Ant . Favaro, Op. laud., p
7. Kob. Hirschfeld, Johann de Mûris, seine Werke und seine Bedeutung als Verfecliter der Classischen in der Tonkunst, eine S tudie ; Leipzig-, 1884.
8. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ras. n° 16621, fol. 62, v°, à fol. 64, r°.
9. On trouvera la description de ces deux livres dans : Ant. Favaro, Opt laud., p. 23 1 .
^ASTRONOMIE LATINE BU 310 Y EN AGE
de Peurbach, de Thomas Bradwardine, de Nicole Oresme et de Jean de Gemunden ; Ivo Scoeffer l'a publié séparément à Mayence en 1538.
Les abrégés de Musique et d'Arithmétique dont nous venons de parler 1 préparaient Jean de Murs à la rédaction d'un grand traité qui embrassât à la fois les principes de la Science des nombres et les applications de cette science. Cet ouvrage, il l'intitula : Opus quadripartitum numerorum sive de mensurandi ratione. Il y mit la dernière main le 13 novembre 1341 comme nous l'apprend la formule qui le termine 2 :
« Tempus est autem ut finem debitum huic operi statuamus, quod in quatuor libres una cum semilibro uno distinction est.
» Laus et honor, motus (?), gloria, potestas sit summo Deo, a quo omnis sapientia dericatur, qui me servum suum ad terminum attulit preoptatum. Actum anno Domini Jhu y pi 1343, 9bris13 die, orto jam Sole, initio Serpentarii exeunte, Luna quoque in Libra, in fine prime faciei, secundum veritatem tabidarum illustris principis Alfonsi régis Castelle que composite sunt ad meridiem Toletanum.
» Explicit quadripartitum numerorum magistri Johannis de Mûris. »
Quatre livres et un semiliber composent, Jean de Murs vient de nous le dire, son grand traité sur la Science des nombres. Les trois premiers livres et le semiliber sont consacrés en entier à l'Arithmétique pure ; l'Arithmétique appliquée fait l'objet du quatrième livre, celui, peut-être, dont la lecture intéresse le plus l'esprit curieux de pénétrer la science du Moyen Age. Six traités forment ce quatrième livre. Le premier traité, De moventibus et motis, expose avec clarté, mais avec une confiance excessive, les règles de l'inadmissible Dynamique d'Aristote. Le second, De ponderibus et metallis, fait connaître les propriétés des corps flottants et apprend à déterminer les poids spécifiques ; inspiré par un petit ouvrage qu'on donnait alors sous le nom d'Archimède, il demeure souvent inférieur à son modèle. Les quatre derniers traités portent les titres suivants :
De monetis, scilicet de arte consolandi;
De sonis musicis;
Quœdam quœstiones delectabiles ;
De arte delendi.
1. On a également, de Jean de Murs, un écrit sur la Trigonométrie [Maxiaï ilian Curtze, Urkunden zur Gescliichte der Trigonométrie im christlichen Mittelûlter ( Mbliotheca mothematica, 3e série, t. 1, 1900, pp. ^i'd-^iij)].
2. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° 7190, fol. 100, v°.
Entre le cinquième et le sixième traité, Jean de Murs avait inséré une épitre à Philippe de Vitry, évêque de Meaux 1 ; cette épître donnait, en vers latins, un traité complet d'Arithmétique.
Ces études multiples et variées ne détournaient cependant pas Jean de Murs des recherches astronomiques.
Un manuscrit de la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford, le Codex Digby 97, contient2 des canons pour le calcul des éclipses; ces mots les terminent : Hos canones disposait Johannes de Maris Parisius in A. MCCCXXX1X in domo scolarium de Sorbona.
Enfin, comme tous les astronomes du Moyen Age, Jean de Murs faisait de l'Astrologie ; l'article suivant nous fera connaître un pronostic qu'il avait confectionné, en 1341, à l'occasion d'une conjonction de Saturne, de Jupiter et de Mars ; de la confiance qu'il accordait à ces sortes de pronostics nous allons étudier un plus curieux témoignage.
L'écrit dont nous allons parler est une lettre adressée au pape Clément VI par maitre Jean de Murs3. Cette lettre n'est pas datée, du moins dans la copie que nous avons eue sous les yeux ; on ne lui peut assigner, dans le temps, d'autres bornes que celles du pontificat de Clément VI, c'est-à-dire les deux années 1342 et
Elle débute par cette formule :
« Sanctissimo et rêver endissimo patri et domino suo carissimo Clementi, divina providentiel sancte Romane ac univer 'salis ecclesie pape sexto, sua devota et humilis creatura que inferius est subscripta,subjectione et omnimoda cum promptitudine, obsequii veneratione et honoris, et se totum ad pedum oscula beatorum. »
L'Eglise a le plus grand intérêt à prévoir les événements heureux ou malheureux qui doivent atteindre la Chrétienté.
« Que votre Bévérende Sainteté sache donc, tout d'abord ceci : Dans le courant de Tannée 1365 de J.-C, au cours du 30e jour d'Octobre, dans le huitième degré du Scorpion, se produira l'une des conjonctions les plus grandes, celle de Jupiter et de Saturne ; en même temps, il y aura permutation de triplicité aérienne en triplicité aquatique pour Mars qui, la même année et dans le même signe, sera en conjonction avec chacune des deux planètes précédentes.
1 . Ce Philippe de Vitry s'occupait, comme Jean de Murs, de l'Harmonie ; on a de lui un Ars contrapuncti (Ant. Favaro, Op. laud., p. i40«