B. Boncompagni, Op. laud
5. M. Steinsciineider, Intorno a Johannes de Lineriis (de Liveriis) et Johannes Siculus (Bulletino di Bibliografia .. . pubblicato da B. Boncompag-ni, t XII, 1879, p 346).
6. Ant Favaro, Intorno alla vita ed aile opère di Prosdocimo de' Beldomandi, materna tico padovano del secolo XV (Ibid . , p. 21 3).
l'Abbé de Spaimheim néglige de nous dire sur quels fondements il l'asseoit.
A la vérité, il a existé un Johannes Danko, ou Danekow, ou de Danecowe de Saxonia qui s'est occupé d'Astronomie ; mais il ne semble pas être identique au Johannes de Saxonia qui a composé les Canones super tabulas Alfonsii.
Un manuscrit, conservé à Erfurt, a pour titre 1 : Notule Johannis Danko super compotum. Le colophon est ainsi rédigé : « Expliciunt notule supra compotum magistri Joh. de Saxonia extrade a scriptis ejusdem completis a. D. 1297. »
Un autre manuscrit de la même bibliothèque 2 contient les Canones tabularum Astronomie de Jean des Linières ; en voici le colophon : Expliciunt canones tabularum astronomie ordinati per magistrum Johannem Pychardwn de Lyneriis et completi Parisius anno ab incarnacione Christi filii Dei 1322, s cri pli Parisius per manu s Johannis de Danecowe a. D. M°CCC0XXIII° in die cathedre Pétri. Deo gratias. »
Dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale 3, ces mêmes Canones se terminent par ces mots : « Expliciunt canones tabularum illustris principis Alfonsii quos magister Johannes Danekow de Saxonia compilavit. »
Avant 1297, donc, ce maître Jean Danko ou de Danecowe avait composé des écrits complets [scripta compléta) d'Astronomie dont il extrayait des notes sur le calendrier. Gomment pourrait-il être le même personnage que notre Jean de Saxe, auteur des Canones super tabulas Alfonsii, alors que cinquante- huit ans plus tard, en 1355, nous verrons ce dernier composer des exercices d'Astronomie à l'usage des étudiants ? Il est bien clair que nous avons affaire au moins à deux Johannes de Saxonia distincts qui, plus tard, ont été confondus l'un avec l'autre, comme Jean de Linières l'a été avec Jean de Sicile.
Un manuscrit de la Bibliothèque Nationale nous présente un traité4 qui est intitulé : Canones Jo. de Saxonia super tabulas Alfonsii régis Castelle. Le colophon de ce traité est ainsi rédigé : Expliciunt canones super tabulas magnas illustrissimi Castelle régis
1. Maximilian Curtze, Mathematisch-historische Miscellen. 7. War Johannes de Lineriis ein Deutscher. ein Italiener oderein Franzose ? (Bibliotheca mathematica, 1* série, t. IX, i8g5, p. 106).
2. Maximilian Curtze, Op. laad . , p. io5. — Maximilian Curtze, Urkunden fur die Geschichte der Trigonométrie im chrisilichen Mittelalter (Bibliotheca mathematica, 3e série, t I, 1900, p. 390).
3. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° i5i22, fol. 162, r°, à fol. 169, r°.
4. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° 7281, fol.2i3, r°, à fol. 222, r°.
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
Alfonsii per Johannem de Coûnnoût aliter de Saxonia dicti, anno Dornini iS27, magistri Jo. de Lineriis discipulus Parisius. Si ce colophon se garde bien de nous dire que l'auteur des canons ait porté le nom de Danck ou Danekow, il nous donne un autre renseignement ; on ne l'appelait pas seulement Johannes de Saxonia, mais encore Johannes de Coûnnoût, c'est-à-dire Jean de Gonnaught ; peut-être Irlandais et originaire du Connaught, avait-il séjourné en Saxe avant de venir à Paris ; peut-être était-il né en Connaught de souche saxonne ; en tous cas, en dépit de Jean de Trittenheim, il ne parait pas assuré qu'il fût Allemand.
Les canons composés en 1327 par Jean de Saxe sur les Tables Alphonsines eurent une grande et rapide diffusion ; encore aujourd'hui, les manuscrits qui les renferment sont extrêmement nombreux. En 1483, ces Canones furent imprimés *.
Le colophon qui nous a donné au moins une indication sur la patrie de Jean de Connaught, nous a également appris que celui-ci revendiquait le titre de disciple de Jean des Linières ; il aimait à déclarer que ce maître l'avait formé aux études astronomiques ; u Maître Jean des Linières dont je tiens toute ma science, disait-il vers la fin de sou ouvrage ; Magister Johannes de Lineriis a quo habeo scientiam meam. »
Jean des Linières vivait encore en 1327, lorsque Jean de Saxe composait ses Canones, car il allait, en 1335, donner sa Théorie des planètes ; aussi la discrétion venait-elle, à cette époque, modérer l'expression de la reconnaissance que l'élève avait vouée au maître. Cette reconnaissance put se manifester avec toute son intensité lorsque la mort eut pris l'Astronome picard.
En 1355, Jean de Saxe réunit, à l'usage des étudiants en Astronomie, un recueil d'exercices 2 destinés à les familiariser avec l'emploi des canons et des tables du premier mobile que Jean des Linières avait donnés en 1322. Ce recueil est intitulé : Exempla Jo. de Saxonia super tabulas primi mobilis et canones Jo. de Lineriis, cum exactis partibus ad longum, et ponuntur exempla in omnibus canonibus super radicem anni Christi 1355 completi, et super Parisius.
