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tion qu’au milieu du siècle dernier Zell! donnait encore, sans préciser davantage, ajoutant simplement que l’usage était de conserver au chef-lieu de la province les lois et les édits qui la concernaient, et provoquant ainsi cette double observation de Zumpt ?, que l'existence d’un tel usage n’est pas démontrée certainement et que le discours de Claude n’était ni un édit ni une loi. D'ailleurs, l'explication de Vertranius est trop vague. La Table Claudienne, il le sait et tous nos vieux auteurs le savent, fut retrouvée, à proximité assurément de l’endroit où elle avait été affichée, sur la côte Saint-Sébastien, entre Saône et Rhône, et non pas sur la rive droite de la Saône, sur le plateau ou la pente du plateau de Fourvière, près de Lugudunum, à vrai dire, et non pas dans Lugudunum. Pourquoi ?
Ménestrier qui, moins que personne, pouvait résoudre la question de façon pertinente, se l’est posée cependant: le lieu de la trouvaille signifie, répond-il, non pas que Lyon était bâti en cet endroit, mais qu'il y avait là quelque temple consacré au Génie de Lyon ou à une autre divinité. Monfalcon 4, dont les mérites sont rares, a eu celui d’ébaucher une solution qui contient une bonne part de vérité: ce n’est point à Fourvière que l’on a retrouvé le discours de Claude, parce que, n’intéressant pas la colonie romaine, il n'avait pas été placé dans la ville romaine; c’est sur la colline Saint-Sébastien qu'on l'avait placé, au milieu des habitations ségusiaves, parmi ces Gaulois dont l'intervention impériale favorisa * les principaux personnages, et sans doute dans un temple particulier. La reconnaissance des Gaulois, dit Boissieu f, n’a pas pu déposer ce titre ailleurs que dans un édifice publie de leur métropole ; peut-être était-ce le temple d’Auguste. Ce qui empêche d’être plus affirmatif, c’est que, partisan résolu et même champion attardé ? de la vieille tradition lyonnaise, il situait ce temple trop loin de la colline Saint-Sébastien, à Ainay. Auguste Bernard, qui le situait aux Terreaux, sur l'emplacement du Palais Saint-Pierre, n’a pas la même hésitation. Notre Table Claudienne ne pouvait se trouver à Lugdunum, qu’elle ne concernait point ; elle ne pouvait être que dans ou sur un monument voisin du temple d’Auguste, du temple érigé par les Trois Gaules. Après cette double affirmation si nette et si juste vient une hypothèse bizarre et qui se concilie mal avec elle: une statue équestre de Claude se dressait au sommet de la côte Saint-Sébastien, assez loin par conséquent du Palais Saint-Pierre, et notre Table Claudienne couvrait l'une des faces latérales du piédestal, la dédicace de la statue ornant la face antérieure, le sénatus-consulte occupant la face postérieure, une autre table donnant sur l’autre face latérale le surplus du discours impérial. Vers le même temps, Zumpt ? reprenait et complétait l'explication de Vertranius: le discours de Claude fut conservé à Lyon, parce que Lyon était la capitale des Gaules ; mais Lyon était la capitale des Gaules, parce que les Trois Provinces y avaient en commun consacré un temple à Rome et aux empereurs romains. Dans ce temple fut placé le discours qui concernait les Trois Provinces, et sans doute près d’une statue
1. Dans Monfalcon, 2° éd. de la Monographie, p. 15 (pagination spéciale pour la dissertation de Zell et sa lettre à Monfalcon), et Zell, Opuscula academica, p. 156.