Éd. cit., fol. LXXXV, col. a
5. Paulin Paris, Hagins le Juif, traducteur français de plusieurs livres d'Astronomie (Histoire littéraire de la France, t. XXI, 1847, P- 5°°)-
^ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
Abraham Evenazre ou Aezora, qui est interprétés Maistre de aidé : que translata Hagins li juis de ebrieu en romans; et Obers de Mondidier escrivoit le romans. Et fut fait à Malines, en la meson sir Henri Bate ; et fu finés l'en de grâce 1273, l'endemein de la Seint Thomas l'apostre. »
Ainsi Obert de Montdidier écrivait la traduction en français que lui dictait le rabbin Hagins; version médiocre, d'ailleurs, et que Pierre d'Abano, comme nous le verrons, jugea bon de reprendre.
Ce rabbin1, qu'Henri Bate recevait et, peut-être, hébergeait dans sa maison, est, sans doute, celui qui, à son hôte aura, dicté en romans la version du Liber de mundo vel sœculo ; l'astronome de Malines n'aura eu d'autre soin que de mettre en Latin le Français de son auxiliaire.
Cet intermédiaire est si peu niable qu'il arrive à Bate d'en mettre en doute la fidélité.
Un passage du Liber de mundo vel sœculo émet l'hypothèse que les durées des diverses révolutions célestes pourraient être incommensurables entre elles, en sorte qu'une certaine disposition jjrise par les astres ne se pourrait jamais reproduire.
Ce passage provoque, de la part d'Henri Bate, cette brutale observation2 : « Je ne sais pas pourquoi le traducteur, ici, a sali le parchemin en mettant sa propre prose dans le texte, et en voulant montrer qu'il sait la Mathématique. — Nescio quare hic translater deturpavit pergamenum ponendo se in textu et ostendendo se scire mathematicam. »
Henri Bate ne s'est pas contenté, d'ailleurs, de traduire des ouvrages d'Astrologie ; il en a composé. Nous avons déjà mentionné sa Nativitas, et la collection imprimée contient deux autres petits écrits relatifs à la même science. Le premier est ainsi intitulé : Liber de consuetudinibus in judiciis astrorum, et est cent/loquiurn Bethen, brève admodum ; c'est un recueil de cent aphorismes qui résume les principes essentiels de l'Astrologie judiciaire. Le second, encore plus bref, a pour titre : De horis plunelarum.
i. Sur cet Hagins. outre la notice de Paulin Paris précédemment citée, voir : Ernest Renan, Les rabbins français du commencement du quatorzième siècle. Première partie : Jaiueries du Nord. Les traductions hébraïques de l'Image du Monde {Histoire littéraire de la France, t. XXVII, 1877; pp. 5oi- 5oy).
■2. Abrahe Aven a ris Judei Liber de Mundo net seculo, éd. cit., Col. LXXX, col. c.
i/ ASTRONOMIE PARISIENNE. —