‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 273 sur 287 · I. Averroès, toq. cit., comm · texte numérisé non relu

I. Averroès, toq. cit., comm

A.VERROÈS

plusieurs, et, s'il y eu a plusieurs, il se demande combien il y en a. »

Voici comment le Commentateur expose 1 l'argumentation par laquelle Aristote résout ce problème :

« Le premier Principe des choses est un être absolument immobile ; c'est ce qui fait que le premier mouvement est éternel, un, continuellement de même sens et divin.

» Si donc nous avons admis que tout mouvement a un moteur, et que le premier mouvement a un moteur éternel qui est de soi immobile, il est manifeste, par les raisons susdites, que le nombre des substances mouvantes est le même que le nombre des mouvements ; que ces causes [de mouvement] sont éternelles d'elles-mêmes et par nature ; qu'elles sont, de soi, privées de mouvement ; enfin qu'elles sont incorruptibles. »

Cette conclusion ne laisse place à aucun doute ; pour Averroès comme pour Aristote, il y a autant de moteurs immobiles, autant d'Intelligences exemptes de matière qu'il y a d'orbes dans les cieux.

Ce n'est pas à dire que le Commentateur n'attribue point un rôle privilégié à la première de ces Intelligences, à celle qui communique le mouvement diurne à la sphère suprême et à l'ensemble des cieux ; bien au contraire ; il lui parait 2 que, par sa nature comme par le lieu et la grandeur qui sont attribués à son mobile, cette Substance immatérielle a la priorité sur toutes les autres. De quelle manière il conçoit cette priorité, il va nous le dire, non sans profiter de l'occasion qui s'offre à lui de réfuter une opinion professée par l'Ecole d'Al Fârâbi et d'Avicenne.

« Certains modernes, dit-il, prétendent que la première Substance est une substance supérieure au moteur de l'ensemble du Ciel. Cela est faux, car chacune des substances séparées est le principe d'une substance sensible dont elle est le moteur et la fin désirée. C'est pourquoi Aristote déclare que s'il était des subtances séparées qui ne fussent les moteurs d'aucun corps, ces substances serait oiseuses. »

Quelle est la doctrine visée par le Commentateur en ce passage? Nous ne tarderons guère à le savoir, car Averroès écrit tout aussitôt :

« Voici ce qui presse ces modernes d'admettre une telle opinion...

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