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LE FATALISME ASTROLOGIQUE

Mais à coté de cette opposition, que d'analogies ! Les corps, dans la Hyle quileur est commune et qui est immuable, comme dans leurs formes qui diffèrent d'un corps à l'autre et d'un instant à l'autre, doivent leur existence et leurs changements aux Intelligences et aux orbes célestes. Comme Aristote, Avicenne et AlGazàli en viennent à déclarer que tous les changements du Monde inférieur sont soumis au gouvernement des circulations suprêmes, et pour détailler les lois suivant lesquelles s'exerce ce gouvernement, ils empruntent la plupart des traits de leur description au plus exact commentateur du Stagirite, à Alexandre d'Aphrodisias. Comme le Péripatétisme, comme le Stoïcisme, comme le Néo-platonisme hellène, le Néo-platonisme arabe fait aboutir toute sa Métaphysique à la justification du principe dont se réclameront les astrologues.

Ce principe, avec quelle rigueur Avicenne le développe ! Gomme il a soin de lui soumettre tout ce qui se passe en ce Monde, jusqu'à ce qui semnle advenir par hasard, jusqu'aux décisions de notre volonté.

« Les décisions de notre volonté, dit-il \ ne sont qu'ajjrès n'avoir pas été ; or toute chose dont l'existence a été précédée de nonexistence est une chose qui a une cause ; partant, toute décision volontaire qui se produit en nous a une cause. La série de ces causes, d'ailleurs, ne remonte pas à l'infini [à l'intérieur de notre âme] ; elle aboutit à certains événements qui sont arrivés du dehors ; ces événements sont terrestres ou célestes ; mais les événements terrestres proviennent des événements célestes ; la collection, donc, de tous ces effets provient d'une manière nécessaire de la nécessité de la volonté divine [collée tio igitur horum omnium provenu necessario ex necessitate divinœ voluntatis).

» Quant au hasard, il se produit par le concours de toutes ces choses ; lors donc que vous les aurez toutes résolues d'une manière parfaite, elles se trouveront réduites à des principes dont la nécessité descend de Dieu...

» Si quelqu'un des hommes pouvait connaître toutes les choses qui s'accomplissent [présentement] au ciel et sur la terre, et savoir quelles en sont les natures, il connaîtrait assurément quelles choses doivent arriver et comment elles arriveront. — Si autem possibile e.sset alicui hominum scire omnia ea quœ flunt in cœlo et in terra et naturas eorum, sciret utique quœ et qualité?' sunt futur a. »

Si l'astrologue ne peut, de l'inspection du mouvement des corps célestes, tirer des prédictions infaillibles, ce n'est pas que son art se réclame d'un principe faux ; c'est simplement qu'il ne saurait tenir compte, en ses jugements, de la multitude des circonstances dont dépendent les événements à venir. A la lumière de son Néo-platonisme, Avicenne juge les prophéties des astrologues tout comme Sénèque les jugeait à la lumière de son Stoïcisme 2.

Dans cette ample doctrine qu'est le Néo-platonisme arabe, nous a vions choisi d'analyser trois problèmes dont l'importance attirait particulièrement l'attention ; les rapports de l'âme humaine avec l'Intelligence active, la procession des êtres célestes à partir de Dieu, enfin la théorie de la causalité, tels étaient ces trois pro-

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