Voir Première Partie, Ch. X, § T, l, 11, j>j>. (h
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ductible qui existe entre les principes les plus essentiels de la Physique péripatéticienne et l'Astronomie de IHolémée.
Les autres objections faites au système de Y Almageste ne paraissent guère peser dans l'estime d'Albert de Saxe ; il en est une, cependant, à laquelle il s'attarde quelque peu et dont il donne une solution intéressante *.
« Il n'y a pas de raison pour attribuer un épicycle aux planètes plutôt qu'à la Lune ; or la Lune n'a pas d'épicycle ; en effet, si la Lune avait un épicycle et qu'elle fût entraînée par le mouvement de cet épicycle, l'image qu'on voit dans la Lune, cette figure d'un homme qui porte un fagot d'épines sur le dos, devrait parfois sembler renversée, ayant les pieds en haut et la tête en bas. »
L'objection avait déjà été formulée par Roger Bacon, et Bernard de Verdun avait tenté d'y répondre. Richard de Middleton l'avait résolue en attribuant au corps même de la Lune une rotation de sens contraire à celle de l'épicycle, et de même durée que cette dernière ; mais en la présentant, il avait commis une inadvertance. Cette inadvertance, nous l'avons vu au paragraphe précédent, s'était reproduite sous la plume de Jean Buridan lorsque ce dernier avait exposé cette objection à laquelle il attribuait une grave impor^ tance. Or, visiblement, c'est à Buridan qu'Albert de Saxe emprunte, sans la corriger, la formule de cette objection ; c'est aussi l'argumentation de Jean Buridan que ses raisonnements vont s'efforcer de réfuter.
Il rappelle, d'abord, la solution admise par Richard de Middleton et déjà indiquée par Roger Bacon : « Certains disent que, non seulement, la Lune prend part aux mouvements de son déférent et de son épicycle, mais encore, en l'épicycle, qu'elle se meut sur elle-même, en sens contraire du mouvement de l'épicycle ; dans le temps que l'épicycle fait une révolution autour de son centre, la Lune, elle aussi, fait, en sens contraire, une révolution autour de son propre centre ; on peut expliquer ainsi que l'image qui se trouve en la Lune paraisse toujours semblable à elle-même. »
Les adversaires des épicycles refusaient de se rendre à cette raison ; si l'on attribuait à la Lune un mouvement de rotation sur elle-même, il fallait en attribuer un tout semblable aux planètes ; mais alors ces planètes tournant toujours la même face vers la Terre, les influences qu'elles exercent sur les choses sublunaires ne changeraient pas au cours de leurs révolutions, à l'inverse de ce qu'enseigne l'Astrologie.
Albert de Saxe n'hésite pas à supposer que la Lune est animée
i. Albert de Saxe, Op. laud., lib. II, quœst. VII.
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
d'un mouvement de rotation : « J'ai bien souvent regardé la Lune, dit-il, et j'y ai aperçu une certaine tache sombre ; mais je n'ai jamais pu y reconnaître l'image que certains prétendent y voir, à savoir la figure d'un homme qui porte un fagot d'épines sur le dos. Quoi qu'il en soit, on peut fort bien expliquer le fait que cette image ne paraît jamais renversée en attribuant à la Lune un mouvement de rotation spécial en sens contraire du mouvement de l'épicycle. »
On n'est pas obligé pour cela d'attribuer un mouvement semblable aux autres planètes ; « la Lune n'est point de même nature en toutes ses parties, comme le sont les autres étoiles; l'influence exercée par l'une de ses faces pourrait différer de l'influence exercée par l'autre ; il n'en saurait être de même des autres étoiles ; on ne se doit donc pas étonner que la Lune puisse avoir un mouvement de rotation autour de son propre centre et que les autres étoiles soient dépourvues d'un semblable mouvement. »
Cette objection résolue, rien ne retient plus Albert de Saxe d'adhérer au système de Ptolémée « accepté par tous les astronomes modernes ». Ce système, il l'expose à l'aide des orbes solides agencés par les Hypothèses des planètes et dont, au xive siècle, se servaient tous les physiciens de Paris. Les principes sur lesquels repose l'emploi de ces orbes, il les énonce comme des propositions d'usage courant ; ici1, il enseigne que les orbites des diverses planètes sont contiguës les unes aux autres ; ailleurs 2, il enseigne que la représentation du mouvement du Soleil exige trois orbites, une orbite inférieure dont la surface concave est excentrique au Monde tandis que la surface convexe lui est excentrique, une orbite supérieure dont la surface concave est excentrique et la surface convexe concentrique, enfin une orbite intermédiaire ; ailleurs encore 3, il énumère toutes les orbites qu'exige le système des Hypothèses et d'ibn al Haitam pour représenter le mouvement d'une planète; il continue à donner à l'excentrique la figure d'une couche comprise entre deux sphères concentriques l'une à l'autre, et non point la figure d'un tore, comme Pavaient proposé Gilles de Rome et les Démons tratione s theoricœ planclarum.
Albert de Saxe, lorsqu'il discute le nombre des sphères célestes, propose 4 de compter dix sphères, la huitième étant celle des étoiles
1. Alberti de Saxonia Quœstiones in libros De Cœlo et Mundo ; lib. I, quaîst. IV.