‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 120 sur 126 · Claud., 29. 2. Ann., XII, 35 cf. plus haut, $ V, n · texte numérisé non relu

Claud., 29. 2. Ann., XII, 35 cf. plus haut, $ V, n

3. Claud., 24. Au surplus, le récit de Suétone, comme celui de Tacite, contredit manifestement de telles appréciations,

ment, son affirmation absolue: « Sed haec et alia totumque ex parte magna principatum non tam suo quam uxorum libertorumque arbitrio administravit, talis ubique plerumque, qualem esse eum aut expediret illis aut liberet». Dion Cassius, le plus équitable des trois, revendique formellement pour Claude certains actes, surtout du début de son principat, mais aussi de la suite’. D’autres actes portent la marque évidente de sa personnalité: ils émanent de l'empereur grammairien et antiquaire: par exemple, la réforme de l'alphabet ?, la célébration des jeux séculaires , les mesures en faveur des haruspices‘. L'acte dont le discours de la Table Claudienne fut l'élément essentiel nous semble avoir été de cette catégorie. Bref, sans prétendre à instituer un départ impossible entre ce qui est imputable à Claude lui-même et ce qui doit être inscrit au passif de ses familiers omnipotents, à leur actif aussi — car ils n’agirent pas exclusivement pour le mal; ils étaient capables de vouloir et de procurer le bien, quand ce bien convenait ou ne répugnait pas à leurs intérêts ou à leurs passions —, disons que l'influence très grande et, en général, pernicieuse de ses affranchis et de ses femmes ne fournit point une explication totale de son principat, non plus que la longue énumération de ses défauts une définition complète de sa personnalité.

Claude valait mieux, en somme, et gouverna mieux, malcré tout, que Gaius. Mais il n’était, bien

loin de là, ni César ni même Auguste ou Tibère. Il n’avait l'étoffe ni, cela va sans dire, d’un grand empe-

reur, ni même d’un bon empereur. Mais il ne fut pas constamment un mauvais empereur ni un semblant d’empereur. Comme en de certaines attitudes il prenait un air impérial d'autorité et de dignité, à de certains jours sa conduite fut vraiment impériale: les jours, par exemple, où il donna l'investiture royale à l’Arsacide Méherdate, où il reçut la soumission du roi breton Caratacus ; celui aussi où il prononça pour les Gaulois le plaidoyer que Tacite a refait, que reproduisait la Table Claudienne. Mais, comme peu de chose suffisait à rompre le charme de ce prestige extérieur, peu de chose suffisait à rejeter le prince de sa précaire possession de soi dans l’égarement ou dans la sujétion. Et alors, au lieu d’un empereur, il n’était plus qu’un maniaque ou qu’un fantoche. Même en ses meilleurs moments, quelque signe trahissait son infirmité, sa dégénération. Le jour de Caratacus, qu'il laisse Agrippine présider avec lui la cérémonie, sa femme s’arroger de paraître officiellement ce qu'elle était réellement, impératrice, signifie l'infirmité de son caractère. Le jour de la requête gauloise, l'infirmité de son esprit se révèle par la lourdeur, la gaucherie, le manque de goût et de tact, qui gätent les qualités estimables de son discours, par toutes ces taches dont Tacite a purifié la figure qui se dégage pour nous, moins belle, mais plus vraie, de la Table Claudienne.

LX, 7, 45 ef. 17, 1 et suiv. ; 26, 1 et suiv. ; 34, 1 et suiv. . Tacite, Ann., XI, 13 ; Suétone, Claud., 41.

. Tacite, Ann., XI, 11 ; Suétone, Claud., 21 ; etc. Macite Are, 619:

UC

Page 1