‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 50 sur 126 · Celle du De statu Burgundiae · texte numérisé non relu

Celle du De statu Burgundiae

5. IV, 65. Nous reviendrons sur ce passage dans le commentaire.

6. La forme itérative, dans ce passage du discours de Claude, équivaut absolument à la forme simple. Appellalus exprime l’appellation habituelle de Servius Tullius, tout comme appellitavit (ou appellilatum) V'appellation habituelle de la montagne. Cf. Tacite, pass. cité : monlem eum.…. Caelium appellitatum.…

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elles sont imaginaires. Les unes seraient, selon lui, des fautes de syntaxe !, L 59: ut non possit, au lieu de ut possit — notre traduction et notre commentaire montreront que non est légitime, qu'il ne fait pas dire «à la phrase le contraire de ce qu’elle veut dire » —;1. 44: voluit pour voluerunt — Allmer ignore qu’en latin, si le verbe a deux sujets au singulier, ce qui est ici le cas, on peut le faire accorder avec chacun d’eux séparément, le mettre au singulier ? — ; 1. 60: detegere te quo tendat oratio tua, au lieu de detegere tout court — Allmer ne voit pas que te est le sujet de detegere, non indispensable sans doute, mais parfois exprimé dans cette locution tempus est avec l'infinitif, et ne sait pas que, même si on le conçoit avec lui comme l’objet, il n’y a pas incorrection, mais seulement pléonasme familier, la notion de te étant reprise et précisée par l’interrogation indirecte quo tendat oratio tua *. Et les autres seraient proprement des fautes de gravure: L. 6, quod pour quot, 33,rusus pour rursus, 57, benificium pour beneficium. I] aurait pu ajouter illoc pour illuc (1. 40) et poterint pour poterunt (1. 48). En vérité, ce ne sont pas des fautes, mais des graphies ou des formes archaïques — Claude était un archaïsant, un antiquaire, curieux des vieux usages et

du vieux langage —, dont la plupart nous sont connues, pour l’époque impériale, par d’autres documents.

On ne cite pas d’autre exemple du simple quod pour quot, mais quodannis pour quotannis est fréquent dans les inscriptions et les manuscrits ; dans les premières on trouve aussi quodquod annis * ; inversement, quod relatif ou conjection devient quot dans plusieurs inscriptions5. Rusus pour rursus, comme rusumn pour rursum, se rencontre, d’après les manuscrits, depuis Naevius et Plaute jusqu'à Pline l'Ancien et Fronton, en passant par Cicéron, Lucrèce et Virgile f ; illoc, chez Plaute, Térence, Lucilius et Pétrone?, celui-ci contemporain plus jeune de Claude ; poterint, chez Varron, Cicéron, Virgile, Vitruve, les juristes *; benificium, chez Salluste, Valère-Maxime, Sénèque, Pétrone, et dans les inscriptions °. Bien mieux, cette dernière graphie se trouve deux fois, 1. 30, benificio, 1. 34, bemificium, dans l’édit de Claude De civitate Anaunorum 1. On trouve dans le même texte les ablatifs contractés Bais (2), controversis (7), is (34), alis (36), à rapprocher de notre reliquis (1. 20); le génitif contracte municipi (29), à rapprocher de nos Caeli (1. 18), T'arquini (1. 24), imperi (26 et 40). Au reste, cet ablatif et ce génitif ne sont pas des archaïsmes, ils appar-

tiennent à l'âge classique, comme l’accusatif pluris (33), comme la graphie optinuit (24) — devant p,

8, t, le préfixe ob devient normalement op, et Quintilien ? atteste justement la régularité de la graphie oplinuit —, comme les graphies avonculus (42) et divom (73). Pour être conséquent avec lui-même, Claude ou le graveur aurait dû écrire patruos et divos (42). S'il ne l’a pas fait, c’est que la règle qui imposa longtemps la dissimilation des w (v) consécutifs tombait alors en désuétude. Et s’il a écrit quot (63) après

1. Ouvr. cité, p. 75 et suiv. : « Nous imputons au graveur les fautes de syntaxe. Ne pourrait-on pas y voir plutôt des fantaisies grammaticales de Claude ou encore quelques-unes de ces inattentions qui, dans la chaleur de l'improvisation » — le discours de Claude ne fut pas, à coup sûr, une improvisation — « devaient échapper à un orateur de sa force ? ».

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