de l'homme ou de la grâce de Dieu. Pierre de Padoue ne semble aucunement désireux de briser par la moindre exception l'enchaînement du rigoureux déterminisme que pose l'axiome péripatéticien ; ce déterminisme, au contraire, il le formule de la manière la plus nette :

1. On cite les éditions de Mantoue, 1472 ; de Venise, 1476, i483, i49°\ i499? 1622, 1 548 ; de Pavie, 1490 ; de Florence, i52o ; de Baie. 1 535, etc.

2. Pétri de Apono Conciliator différent iarum ; Differentia IX : Quod natura humana non sit debilitata ab eo quod antiquitus videtur. Differentia X : Quod quis existens niedicus per scientiam Astronomiee non possit conferre in salutem aegroti.

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