‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 270 sur 287 · I. AVEHROIS CORDUBENSIS Op. Icilld., Cap. III · texte numérisé non relu

I. AVEHROIS CORDUBENSIS Op. Icilld., Cap. III

LA CRUE DE l'aRISTOTÉDSME

res, ce sera par simple homonymie ; en réalité, les natures de ces corps seront essentiellement distinctes.

Toutefois, avec Aristote, on pourra considérer qu'il y a encore, dans un orbe céleste, quelque chose qui est en puissance1; ce corps, en effet, est en puissance d'occuper un autre lieu que celui qu'il occupe à présent ; et comme toute puissance réside en une matière, on pourra dire qu'il y a, dans cet orbe, une certaine matière, la Matière capable de mouvement local. Il sera permis de considérer cette Matière comme quelque chose d'intermédiaire entre la Matière première des choses sublunaires, qui existe entièrement à l'état de puissance, et l'acte pur; trois dimensions terminées, une figure géométrique définie placée dans une position donnée sont choses purement en acte, sans aucun mélange de puissance ; par la capacité de changer de lieu sans changer de figure, capacité qui constitue la Matière locale, l'orbe céleste contient quelque puissance à côté de cet acte pur. La puissance admet donc des degrés, ainsi que la matière ; en sorte que les corps célestes trouveront encore, au-dessus d'eux, un moteur où rien ne sera plus en puissance, où rien ne pourra plus s'appeler matière.

Venons maintenant à l'étude de la forme qui meut les orbes célestes.

Au sein d'un mobile sublunaire, réside une forme imparfaite2 ; si le corps est mû, c'est afin que cette forme acquière une plus grande perfection ; cette perfection, qui est seulement en puissance clans le corps mû, est en acte dans la fin à laquelle tend le mouvement ; il y a donc ici deux formes, l'une qui est la cause efficiente du mouvement du corps, l'autre qui en est la cause finale.

Il n'en est pas de môme dans les corps célestes ; la forme de ces corps ne provient pas d'une mise en acte de la matière qui les constitue; elle n'est pas susceptible d'être mise plus ou moins complètement en acte, d'acquérir une perfection plus ou moins grande ; il n'y a donc pas à distinguer entre la forme imparfaite qui meut le corps, et la forme parfaite qui est le terme auquel tend le mouvement ; la cause efficiente du mouvement est, ici, identique à la cause finale ; la forme qui meut est identique à la forme à laquelle tend le mouvement.

Les mouvements sublunaires prennent fin au moment où la

Page 1