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hanc civitatem oportere. Bien entendu, tant qu'il y eut dans la cité romaine deux castes politiquement inégales, la plèbe et le patriciat — l'existence de la plèbe, pour la tradition ancienne, sinon pour la critique moderne !, remonte aussi loin que celle de Rome —, la masse des annexés entra dans la plèbe, l'élite seule fut aceueillie dans le patriciat et fournit des membres au sénat. C’est ainsi qu'il faut comprendre ce passage de Tite Live sur l’annexion des Albains ?: Duplicatur civium numerus. Principes Albanorum in patres, ut ea quoque pars reipublicae cresceret, legit (le roi Tullus Hostilius), Tullios*, Servilios, Quinctios, Geganios, Curiatios, Cloelios. Dans ce passage, civium a le même sens large que cives dans la phrase plus haut citée de Tacite, que civitatem dans celle du discours de Canuleius, dans celle de Cicéron et dans la phrase initiale du discours de Claude refait par Tacite: Maiores mei, quorum antiquissimus Clausus, origine Sabina, simul in civitatem Romanam et in familias patriciorum adscitus est.
A cet exemple d’un étranger reçu avec sa famille dans la caste patricienne et sénatoriale de la cité romaine, Tacite en ajoute quelques autres: Neque enim ignoro Tulios Alba, Coruncanios Camerio *, Porcios T'usculo… in senatum accitos. Claude avait fait de même. D'abord, il avait certainement allégué l'exemple domestique de la gens Claudia. Canuleius le mentionne ®: Claudiam certe gentem post reges exac- 1os ex S'abinis non in civitatem modo accepimus, sed etiam in patriciorum numerum. Et nul ne prétendra, je pense, que Tacite soit ici l'imitateur, non de Claude, mais directement de Tite Live. Peut-être Claude était-il plus détaillé que Tacite, comme ailleurs Tite Live: Attus Clausus, cui postea Appio Claudio fuit Romae nomen,.….magna clientium comitatus manu Romam transfugit. His civitas data, Appius inter patres lectus. Peut-être donnait-il les deux versions sur la date de l'événement, comme Suétone?: Patricia gens Claudia. orta est ex Regillis, oppido Sabinorum. Inde Romam recens conditam cum magna clientium manu commigravit, auctore Tito T'atio consorte Romuli, vel, quod magis constat, Atta Clauso gentis principe, post reges exactos sexto fere anno ; atque in patricias cooptata.. Et il avait, comme Tacite, produit d’autres exemples, plus nombreux peut-être: pour Albe seulement Tite Live lui en offrait six au lieu d’un. Rapprochons-le ici encore de son inspirateur Canuleius: le cas des Claudii n’était pas isolé: « Un grand nombre d’entre vous», dit le tribun aux adversaires des revendications plébéiennes, «originaires d’Albe et de la Sabine, doivent leur noblesse sénatoriale, leur place dans le sénat patricien, non pas à la naissance et au sang, mais à une cooptation, ayant été — les premiers de vos familles ayant été — choisis par le bon plaisir des rois ou, après l'expulsion des rois, par la volonté du peuple; nobilitatem istam vestram, quam plerique, oriundi ex Albanis et S'abinis, non genere nec sanguine, sed per cooptationem in patres habetis, aut ab regibus lecti aut, post reges exactos, iussu populi 5. Canuleius exagère assurément pour les besoins de la cause, quant au nombre, plerique, à moins qu’on donne au mot son acception très affaiblie de l'époque impériale *. Mais le fait subsiste ou, ce qui revient au même, il existait pour Tite Live et il pouvait exister pour son imitateur Claude.