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Nicole Oresme, Le Traicté de la Sphère, Ch. L

I/ASTRONOMIE LAlL\E AU MOYEN AGE

choses ; pour ce que ce seroit trop longue chose, et qui ne scroit pas aisée à traicter en françois suffisamment. Et il me semble qu'il vault mieux s'en taire, que en parler, sans monstrer les causes et les nécessitez pourquoy telles choses furent trouvées, et la possibilité ou la manière comme ilz peuvent estre. »

Fii>\ 21 .

Le Traité du Ciel et du Monde ne nous fournira guère, plus que le Traité de la Sphère, de renseignements sur ces problèmes qui ressortissent à la « Théorique des planètes ». Il nous offrira, cependant quelques passages intéressants à glaner.

11 en est, en particulier, où nous verrous cette opinion nettement affirmée : Ce qui impose au philosophe l'adhésion au système astronomique de Ptolémée, c'est la nécessité de sauver les apparences.

Ainsi, au second chapitre du Livre II, nous lisons 1 : « Or est-il ainsi que pour sauver les apparences des mouvemens du ciel, les quelles ont été apperceues et cogneues ou temps passé par observacions, il convient par nécessité mettre que aucuns des cielz sont excentriques et aucuns épicicles. »

Plus loin, au VIIIe chapitre du même Livre, Oresme soutient contre iVristotc que la révolution d'un ciel ne requiert pas, au

i. Ms. cit., fol. /|0, col. a.

L ASTRONOMIE PARISIENNE

— il. LES PHYSICIENS

centre de ce ciel, l'existence d'un corps immobile; au Philosophe, il objecte 1 cet argument :

« Item, contre ceste response et au propos principal, est en ciel instance manifeste ; car pour sauver les apparences et les expériences des mouvemens du ciel, il convient de nécessité confesser que, ou ciel, sont aucuns corps célestiels spériques appelez espiciclez, et que chascun tel espicicle a mouvement circulaire, propre par soy, environ son centre, autre que le mouvement du ciel en quoy est espicicle ; et appert clèrement que c'est impossible selon philosophie que quelconque corps repouse au milieu de cest espicicle. Et doncques il ne convient pas que aucun corps repose ou milieu de corps meu circulairement. »

Un dernier passage concerne la sphère suprême chargée de communiquer le mouvement diurne à tous les orbes, tandis que la sphère des étoiles fixes se meut elle-même et meut les orbes des astres errants d'un mouvement très lent. Ce passage est surtout intéressant en ce que nous y voyons Nicole Oresme adopter une opinion qu'avait soutenue Jean Buridan. Il se lit au XIXe chapitre du second livre du Traité du Cvd et du Monde ; le voici 2 :

« Ou temps d'Aristote l'on n'avoit apperçu encor que la VIIIe espère, où sont les estoilles fîchiés, feust meuc d'autre mouvement que de journal, et pour ce, tenoit Aristote que c estoit le souverain ciel meu très ysnelment 3 d'un seul mouvement très simple .

» Mez depuis a esté trouvé qu elle est meue de mouvement composé de plusieurs, et pource les astrologiens mettent que, par dessus elle, est une JX° espère

» Mes autrefoiz j'ay advisé une oppinion telle que, jà soit-ce que la VI II( espère soit meue de deux mouvemens, par aventure ne convient-il pas, pour ce, mettre une espère par dessus elle, en laquelle ne appert quelconque estoille ; mes peut-estre que la VI 11° est la souveraine, et qu'elle et les autres sont meues de mouvemen journal, mes les autres en descendant de leurs mouvemens propres comme est dit.

» Et sont ineues toutes selon l'autre mouvement de celle VIIIe espère, qui est, selon aucuns, en cent ans d'un degré contre le mouvement journal. »

i. Ms. cit., fol. 50, coll. ç cl (I.

2 Ms. cit.. fol. 8i, col. c; fol. 82, col. a.

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