‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 161 sur 287 · Pauli de Venetiis, Op. laud., Pars II, cap · texte numérisé non relu

Pauli de Venetiis, Op. laud., Pars II, cap

2. Pauli Ueneti in libros de anima explanatio cuni texta inclaso singulis lotis maxima quidem diligentia a vitiis : mendis atque erroribus. quitus liactenus ex ignavia irnpressorum scatebat. pur gâta : ac pristina integritati restituât : neenon annotât ioni bus textuuin : ac commentorum in marginibus e.rornata. Cum privilegio. Colophou : Pauli Ueneti artium sacreque pagine Doctoris melliflui : ordinis heremitarurn : Divi Augustin i Scriptuin super libruni de anima : perhypatheticorum (sic) principis Aristolelis : Ex proprio Originali diligenter emendatum per clarissimum artium ac medicine doctoreni. I). mag-istrum Hieronymum Surianum Hlium prestantissimi quondam arlium ac medicine doctoris Domini magistri Jacobi île Surianis de Arimino féliciter ad laudem dei : intemerateque virg-inis Marie missricordie matris explicit. Ueuetiis impressum mandato et impensis heredum quondam nobilis viri domini Octaviani Scoti : civis Modoetiensis. Per Bonetum Locatellum presbyterum Bergomensem decimo kalendas Novembres : Anno Salutis. i5o4- Lib.l, textus commenti [fi, fol. 22, col. d.

L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE

autres sphères, en sorte que les divers orbes tournent de mouvements différents autour de pôles distincts les uns des autres. Autour des pôles du mobile ultime, qu'on nomme les pôles du Monde, la rotation se fait d'Orient en Occident; elle se fait d'Occident en Orient autour des autres pôles. »

Un disciple d'Eudoxe ou d'Aristote eût pu, sans infidélité envers son maître, contresigner ces lignes ; n'allons pas en conclure, cependant, que Paul de Venise se soit enrôlé parmi les partisans convaincus des sphères homocentriques, car, presque aussitôt après ce passage, nous trouvons cet autre1 :

« Au sujet de la division du Ciel, quatre opinions se sont produites :

» La première fut eelle des Pythagoriciens qui admettaient dix orbes ou sphères célestes et point davantage, parce qu'en la numération simple, les nombres progressent jusqu'à dix et point au-delà; c'est par une numération mixte que les nombres se répètent et fournissent tous ceux dont nous usons.

» La seconde est celle des astronomes qui admettent neuf orbes, parce que le huitième orbe est mû de deux mouvements ; l'un de ces deux mouvements existe, dans cet orbe, premièrement et par lui-même ; c'est un mouvement d'Occident en Orient, qui accomplit une révolution en trente-six mille ans ; l'autre est, en cet orbe, par accident ; c'est le mouvement diurne qui se trouve, dans cet orbe, en raison de l'orbe supérieur, auquel ce mouvement appartient premièrement et par lui-même...

» La troisième opinion est tenue par ceux qui traitent de Philosophie naturelle ; ils disent qu'il y a seulement huit sphères célestes ; c'est inutilement, en effet, qu'au delà de la huitième sphère, on placerait un nouvel orbe ; de même, en effet, qu'il ne contient ni étoile ni planète, de même n'exercerait-il aucune influence...

» La quatrième opinion fut celle des Platoniciens qui divisaient tout d'abord le Ciel en deux globes sphériques. A leur avis, il n'y a, dans le Ciel, que deux orbes, l'orbe des Signes et l'orbe des astres errants. Ce dernier, ils le partagent en sept cercles, suivant le nombre des sept astres errants ; non pas que le globe des planètes soit partagé en sept globes ; cet orbe des planètes demeure vraiment un seul corps continu; mais, dans cet orbe, se trouvent sept cercles non continus [au reste de la masse], de la môme manière

i. Pauli Veneti Op. laud., Lib. î, textus commenti 45 ; éd. cit., fol. 2'S, col. a.

l'astronomie italienne 289

({lie les os sont discontinus au sein du corps d'un animal. Ces cercles sont des parties de l'orbe des astres errants; on les nomme excentriques ou déférents des planètes.

» Quant à savoir, parmi ces opinions, celle qu'il faut tenir pour* vraie, c'est étranger à la présente spéculation. »

Les erreurs historiques fourmillent en ce passage ; ne prenons pas la peine de les relever ; ne nous attardons pas, non plus, à montrer comment l'opinion prêtée aux Platoniciens est un reflet déformé d'une théorie de Gilles de Rome ; qu'un seul point arrête notre attention : Paul de Venise ignore que depuis plus d'un siècle, tous les astronomes experts en leur art admettent la théorie de la précession proposée par les Tables Alphonsines, qu'ils attribuent tous un triple mouvement à la sphère étoilée. En faut-il davantage pour démontrer l'extrême ignorance, touchant la Science des astres, de cet homme qui fut, en son temps, le maître le plus réputé des universités italiennes ?

PROSDOCIMO DE BELDOMAXDI

Prosdocimo de' Beldomandi fut contemporain de Paul de Venise ; il en fut le collègue à Padoue. Une savante étude de M. A. Favaro 1 nous retrace le peu que nous savons de la vie de ce maître, et nous fait connaître la liste très complète de ses œuvres.

La famille des Beldomandi, nommée aussi Bobbi et Boni, est une des plus anciennes de Padoue 2. Issu de cette famille, Prosdocimo naquit à une date qu'il est impossible de préciser, mais qu'on doit probablement placer entre 1370 et 1380 3.

Le 13 mai 1409, il prenait, à l'Université de Padoue, le grade de licencié ès arts v ; parmi les examinateurs qui le lui conféraient, se trouvaient Biaise de Parme (Biagio Pelacani) et Jacques de Forli (Jacopo délia Torre), les deux professeurs padouans qui, avec- Paul de Venise, ont le plus contribué à répandre, en Italie, les

1. Antonio Favaro, Intorno alla viia et aile opère di Prosdocimo de Beldomandi, maternât ico padovanù del secolo XV (Bulletino di Biblio(jrafia e di Storia délie Science matematiche e Jisiche pubblicato da B. Boncompagni, t. XII, 1879, pp. 1-74 et pp. n5-25i).

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