1. Alfontii rugis cASTELL^E iLLUSTRtssiMi cœlestium motuum tabulœ, necnon stellarumjixaram longitudines ac latitadines alfontii lempore ad motus veritatem mira diligentia reductœ. Ai primo Joannjs saxoniensis in tabulas alfontii canones ordinati incipiunt fauslissimr . — Colophon : Finis tabularum astronomicarum Alfontii régis castellse. Impressionem quam emendatissimam Erhardus ratdolt augustensis mira sua arte et impensa foelicissimo sidere complere curavit Anno salutis i4^3 Sole in 20 gradu Cancri eradientc hoc est f\ non. Julii. Anno mundi 7681. soli deo dominanti astris Gloria.
2. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ras. 7281, fol. 222, r°, à fol. 223, r°.
Au-dessus de ce titre, Jean de Saxe, pensant à son maître que la mort avait ravi, tout récemment peut-être, écrit cette phrase :
« Non fuit mortuus, qui scientiam vivificavil. »
L'ouvrage débute, d'ailleurs, par un éloge de Jean des Linières :
« De nombreux astronomes ont écrit des livres sur les opérations qui se peuvent faire à l'aide des tables, opérations qu'ils ont nommées canons ; mais certains d'entre eux n'ont pas suffisamment indiqué toutes les opérations dont on peut connaître le résultat ou qui se peuvent effectuer par le moyen des tables ; d'autres, en leurs explications, ont tenu une méthode difficile et obscure ; Maître Jean des Linières, mon maître, a ordonné des canons qui sont complets et qui suffisent à toutes les opérations qu'il est d'usage commun de faire par le moyen des tables ; dans ses écrits, il a employé un style aisé ; il a gardé une méthode parfaitement ordonnée, commençant par ce qui devait venir au commencement et finissant par ce qui devait être mis à la fin.
» Donc, à la louange du Dieu de gloire et en l'honneur de mon maître, pour le plus grand profit des écoliers qui désirent connaître les opérations praticables à l'aide des tables d'Astronomie, moi, Jean de Saxe, avec le secours de Dieu, je me propose de donner des exemples de toutes les opérations que l'on a coutume d'efiectuer par le moyen des tables ; et cela, afin que personne ne renonce à l'usage et à l'emploi des tables astronomiques à cause de la difficulté qu'il trouverait à faire les opérations auxquelles elles donnent lieu '. »
Après avoir choisi uue série d'exemples sur les Canons que son maître Jean des Linières avait composés, Jean de Saxe a-t-il voulu donner le même complément à ses propres Canons ? Le supposer ne serait point faire hypothèse invraisemblable. Le recueil de ces exemples composés par Jean de Saxe sur ses propres Canons des Tables Alphonsines serait alors la pièce que nous avons trouvée, sans nom d'auteur, dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale ?, et que nous allons brièvement analyser.
Que ces nouveaux exemples, composés sur les Canones de Jean de Saxe, soient bien du même auteur que les premiers, tout semble l'indiquer. La même phrase de Ptolémée sert d'épigraphe aux uns et aux autres. Le proœmium de l'ouvrage consacré aux Canons
i Les Exempla de Jean de Saxe se terminent (Ms. cit , fol. 228, r°) par ces mots : Ut patet in opère declurationis tabularuin quod feci tempore meo . Ces mots font évidemment allusion aux Canones super tabulas Alfonsii, composés en 1327.
2. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° i5io4, fol. 112, v° à fol. 127, v° ; puis fol. 112, r°, où se trouve la fin de l'ouvrage.
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
de Jean des Linières fait l'éloge du stylum levé de ce maître ; le proœmium de l'écrit que nous allons étudier vante celui qui enseigne stylo levi sen facili la Science astronomique à ses successeurs. Enfin, les exemples destinés à rendre usuels les Canons de Jean des Linières étaient tous calculés « super rddicem anni Christi 1355 completi et super Parisius » ; les exemples que nous allons examiner sont tous, eux aussi, calculés en faisant usage du méridien de Paris1, et pour Yannus 1355 completus* ou bien pour Yannus 1356 incompletus3.
Si les nouveaux exemples n'étaient pas, comme les premiers, de Jean de Saxe, il faudrait admettre qu'ils sont de quelqu'un de ses disciples ; ce disciple aurait voulu faire pour les Canons de son maître ce que celui-ci avait fait pour les Canons de Jean des Linières. Une remarque ôte quelque vraisemblance à cette supposition ; cette remarque conduirait même à penser que la rédaction des exemples dont nous nous occupons en ce moment a précédé, et non suivi, la rédaction des exemples sur les Canons de Jean des Linières. Au premier de ces deux ouvrages, en effet, nous trouvons 4 la phrase que voici :
« Sed non curavi hic figuram cœli constituerez quia in hoc opusculo nichil alhid agere curavi nisi ut modum operandi in tabulis astrologicis alleviarem per exempta, quœ exempla in canonibus tabularum quos ego vidi non ponuntur. »
Si l'auteur n'a jamais vu de Canons accompagnés d'exemples, c'est donc que les Exemples sur les canons de Jean des Linières n'existaient pas encore.
Sans prétendre trancher ici les questions qu'on peut se poser touchant l'auteur de l'écrit que nous allons analyser, nous conviendrons, pour la simple commodité du discours, de donner à cet auteur le nom de Jean de Saxe.
« Non fuit mortuus qui scientiam vivificavit nec est pauper qui intellectui dominatus est, Hanc propositionem scribit Ptholomeus in prologo prime dictionis s ni magni voluminis Almagesly . Cujus expositio talisest... » C'est en ces termes que débute le préambule de Jean de Saxe :i.
Consacré à l'éloge de l'astronome et de l'Astronomie, ce préambule présente un vif intérêt historique ; il nous apprend, en effet,