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PIERRE D'AILLY

Demeurons encore un peu de temps à Paris ; en laissant fuir vers lesjmys allemands tout un essaim de maîtres actifs et réputés, la grande école nominaliste a vu décroître sa puissance ; elle ne l'a pas entièrement perdue. Après l'exode de 1382, pendant les dernières années du xive siècle, pendant les premières années du xve siècle, en dépit du Grand Schisme, des querelles des Armagnacs et des Bourguignons, de la Guerre de Cent Ans, la tradition de Jean Buridan, d'Albert de Saxe, de Nicole Oresme et de Marsile d'Inghen demeure encore, maints documents nous l'apprennent, vivante et vigoureuse.

Pour nous renseigner sur les tendances des astronomes parisiens au voisinage de l'an 1400, nous avons le témoignage de Pierre d'Ailly.

Pierre d'Ailly vécut de 1350 à 1425. Chancelier de l'Université de Paris en 1389, évêque du Puy, d'abord, et de Cambrai ensuite, cardinal en 1411, il joua un rôle important dans les démêlés du Grand Schisme ; son extraordinaire activité, non moins que la science dont témoignent ses nombreux écrits sur les sujets les plus variés, l'avaient fait surnommer Y Aigle de France.

L'ouvrage astronomique le plus important et le plus .souvent édité 1 de Pierre d'Ailly est un commentaire au Traité de la Sphère

i. La première édition de ces Questions, jointes au Commentaire de Pedro Ciruelo de Daroca, est la suivante :

Uberrimum sphère mundi comentum intersertis etiam quesfionilnis domini

de Joannes de Sacro-Bosco. Ce commentaire est mis sous la forme de Quatorze questions où sont examinés les problèmes astronomiques les plus fréquemment débattus au xive siècle. Or les Questions de Pierre d'Ailly sur la Sphère de Joannes de Sacro-Bosco reproduisent fort souvent la doctrine et, quelquefois, les propres termes des Questions d'Albert de Saxe sur le De Cselo d'Aristote.

Voyons d'abord ce que Pierre d'Ailly pense du système des sphères homocentriques.

De la théorie d'Al Bitrogi, l'Évêque de Cambrai reproduit 1 l'exposition, simplifiée jusqu'à l'inexactitude, que nous avons trouvée déjà dans les écrits des deux Albert. « Cette opinion d'Alpétragius, ajoute -t-il, est vraisemblable ; elle explique certains mouvements apparents des corps célestes...; mais elle a contre elle le sentiment de tous les astronomes. » Il reprend, contre le système d'Al Bitrogi, les objections qu'avaient déjà formulées Albert le Grand et Albert de Saxe, objections qui, bien souvent, ne portent plus contre la doctrine de l'auteur arabe lorsqu'on prend celle-ci dans son intégrité. A ces objections, il en ajoute d'autres qui sont plus décisives, celle-ci par exemple : La théorie d'Al Bitrogi ne rend pas compte du mouvement de trépidation

Pétri de aliaco. Iehan Petit. Colophon : Et sic est finis hujus egregïi tractatus de Sphera muntli Johannis de Sacro Busto Anglici et doctoiis parisiensis. Una cum textualibus optimisque additionibus ac uberrimo commentario Pétri Ciruelli Darocensis ex ea parte Tarraconensis Hispaniae quam Aragoniam et Celtiberiam dicunt oriundi. Atque insertis persubtilibus quaestionibus re\ ereudissimi domini cardinalis Pétri de Aliaco ingeniosissimi doctoris quoque parisiensis. Impressum est hoc opusculuni anno dominice nativitatis 1498 in mense februarii Parisius in campo Gallardo oppera atque impensis mag'istri Guidouis mercatoris. — Selon Bvunet (Guide du t ibraire et de V amateur de livres, 5e édition, 1864, t. V, col. 22), « il y a deux sortes d'exemplaires de ce livre ; les uns ont la fausse date de i4o8, et portent la marque de Jehan Petit (Johannes parvus) ; les autres, avec la marque de Guy Marchand, sont datés de 1498 ». L'exemplaire que nous avons consulté à la Bibliothèque municipale de Bordeaux porte la marque : Iehan Petit, et la date exacte :

De cet ouvrage, où les Questions de Pierre d'Ailly sont réunies au Commentaire de Pedro Giruelo, il existe une seconde édition : Opusculiirn de sphera mundi Joannis de Sacrobusto : cum additionibus et familiarissimo commentario Pétri Giruelli Darocensis : nunc recenter correctis a suo autore : intersertis etiam er/rer/iis questionibus domini Pétri de Aliaco : Golophon : Fuit excussum hoc opusculum in Aima Gomplutensi Universitate. Anno Domini Millesimo quingentesimo vigesimo sexto. Die vero decimaquinta Decembris. Apud Michaelem de Eguia. E regione Divi Eugenii commorantem : ubi venundatur.

En outre, les Ouatuordecim quœstiones Domini Pétri de Aliaco se trouvent dans les recueils de traités astronomiques publiés à Venise, en i5i3, par Melchior Sessa ; en i5i8, par les héritiers d'Octavianus Scotus Modoetiensis ; en 1 5 1 8 et en 1 53 1 , par Lucantonio Junte. Ges recueils ont été décrits précédemment, t. II, p. i46 (en note) ; t. III, p. 246 (en note) et p. 279 (en note).

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