‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 14 sur 126 · Studia Romana, p. 374 et · texte numérisé non relu

Studia Romana, p. 374 et

TA

de Claude. Sur la localisation exacte de l'édifice Zumpt n’exprime aucune opinion, ce qu'il n’aurait pas fait, s’il avait écrit quelques années plus tard.

Tout ce que l’on savait alors avec certitude, c’est que le temple, ou pour mieux dire l’autel — car il y avait bien un temple avec l'autel, mais l'essentiel élément de l’ensemble était l'autel —, Ara Romae et Augusti à l'origine, Augustorum ensuite —, devant lequel se tenait l'assemblée annuelle, le Concilium, des Trois Gaules, était situé, non pas dans Lugudunum même, au sens strictement juridique du mot, quoique le langage courant, qui confondait, comme aujourd’hui, Lyon avec l’agglomération lyonnaise, l’'appelât l'autel de Lugudunum !, non pas, dis-je, sur le territoire colonial, mais sur un domaine fédéral des Trois Provinces, en avant de Lugudunum, comme dit un témoin contemporain de sa fondation, Strabon ?, ou, comme dit un autre témoin contemporain, Tite Live *, et comme disent les textes épigraphiques, au confluent de la Saône et du Rhône, au confluent qui, en ces temps lointains, se faisait ou commençait beaucoup plus haut qu'à notre époque, vers le quartier des Terreaux. Nous venons de voir que la tradition le situait dans l’île d’Ainay, une hypothèse moderne sur l'emplacement du Palais Saint-Pierre. Grâce surtout aux découvertes de 1859, nous savons maintenant qu'il faut le localiser plus au nord, sur la pente de la colline Saint-Sébastien. De cette localisation la première idée appartient, semble-t-il, à Léon Renier, qui l'exprima publiquement dès la même année. Martin-Daussigny la développa, en 1862, au Congrès archéologique de Lyon 5. Depuis elle n’a pas été sérieusement contredite, elle a été précisée. L’autel, selon toute probabilité, était placé, derrière l'actuel chevet de l’église Saint-Polycarpe, sur l’arête déclive nord-sud que suit la rue Pouteau . C’est à une très petite distance de ce point, que furent découverts, nous allons le voir, nos fragments de la Table Claudienne.

Dans une dépendance de l’autel, sur une paroi du temple ou de quelque autre édifice voisin ?, l’assemblée des Trois Provinces avait done voulu que le discours de Claude fut affiché, perpétuelle publication du bienfait impérial, témoignage perpétuel de la reconnaissance gauloise envers le prince gallophile. Le précieux document devait survivre, au moins en partie, à l’autel et à ses dépendances, à toute cette splendeur païenne et gallo-romaine qu'anéantirent presque le triomphe du Christianisme et les invasions des barbares. Tandis que les marbres et les choins des édifices ruinés servaient à des constructions nouvelles et que la plupart des bronzes allaient à la fonte, la Table Claudienne fut brisée, mais ne périt pas tout entière, et peut-être même ne fut-elle que brisée. En tout cas, son fragment sans doute le plus considérable resta par bonheur enseveli dans le résidu, délaissé comme inutile, de ces décombres. Au cours des siècles, la terre végétale les recouvrit d’une couche toujours plus épaisse; puis des cultures y prospé-

1. Juvénal, Sal., I, 43 ; Suétone, Claude, 2 ; Dion Cassius, LIV, 31.

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