‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 179 sur 287 · Liber de Causis, XIV; éd. cit., fol. 79, coll. a et b · texte numérisé non relu

Liber de Causis, XIV; éd. cit., fol. 79, coll. a et b

LA CRUE DE l'aRISTOTÉLISME

prement parler, un retour sur soi-même, une opération cpii se ferme en cycle. Le retour cyclique est le caractère propre d'une substance qui se suffit à elle-même, dont la permanence n'a pas besoin d'une autre substance qui la fixe.

Les substances qui se suffisent à elles-mêmes sont nécessairement simples et indivisibles ; elles ne sont pas dans le temps, mais supérieures au temps et aux choses temporelles1 ; elles sont soustraites à la génération et à la corruption2 ; en effet, le retour d'une telle substance sur elle-même, la connaissance qu'elle a de sa propre essence, n'est autre chose que l'union de la substance qui connaît avec l'essence connue ; la substance est donc, en ces choses-là, inséparable de l'essence, en sorte que la substance est perpétuelle et simple comme l'essence même.

Toute cause est dans son effet sous la forme propre à cet effet ; tout effet est dans sa cause de la manière qui convient à cette cause. Les premiers principes seront ainsi en toutes choses. « Car toutes choses ont essence3 par l'Etre premier. Toutes les choses vivantes sont mues par leur essence à cause de la Vie première. Et toutes les choses intelligentes possèdent la science à cause de l'Intelligence première. »

Du principe qui vient d'être rappelé dérive surtout cette conséquence4 : La Cause première est en toutes choses et toutes choses sont en la Cause première. La Cause première, absolument une, cause toutes les choses de la même manière, en sorte qu'on peut dire qu'elle a, au sein de toutes choses, une seule et même existence. Mais les choses reçoivent diversement l'action de la Cause première ; en chacune d'elles, cette action produit un effet conforme à la nature de la chose qui l'éprouve. La Cause première répand donc également le bien sur tous les êtres ; mais le bien reçu est divers selon les dispositions de l'être qui le reçoit ; plus puissant en ceux des êtres qui sont les plus proches de la suprême Unité, il est plus atténué dans ceux qui sont éloignés de ce principe. Ainsi, au sein de la Cause première unique, les différentes choses gardent des existences distinctes et diverses.

Chaque chose a donc, en vertu de sa nature, de son essence, une certaine disposition à recevoir de telle manière et non de telle autre, en telle proportion et non en telle autre, le bien qui découle, soit directement, soit indirectement, de la Cause pre-

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